Philippe Jaroussky mi-ange, mi-fantôme à l'Opéra de Paris

Chargement en cours
 Le contre-ténor français Philippe Jaroussky, à Paris, le 6 septembre 2013

Le contre-ténor français Philippe Jaroussky, à Paris, le 6 septembre 2013

1/3
© AFP, MARTIN BUREAU
A lire aussi

AFP, publié le mercredi 24 janvier 2018 à 11h34

La voix céleste du contre-ténor Philippe Jaroussky s'est élevée pour la première fois à l'Opéra de Paris mardi soir dans une oeuvre contemporaine de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho mise en scène par Peter Sellars, "Only the sound remains".

Étonnamment, le contre-ténor star ne s'était jamais produit sur la scène de l'Opéra de Paris. Connu dans le monde entier pour ses récitals, surtout baroques, Jaroussky a peu emprunté les chemins de l'opéra et encore moins ceux de la musique contemporaine.

C'est le metteur en scène Peter Sellars, qui a déjà mis en scène trois opéras de Kaija Saariaho, qui l'a sollicité il y a quatre ans pour cette oeuvre très poétique, à mi-chemin du rêve et de la réalité.

Adepte du zen et du bouddhisme, l'Américain se frotte depuis trente ans au théâtre nô, cet art japonais figé au 16e siècle aux longs poèmes chantés et mimés, souvent ponctués de danses.

"Only the sound remains", créé à Amsterdam le 15 mars 2016 (un DVD vient de paraître chez Erato) se compose de deux poèmes de 50 minutes chacun, "Toujours fort" (Tsunemasa") et "Le Manteau de plumes" (Hagomoro).

Jaroussky incarne dans le premier une âme torturée, celle de Tsunemata, privé par la mort de son luth adoré, et dont le fantôme revient hanter le moine Gyokei, venu prier sur sa tombe.

Dans le second poème, le contre-ténor prête sa voix à un ange féminin, une "Tennin" (esprit lunaire) venue sur terre chercher sa robe de plume trouvée par un pêcheur.

La voix fluide de Jaroussky épouse les sonorités graciles du kantele, un instrument à cordes pincées finlandais proche du koto japonais, mis à l'honneur par la compositrice finlandaise de 65 ans, réputée pour explorer les sons et en faire jaillir l'émotion.

Outre le kantele, la partition met en oeuvre un quatuor vocal, un quatuor à cordes, une flûte et des percussions. Les voix sont parfois chuintées, filtrées, ou encore prolongées par un subtil écho grâce à l'électronique, renforçant l'impression d'irréel.

"Only the sound remains" doit beaucoup à la voix agile de Philippe Jaroussky mais aussi à la présence scénique indéniable du baryton américain Davone Tines. Une danseuse aux allures graciles de Geisha (Nora Kimball-Mentzos) incarne l'ange dans le deuxième poème.

L'Américain Peter Sellars joue l'épure avec un décor minimal de toile peinte (Julie Mehretu) où la lumière découpe ange et fantôme en ombres chinoises, en harmonie avec la grâce fragile des deux contes japonais. Le spectateur sortira très "zen" de cette plongée dans le nô, pour peu qu'il laisse les codes de l'opéra classique au vestiaire.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
0 commentaire - Philippe Jaroussky mi-ange, mi-fantôme à l'Opéra de Paris
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]