Pour Ridley Scott, les blockbusters peuvent "petit à petit" faire avancer le féminisme

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Le réalisateur américain Ridley Scott, le 10 septembre 2021 au Festival du Film de Venise
Le réalisateur américain Ridley Scott, le 10 septembre 2021 au Festival du Film de Venise
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© AFP, Marco BERTORELLO

publié le samedi 11 septembre 2021 à 17h41

Les blockbusters peuvent faire avancer le féminisme, estime le réalisateur Ridley Scott à Venise, où il a présenté "Le dernier duel", qui ose le mariage entre film de chevalerie et thriller sur le consentement sexuel.

"Tout ce qui peut toucher une corde sensible peut aider, petit à petit", a expliqué le réalisateur d'"Alien" ou "Gladiator" à l'AFP lors d'une interview sur le Lido. Et si le message échappe aux spectateurs "il faut juste continuer et essayer encore et encore".

Dans le film, qui se déroule dans la France du Moyen-Âge, en 1386, deux chevaliers se livrent à un duel judiciaire après que l'un, Jean de Carrouges (Matt Damon, qui arbore une surprenante coupe mulet), a accusé l'autre, Jacques le Gris (Adam Driver), d'avoir violé son épouse, Marguerite de Carrouges (Jodie Comer).

Le film, nourri de scènes de chevauchées ou de combats à l'épée, est construit en trois parties, présentant les faits des points de vue de chacun des protagonistes.

La figure du valeureux chevalier y est tournée en dérision, les personnages de Matt Damon et Adam Driver étant présentés comme rustres, ne considérant les femmes que pour la valeur ou le prestige qu'elles peuvent leur apporter, et ne faisant aucun cas du consentement de leur partenaires dans leurs rapports sexuels - encore moins de leur plaisir.

Marguerite de Carrouges, dont le point de vue est intitulé "la vérité" dans le film, va se rebeller contre le patriarcat et décider de dénoncer publiquement son viol. C'est son mari qui portera l'affaire devant la justice royale -- mais avant tout pour laver l'affront fait à son nom, et non par considération pour la victime.

"A mon sens, le féminisme n'est ni une idée radicale ni une idée nouvelle", a déclaré de son côté Ben Affleck à l'AFP, à propos du film qui sort le 13 octobre en France. "Je pense que toute personne humaine, douée d'empathie et de raison devrait être féministe".

"Il est clair que ce genre de films", destinés à un très grand public, "aura un effet", assure quant à lui Ridley Scott. Au-delà des scènes d'action et du grand spectacle, "il y a beaucoup de subtilités dedans, et vous devez être très attentifs".

Le réalisateur de 83 ans souligne qu'il a plusieurs fois essayé de sortir du cliché hollywoodien du héros masculin, comme lorsqu'il a lancé la carrière de Sigourney Weaver en 1978 avec le rôle du lieutenant Ellen Ripley dans "Alien".

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