Paris: la crise avec la Russie s'invite au Salon Livre

Paris: la crise avec la Russie s'invite au Salon Livre

Des livres exposés à l'ouverture du Salon du Livres, le 23 mars 2017 Porte de Versailles, à Paris

AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 15h32

Mettre la Russie à l'honneur au moment où le torchon brûle entre les capitales occidentales et Moscou relève de la gageure pour le Salon Livre Paris, la plus grande manifestation littéraire de France, inauguré jeudi soir par le président Emmanuel Macron.

À la suite de l'empoisonnement au Royaume-Uni d'un ex-agent double russe, le chef de l'État français a indiqué jeudi qu'il annoncerait "dans les prochains jours (des) mesures". Sans préciser si ces mesures viseraient Moscou, il a affirmé que "tout porte à croire que la responsabilité est attribuable à la Russie".

Les organisateurs du Salon Livre Paris marchent sur des œufs. Préparé depuis des mois, le Salon (ouvert au public de vendredi à lundi) devait mettre en avant le renouveau des lettres russes. Trente-huit auteurs russes y ont été invités dont Zakhar Prilepine, 42 ans, politicien controversé proche du chef du Parti national-bolchevique Édouard Limonov, mais aussi écrivain parmi les plus doués de sa génération. Ou encore Ludmila Oulitskaïa, lauréate du prix Médicis étranger en 1996.

Les écrivains de la délégation russe ne sont pas tous des partisans du président Vladimir Poutine, quasiment assuré d'obtenir un quatrième mandat à l'issue de l'élection présidentielle de dimanche.

"Je n'ai jamais dépendu du pouvoir, il ne m'a pas fait de cadeaux et je ne lui dois rien", a ainsi confié jeudi Ludmila Oulitskaïa à l'AFP.

"Je n'irai pas voter dimanche", a ajouté la romancière qui vient de publier "L'échelle de Jacob" (Gallimard).

"Certes, la Russie est le pays invité d'honneur du Salon mais il y a beaucoup d'autres choses", a de son côté souligné auprès de l'AFP et sous couvert de l'anonymat, un des organisateurs.

Ce responsable a mis notamment en avant la présence "de plus d'une dizaine de pays africains". Pour sa deuxième participation au Salon, le pavillon des Lettres d'Afrique s'est ouvert aux pays des Caraïbes et du Pacifique. Quelque 130 auteurs y sont attendus dont l'écrivaine sénégalaise Aminata Sow Fall, 76 ans, une des plus grandes plumes de la littérature africaine francophone.

Le Québec vient également en force avec une quarantaine d'auteurs dont le romancier Christian Guay-Poliquin, lauréat du Prix France-Québec 2017 pour "Le poids de la neige" (La Peuplade/L'Observatoire).

Le pavillon québécois proposera notamment une expérience de réalité "augmentée" pour découvrir la poésie contemporaine de la province francophone canadienne.

Au total, près d'une cinquantaine de pays seront représentés dont, pour la première fois, la Chine, la Hongrie et l'Ukraine.

Élue "capitale mondiale du livre" pour 2019 par l'Unesco, Sharjah, troisième plus grand émirat des Émirats Arabes Unis (EAU), est la ville "invitée spéciale" du Salon.

- Salon parallèle -

Plus de 3.000 auteurs disposés à la rencontre, aux échanges et aux dédicaces sont attendus.

En France, l'année 2017 a été médiocre pour le monde de l'édition avec un marché en recul de 1,1% en valeur, selon une récente étude du magazine spécialisé Livres Hebdo.

Alors que plusieurs rapports ont constaté une baisse sensible du nombre de "grands lecteurs" (lisant au moins 20 livres par an), neuf scènes thématiques dont, pour la première fois, une scène Polar et une consacrée au genre "Young Adult", tenteront d'attirer de nouveaux lecteurs.

Parmi les nouveautés il y aura également deux faux procès (avec de vrais avocats) pour déterminer si Anna Karénine (magnifique figure de l'émancipation) était coupable ou s'il faut licencier Gaston Lagaffe!

Inventées par la libraire des Abbesses, Marie-Rose Guarniéri, des flâneries littéraires permettront de se balader dans les allées du Salon (et hors les murs) en compagnie d'écrivains, d'éditeurs ou de traducteurs comme André Markowicz.

Si le Salon annonce la présence de 800 éditeurs, certaines maisons comme Grasset, Stock ou Fayard (groupe Hachette) ont préféré s'abstenir en dénonçant le coût de cette manifestation, organisée par une entreprise commerciale.

C'est aussi pour protester contre les "loyers" des stands que des petits éditeurs indépendants tiendront un salon parallèle (et gratuit) baptisé "L'autre salon" au Palais de la femme à Paris.

Le programme complet est disponible sur le site www.livreparis.com

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13 commentaires - Paris: la crise avec la Russie s'invite au Salon Livre
  • la Russie est un pays à respecter , il y en a assez des critiques de russophobes

  • Il faut pas prendre les gens pour des moutons,la Russie a aidee l'europe a c'est liberer pendant la seconde guerre mondial !!

  • Vive la RUSSIE

  • C'est vrai les livres vont mieux se vendre, si la collection se nomme young -adult c'est vendeur!
    Les artistes Russe sont ils de bons artistes uniquement si ils sont contre Poutine?

  • Personne n'est sûr, mais comme d'habitude nous pensons...En général, à coté de la plaque.