Théâtre : «Un Fil à la patte», un Feydeau fort bien ficelé

Théâtre : «Un Fil à la patte», un Feydeau fort bien ficelé
Catherine Jacob campe une baronne précieuse et ridicule.
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leparisien.fr, publié le dimanche 24 juin 2018 à 16h26

La pièce de Georges Feydeau est jouée cet été au Théâtre Montparnasse dans une version bien troussée, portée par une distribution remarquable. On court y rire.

Fraîcheur et légèreté, en cette chaleur revenue voici l'une des comédies de l'été à laquelle on court s'amuser, un « Fil à la patte » bien ficelé auquel on s'attache d'emblée. A la sauce 1950 avec son ambiance jazzy de cabaret, cette comédie de Feydeau est un régal dans la mise en scène enjouée de Christophe Lidon.

Fernand Bois d'Enghien, coquin bien né, veut absolument rompre avec Lucette, sa chanteuse de maîtresse passée maître du chantage amoureux. Il s'y prend le jour même de son mariage avec une héritière, cérémonie à laquelle ladite Lucette est justement invitée à se produire... L'imprudent !

Des personnages pittoresques

Comment démêler le sac de nœuds dans lequel il s'est laissé empêtrer ? De mensonges en tromperies, se met en branle l'infernale mécanique de Feydeau à laquelle la distribution rend justice, incarnant avec jubilation cette galerie de personnages pittoresques : une diva de cabaret amoureuse et caractérielle ; une baronne - Catherine Jacob, délicieuse - dont les sens s'affolent à la vue de son futur gendre ; une fille de bonne famille qui fantasmait sur un mauvais garçon et se retrouve avec un rasoir raisonnable, un masque que le coureur chausse pour épouser les finances plus que la belle...

Il y a Bouzin, bien sûr, le parolier bourré de tics un brin toqué, rôle illustre, peut-être le plus gratiné avec le général Irrigua, irrésistible ponte sud-américain amoureux fou, prêt à tuer pour les beaux yeux de Lucette, ou encore ce visiteur régulier, aimable en société mais qui refoule sec du bec...

Loufoqueries, verbe haut et fin, situations et répétitions, la palette comique est complète dans cette histoire. La bobine de ce fil se dévide à une vitesse folle et tout s'emmêle aussitôt, le jeu est généreux, la scénographie ingénieuse avec ses vidéos savamment placées, le public s'amuse et les rires fusent.

NOTE DE LA REDACTION : 4/5

« Un fil à la Patte », au Théâtre Montparnasse (Paris XIV). De 18 à 46 euros. (01.43.22.77.74)

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