Philippe Katerine: "C'est vrai que je suis timide..."

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Philippe Katerine au festival de l'Alpe d'Huez le 15 janvier 2020
Philippe Katerine au festival de l'Alpe d'Huez le 15 janvier 2020
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© AFP, JEAN-PIERRE CLATOT

, publié le mercredi 15 janvier 2020 à 16h45

Philippe Katerine se définit comme un "timide", que le cinéma force à "être en groupe". Au générique du film "Le Lion" avec Dany Boon, l'hurluberlu de la chanson française se fait de plus en plus présent sur un grand écran qui permet de "sortir de soi".

Pantalon à pattes d'éléphant vintage et pull cintré, il apparaît légèrement décalé aux cotés de Dany Boon, au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez. Il y vient pour la première fois, avant de reprendre la tournée de son nouveau disque, "Confessions", qui en fait l'un des favoris des prochaines Victoires de la musique, avec trois nominations.

"Manger de la raclette vers minuit, je ne sais pas si c'était une bonne idée", digresse-t-il après la soirée d'ouverture du Festival, où il a présenté "Le Lion" de Ludovic Colbeau-Justin, une comédie populaire d'action avec Dany Boon, en salles le 29 janvier. 

Le chanteur de "Louxor j'adore" et "La Banane" y incarne un médecin en hôpital psychiatrique, rapidement dépassé par un patient qu'il va être obligé de faire évader et qui prétend être agent secret. 

Les deux acteurs y forment un duo dans la lignée des films de Francis Veber ou Gérard Oury, Philippe Katerine évoquant les compositions de Pierre Richard ou Bourvil en homme dépassé par la situation, lunaire et maladroit, qui va entrer de manière inattendue dans l'action.

"A la lecture du scénario, j'étais complètement enthousiaste, très excité", dit-il. Pour les choix au cinéma, "je fais confiance à mon instinct, et puis au courant... Je suis comme un petit bouchon de liège dans l'eau", ajoute-t-il.

Récompensé l'an dernier par un César du meilleur second rôle pour son personnage de Thierry, employé de piscine timide au parler lent dans "Le Grand Bain", le chanteur farfelu enchaîne les rôles sur grand écran, désormais aussi en vue dans le cinéma que dans la musique.

- impresario ou préfet -

On l'a ainsi vu dans des seconds rôles d'impresario aux tenues improbables dans "Yves" de Benoît Forgeard - pour qui il avait été aussi président de la République dans "Gaz de France" -, ou dernièrement d'adjoint au maire dans "Notre Dame" de Valérie Donzelli et de préfet dans "Merveilles à Montfermeil" de Jeanne Balibar.

Des personnages d'hommes politiques qui l'étonnent. "J'avais aussi fait un film avec Eric et Ramzy, +La Tour 2 contrôle infernale+, où j'étais méchant, je tuais les gens", rappelle celui qui se verrait bien un jour dans un rôle de "curé missionnaire" - il en a rêvé.

"C'est sortir de soi qui est intéressant. Dans la vie, je ne suis pas spécialement autoritaire, je me réjouis de le faire pour la caméra. Ça doit me soulager de quelque chose", poursuit cet homme à la voix douce et calme, dont l'allure réservée contraste avec ses chansons souvent extravagantes.

"C'est vrai que je suis timide", reconnaît-il, affirmant que le cinéma est aussi pour lui un moyen de sortir de chez lui, où il resterait volontiers toute la journée à dessiner.

"Être en groupe, ça m'effraie un peu. Mais ça c'est avant. Une fois qu'on y est je suis bien, ça me rassure après", ajoute l'artiste, que le cinéma aide à "devenir un homme". "J'ai 50 ans, il était temps!", plaisante celui qui dit volontiers "mettre sa folie dans les disques".

Très occupé par sa tournée pour "Confessions", album déjanté avec les voix de Gérard Depardieu, Léa Seydoux, Lomepal ou Angèle, le chanteur se dit "bien sûr content" aussi du succès de l'album. "Je vois que ce disque - quand même assez radical quelque part, parce que je ne me suis pas censuré -, rencontre des gens, donc c'est une chance immense pour lui".

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