"Soul", fable onirique des studios Pixar primée aux Oscars

"Soul", fable onirique des studios Pixar primée aux Oscars
Dana Leigh Murray et Pete Docter lors de la cérémonie des Oscars à Los Angeles, le 25 avril 2021
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publié le lundi 26 avril 2021 à 03h47

Fable onirique sur le sens de la vie sorti au beau milieu d'une pandémie meurtrière, "Soul", dernier-né ambitieux et singulier des studios Pixar, a remporté dimanche l'Oscar du meilleur film d'animation.

En recevant sa récompense, l'un des co-réalisateurs Pete Docter a dit avoir voulu faire un film "qui explore le sens de la vie".

Vingt-troisième long-métrage de cette filiale de Disney qui a marqué l'histoire de l'animation avec "Toy Story", "Soul" relate les tribulations entre la vie et la mort de Joe Gardner, modeste professeur de musique new-yorkais qui souhaite devenir jazzman auprès des plus grandes stars.

Une chute le précipite dans une interminable file d'attente céleste, antichambre de la mort, avant qu'il ne bascule par erreur dans le "Grand Au-delà", un monde avant la naissance où chaque "âme" humaine est censée acquérir sa personnalité, qualités et défauts, avant d'intégrer un corps humain.

Un univers abstrait, né de l'imagination de Pete Docter, le plus original des auteurs du studio, déjà oscarisé pour "Là-haut" ou encore "Vice-Versa", sorti en 2015, qui partait à la découverte du "centre de contrôle" de la conscience d'une fillette introvertie.

"Soul" explore ainsi une nouvelle fois les tréfonds de l'âme : "Est-on envoyé sur Terre avec un but? Y a-t-il un sens à la vie ? Est-ce qu'on doit le trouver?"

Au passage, le film met en scène le premier héros afro-américain de Pixar, Joe Gardner (Jamie Foxx en version originale, Omar Sy pour la voix française) alternant entre le décor entièrement imaginaire du "Grand Au-delà" et des scènes très réalistes de la vie new-yorkaise. 

Pixar, souvent pionnier tant dans les techniques visuelles que dans les thèmes abordés, touche une nouvelle fois frontalement à la question de la mort, rappelant le long-métrage "Coco". 

"Pour nous ce film ("Soul") était une exploration de la vie (...) Les enfants comprennent les idées complexes et ils ont déjà ces questionnements", a souligné le scénariste et co-réalisateur Kemp Powers, soulignant que des "projections test" étaient effectuées par Pixar pour s'assurer que ses films ne risquaient pas "de terrifier toute une génération".

Signe de la volonté de ne froisser personne avec son scénario empreint de métaphysique, la filiale de Disney, groupe échaudé par des polémiques autour de "Mulan" et du sort fait en Chine aux Ouïghours, a pris les devants: l'équipe du film a consulté "des prêtres, des rabbins, des personnes de tradition hindoue, bouddhiste et même des chamans" pour se "renseigner autant que possible" et éviter de "dire par inadvertance des choses qui pourraient déranger", a expliqué Pete Docter.

Ironie de l'histoire, en raison d'un calendrier bouleversé par le coronavirus, "Soul" était en compétition contre le précédent opus de Pixar, "En Avant", sorti voici plus d'un an.

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