Quand Sissi rencontre Jean Paul II... grâce au "Monsieur Tussaud" slovaque

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Une exposition de sculptures en cire de Roman Bajzik, le 24 mars 2019 Zavada (Slovaquie)
Une exposition de sculptures en cire de Roman Bajzik, le 24 mars 2019 Zavada (Slovaquie)
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© AFP, VLADIMIR SIMICEK
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AFP, publié le vendredi 26 avril 2019 à 08h08

L'homme pique avec une aiguille le crâne chauve du général slovaque Rastislav Stefanik, puis y plante un cheveu. L'expression du visage de l'officier ne change pas, ses yeux bleus restent grands ouverts. Stefanik est fait de cire. 

Le fondateur de la Tchécoslovaquie, décédé en 1919, est le dernier personnage à ressusciter en cire entre les mains de Roman Bajzik, un professeur d'opéra de 48 ans et le "Monsieur Tussaud" slovaque.

"J'ai commencé à faire des sculptures en cire en 2002, quand j'ai voulu voir à quoi pouvait ressembler mon arrière-grand-père", raconte M. Bajzik à l'AFP dans sa galerie à Zavada (centre), installée dans un moulin appartenant à sa famille et qu'on peut visiter sur rendez-vous, moyennant 2 euros l'entrée.

"Je n'avais qu'une vieille photo et je voulais voir si j'étais capable de la transformer en quelque chose en 3D."

La galerie accueille à ce jour 23 figures, des membres de la famille Bajzik mais aussi des rois, reines, personnages folkloriques et célébrités, pour la plus grande joie des écoliers et des touristes. L'artiste a immortalisé sa grand-mère de 95 ans en Befana - la sorcière qui distribue les cadeaux aux enfants italiens - et son oncle Zoltan, mais aussi produit un vampire Nosferatu, le pape Jean Paul II ou encore une sirène mythologique slovaque.

- Sculpter pour se détendre - 

Ancien ténor - il s'est produit au festival de Salzbourg -, Roman Bajzik a étudié la mise en scène d'opéra et forme des chanteurs d'opéra au conservatoire national.

Mais c'est en silence que ce célibataire sculpte ses figures, la nuit, pour se détendre. "J'ai assez de chant dans la journée. Je me sens bien au milieu de mes personnages muets."

Il s'est créé un petit atelier chez lui, dans une tour à Bratislava. Sur les étagères cohabitent des matériaux très divers qui lui servent à créer des sculptures de cire: fin grillage métallique, fécule de maïs, mousse de montage, gel de silice... 

L'AFP l'a rencontré alors qu'il s'affairait autour de deux de ses créations: le général Stefanik retrouvait ses cheveux, tandis que Sissi, l'impératrice Elisabeth d'Autriche, était en plein lifting.

Bajzik s'appuie sur des photos et des sculptures pour reproduire les traits du visage. Une fois la tête en argile achevée, il fait un moule en plâtre, y verse de la cire fondue, puis vient le ciselage des détails.

M. Bajzik a ajouté Sissi à sa collection pour dérider l'empereur Franz Joseph qui lui paraissait "esseulé" et parce que des visiteurs voulaient voir "quelqu'un de joli".

- "Prêter sa main" -

On utilise la cire parce qu'elle ressemble beaucoup à la peau humaine, explique Roman Bajzik qui recourt à une mixture faite de cire d'abeille et de paraffine notamment. "Il faut bien les mélanger car la cire a tendance à craqueler quand on plante les cheveux dans le crâne."

Les cheveux proviennent de perruques d'occasion. Avec une longue aiguille, l'artiste les place méticuleusement, un par un, dans le crâne de cire. 

Il utilise parfois des objets courants: pour recréer un orbe impérial, Bajzik a placé une petite croix sur une boule de Noël. 

Et "si une dame en cire porte une longue jupe, un support d'arbre de Noël peut remplacer ses jambes", explique Bajzik.

Il ouvre un tiroir plein de mains semi-finies, qui attendent de rejoindre le corps d'un roi ou d'une reine. "Les mains demandent une finition très minutieuse. Le plus souvent je demande à quelqu'un de me +prêter sa main+ et j'en fais un moulage pour un personnage".

"Jean Paul II, par exemple, a mes mains à moi".

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