Réforme de l'audiovisuel public: six groupes et 17.000 salariés aux premières loges

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La présidente du groupe France Télévisions Delphine Ernotte à La Rochelle, le 15 septembre 2017
La présidente du groupe France Télévisions Delphine Ernotte à La Rochelle, le 15 septembre 2017
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© AFP, XAVIER LEOTY

AFP, publié le dimanche 03 juin 2018 à 13h05

Plus d'économies et de synergies... Avant la présentation lundi des grandes orientations de la réforme de l'audiovisuel public, revue de détail des acteurs radio et télévision concernés, qui emploient quelque 17.000 salariés en France.

- France Télévisions -

Premier groupe audiovisuel de service public dans l'Hexagone, France Télévisions (France 2, 3, 4, 5, Ô et franceinfo) est un mastodonte avec 9.840 équivalents temps plein, d'après les derniers chiffres connus. 

Dirigé depuis avril 2015 par Delphine Ernotte, le groupe, fort de 5 chaînes de télévision nationales, une vingtaine d'antennes régionales et des antennes ultramarines, risque d'être le plus touché par la réforme.

Il est engagé dans un vaste plan de réduction de dépenses d'environ 50 millions d'euros cette année, qui passe notamment par la suppression de 180 postes à la faveur de départs en retraite, touche les émissions de divertissement (jeux, magazines) et le sport mais épargne le numérique et l'information. Il dispose d'un budget de 2,8 milliards d'euros. 

En 2017, il a enregistré des résultats à l'équilibre pour la troisième année de suite (avec un bénéfice net de 6,8 millions d'euros), conformément à la politique de redressement des comptes entamée par sa présidente.

- Radio France -

Premier groupe radiophonique français, Radio France, né en 1975 des cendres de l'ORTF, rassemble sept stations (France Inter, franceinfo, France Culture, France Musique, Fip et Mouv'), ainsi que les 44 locales de France Bleu, qui devraient être un des chantiers de la nouvelle dirigeante, Sibyle Veil. 

Cette dernière a remplacé en avril Mathieu Gallet à la tête de ce groupe qui compte 4.700 salariés.

Lancé dans un vaste plan d'économies, il a notamment reprogrammé la fin des travaux prévus dans son siège parisien et prévoit le non-remplacement de 75 départs à la retraite en 2018.

Il table cette année sur un budget à l'équilibre après trois ans de déficit, malgré une baisse des ressources publiques de 24,6 millions d'euros.

- L'Ina -

Créé en 1975, l'Institut national de l'audiovisuel est le premier centre d'archives numérisées au monde, avec plus de 3,5 millions d'heures de télévision et de radio. 

Cet établissement -- mémoire de la télévision française -- est dirigé depuis 2015 par Laurent Vallet.

En septembre 2017, le gouvernement avait demandé à l'Ina et à ses 950 salariés de réaliser 450.000 euros d'économies sur ses 89 millions de dotation publique, pour un budget global de 127 millions d'euros. 

- France Médias Monde -

L'appellation n'est pas connue de tous mais regroupe des médias à l'audience mondiale et travaillant dans de nombreuses langues: RFI sur les ondes, France 24 sur le petit écran et RMC Doualiya. 

Ex-Audiovisuel extérieur de la France (AEF), l'entité présente dans 180 pays a pris forme en 2013, avec à sa tête Marie-Christine Saragosse, qui vient d'obtenir un deuxième mandat, en dépit d'une interruption de deux mois en début d'année, liée à un imbroglio administratif. 

L'État a récemment indiqué qu'il aiderait le groupe à porter son audience à 150 millions de personnes par jour contre 135 millions actuellement. France Médias Monde dispose d'un budget annuel de quelque 250 millions d'euros.

- TV5 Monde - 

La chaîne francophone créée en 1984 est détenue conjointement par des sociétés audiovisuelles publiques de France (à plus de 60%), Belgique, Suisse, du Canada et du Québec. 

Depuis 2012, c'est l'ancien journaliste Yves Bigot qui est à sa tête. TV5 Monde se décline en chaînes régionales comme TV5 Monde Afrique et deux chaînes thématiques. Son budget s'élevait à 109 millions d'euros en 2016.

- Arte France - 

Au sein de la chaîne franco-allemande née au début des années 90, Arte France est le pôle hexagonal qui fournit 40% des programmes. Il est dirigée par Véronique Cayla (présidente du directoire depuis 2011).

Arte est financée par la contribution à l'audiovisuel public en France et en Allemagne et ne diffuse pas de publicité. La chaîne dispose d'un budget d'un peu plus de 140 millions d'euros.

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