Paris vote contre les spectacles d'animaux sauvages dans les cirques

Paris vote contre les spectacles d'animaux sauvages dans les cirques
Les lions du dresseurs suisse Dominique Gasser au Cirque d'Hiver à Paris le 26 octobre 2010

, publié le vendredi 15 novembre 2019 à 18h31

La Ville de Paris a voté vendredi soir la fin dès 2020 de la délivrance d'"autorisations d'occupation de terrain" pour les cirques qui présenteront des spectacles avec animaux sauvages, et enjoint le gouvernement à lui emboîter le pas.

"Nous pouvons collectivement nous féliciter de cette décision qui correspond à une avancée sociétale souhaitée par tous les Français", s'est réjoui auprès de l'AFP Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris chargée de la nature en ville. 

La Ville de Paris a officialisé, lors du Conseil de Paris, l'arrêt de délivrance d'"autorisation d'utilisation du domaine public à tout cirque présentant des spectacles avec animaux sauvages". Cette décision survient alors que la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a promis récemment "des annonces fortes dans les prochaines semaines".

Mme Komitès, ancienne dirigeante de Greenpeace France, a espéré que "l'État se positionnera enfin sur ce sujet, et permettra financièrement aux circassiens de se reconvertir" après l'arrêt des spectacles avec "animaux sauvages".

A Paris, la mesure qui était en discussion depuis deux ans, ne s'appliquera toutefois pas aux cirques Bouglione ou Gruss. Le premier, étant propriétaire de son domaine (le Cirque d'Hiver), ne peut se voir imposer en l'état cette interdiction. Quant au second, il devra signer la convention d'interdiction d'animaux sauvages lorsque son contrat d'occupation de terrain arrivera à terme en 2020, s'il veut poursuivre dans le domaine public son activité.

Saluée par les associations, l'interdiction d'animaux sauvages ulcère certains circassiens. "Enlever les animaux, c'est comme enlever les clowns. Après il ne restera plus que des spectacles comme le Cirque du Soleil pour les intellos et les ados", s'est ainsi indigné cette semaine William Kerwich du Cirque Royal qui voit dans cette décision "un enjeu politique".

La décision s'accompagnera d'une aide d'"environ 50.000 euros sur trois ans" à chaque cirque signataire en vue d'une reconversion, selon Pénélope Komitès.

L'élue de La France insoumise, Danielle Simonnet, a plaidé elle pour qu'un "soutien financier soit apporté aux structures françaises sans but lucratif qui soignent et prennent en charge totalement les animaux sauvages". Elle a été entendue par l'exécutif parisien qui s'est engagé à financer ces refuges.

Les Français s'opposent pour les deux tiers à la présence d'animaux sauvages dans les cirques, selon une enquête Opinion Way réalisée début octobre.

A fin 2018, une quarantaine de pays dans le monde, dont 28 en Europe, avaient proscrit partiellement ou totalement les cirques avec ménagerie.

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