Salon Art Paris : l'art contemporain plus vivant que jamais au Grand Palais

Salon Art Paris :   l'art contemporain plus vivant que jamais au Grand Palais

Les oeuvres du trentenaire Marc-Antoine Decavèle sont des peintures méditatives, bleues, avec une lumière venue de l'intérieur, qui évoque Rothko. L'artiste, lui, dit s'inspirer de Malevich.

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leparisien.fr, publié le vendredi 06 avril 2018 à 21h24

L'art est partout dans les Salons, comme Art Paris au Grand Palais, ce week-end. Facile, divertissant, excitant.

Vous pensez que l'art contemporain, c'est souvent ch... Nous aussi, on l'a longtemps cru (on exagère un peu, mais à peine). Toutes ces installations conceptuelles, ces discours qui prennent le pas sur l'oeuvre, la beauté qui devient un détail, « t'as rien compris, l'artiste a voulu dire que »... Au Salon Art Paris, qui se tient jusqu'à dimanche soir sous la verrière du Grand Palais, on a les yeux émerveillés d'un amateur de peinture qui pensait qu'elle avait peu ou prou disparu, ou au moins diminué au profit de tout ce qui est cérébral.

Ici, on peint, on repeint, on dépeint...

On a vu, au hasard d'une déambulation d'un stand à l'autre, un Balthus coquin./DR

Ces peintres ont un sacré cerveau, pourtant. Et rien d'académique. Ici, on peint, on repeint, on dépeint : la vie, le monde, le sexe, tout. De la BD au grand art. Artistes morts ou vifs, du début du XXème siècle à aujourd'hui. On a vu, au hasard d'une déambulation d'un stand à l'autre, un splendide portrait de Derain, un Balthus coquin, toutes les générations du siècle passé, le Pop Art en majesté, avec le moins connu et le plus facétieux d'entre eux, Mel Ramos, toujours en vie, avec sa sculpture d'une pin-up qui sort d'un emballage de M & M's. A croquer. Sexiste ? Un peu d'humour, enfin. Et beaucoup d'amour pour l'art sous toutes ses formes, y compris sensuelles.

L'artiste le moins connu et le plus facétieux, Mel Ramos, toujours en vie, avec sa sculpture d'une pin-up qui sort d'un emballage de M & M's./DR

Et puis, au hasard d'une galerie lyonnaise -Valérie Eymeric- qui n'est pas un grand nom, on découvre des peintures méditatives, bleues, avec une lumière venue de l'intérieur, qui évoque Rothko. L'artiste, lui, dit s'inspirer de Malevich. Il est là ce trentenaire, Marc-Antoine Decavèle, il écrit aussi des poèmes, il parle très bien de ses peintures qui irradient une chaleur existentielle, une sorte de métaphysique sinon du bonheur, du moins du retour à soi, au cosmos, à l'imaginaire pur, au ciel paradisiaque. Abstrait ? Ou très concret.

Cent galeries en uneLa peinture n'est pas seulement dans les musées. Elle est dans les salons et Paris en regorge. Il y a une semaine, c'était le dessin. Ce week-end, c'est la peinture en majesté. La Suisse est « à l'honneur », une expression un peu usée mais qui permet de découvrir les excellentes galeries de nos voisins. Et la scène française fête les vingt ans du Salon.

On pourrait vous citer beaucoup d'autres noms qui ne vous diront rien, jusqu'à ce que, comme nous peut-être, vous les découvriez et vous dites : je ne peux pas forcément acheter (quoique, un salon d'artistes souvent jeunes, ça sert aussi à fantasmer, une peinture coûte parfois le prix d'une semaine de vacances, c'est beaucoup, en un sens, et peu, selon le point de vue), mais que l'art est vivant. Un artiste l'a écrit noir sur blanc sur un tableau en couleurs : « Peinture pas morte ». La vie d'aujourd'hui en couleurs, en pigments, ça réveille.

Une galerie toute seule, on n'ose pas toujours entrer. Mais cent galeries au Grand Palais, vous vous sentez moins observé. Une très bonne idée de sortie ce week-end.

« Art Paris », Grand Palais, www.artparis.com, 11h30-20h samedi, 11h30-19h dimanche, 25€, étudiants 12€.

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