Rue de Verneuil à Paris, "on est tous venu chercher un peu de Gainsbourg"

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Façade de la maison de Serge Gainsbourg, le 2 mars 2021 rue de Verneuil à Paris, 30 ans après sa mort
Façade de la maison de Serge Gainsbourg, le 2 mars 2021 rue de Verneuil à Paris, 30 ans après sa mort
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© AFP, Martin BUREAU

, publié le mardi 02 mars 2021 à 17h20

"Mais ça ne finira donc jamais!". Une voisine du 5 bis rue de Verneuil, où vivait Serge Gainsbourg, peste en se frayant un passage sur l'étroit trottoir bondé de journalistes et de fans venus rendre hommage au chanteur mort il y a trente ans.

Il est presque midi, et Patrick vient déposer un bouquet de roses rouges sur les grilles de la dernière demeure du chanteur, rive gauche à Paris. "Nous avions prévu bien plus, mais avec le Covid tout a dû être annulé", explique ce quarantenaire, chapeau chic et barbe de quelques jours, venu de Niort avec une dizaine de compères. 

La rue est étroite, et c'est au tour de Damien, un cinquantenaire qui travaille près de là, de s'attarder devant la façade aux mille collages et dessins. "A chaque fois que je passe, il y a toujours de nouveaux graphes à admirer. Ces murs sont vraiment un lieu vivant, et je suis ravi que la maison s'ouvre au public", explique cet historien, faisant référence au projet de Charlotte Gainsbourg d'ouvrir l'endroit avant la fin de l'année.  

D'abord timides, les passants finissent par s'arrêter plus longuement, avant de former des petits groupes très différents.

Des looks rockeur d'abord, cigarette aux lèvres, bagues aux doigts et lunettes de soleil sur le nez, qui finissent par coller des affiches et des disques à l'effigie de "Gainsbarre", après avoir allumé une sono. 

- "un appel à la liberté" -

Des fans plus discrets s'arrêtent longuement, à l'image de Jean-Yves, un informaticien cinquantenaire venu pendant sa pause déjeuner rendre hommage à cet "homme qui représente une époque : celle où on ne mettait pas de ceinture, où on pouvait dire merde à la télé, une époque de liberté qui contraste avec ce que nous vivons aujourd'hui".

Un avis partagé par Alexis, étudiant de 19 ans, qui a d'abord "découvert la partie provocatrice, le billet de 500 francs brûlé en direct à la télé, avant de découvrir ses mots". Ce moment de commémoration est comme "une respiration, un appel à la liberté qui manque aujourd'hui, explique-t-il : Gainsbourg, c'e st vulgaire, provoquant. Mais c'est aussi un vrai poète au style intemporel. C'est de l'art, il faut l'accepter tel qu'il est", s'enthousiasme l'étudiant qui doit déjà retourner en cours.     

Des artistes finissent aussi par occuper une bonne partie du trottoir qui jouxte le 5 bis, comme ce dessinateur qui colle et redessine un large portrait bleuté de Gainsbourg, ou ce jeune chanteur qui, guitare sous le bras, entame l'air de "Couleur Café". 

"Je suis dans mon année érotique", plaisante Roswitha, 69 ans, venue, avec sa bande, faire des collages. Passer, regarder, coller ou se retrouver, les fans discrets ou bruyants du chanteur à la tête de choux sont unanimes : "on est venu chercher un peu de Gainsbourg, et ça fait du bien". 

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