Ouest-France: nouvel appel à la grève contre un projet de réorganisation

Ouest-France: nouvel appel à la grève contre un projet de réorganisation
Différentes éditions locales du groupe d'information régionale Ouest-France. Photo prise le 19 janvier 2006.

AFP, publié le vendredi 14 septembre 2018 à 17h51

L'intersyndicale d'Ouest-France a lancé vendredi un nouvel appel à la grève à l'ensemble des salariés du premier quotidien de France pour protester contre un projet de réorganisation qui se traduira par 56 suppressions d'emploi.

Les syndicats SNJ, CFDT et CGT appellent "tous les salariés, de tous les métiers et secteurs de l'entreprise" à se mettre en grève lundi pour "faire comprendre à nos dirigeants qu'il faut absolument qu'ils ne persistent pas dans cette voie", selon un communiqué.

"En solidarité avec leurs confrères et consœurs", les syndicats SNJ et SUD du Courrier de l'Ouest, du Maine Libre et de Presse-Océan ont eux aussi appelé à la grève lundi et à organiser des opérations "coups de poing".

Une réunion de négociation doit se tenir lundi avec la direction. "L'intersyndicale se présentera au rendez-vous mais pour (...) dire qu'il n'est pas envisageable de mettre en œuvre un projet que nous estimons dangereux pour le journal", précisent les syndicats dans leur communiqué.

Les syndicats du quotidien breton avaient déjà lancé un appel à la grève jeudi après la présentation du projet de réorganisation par la direction du groupe, propriétaire du quotidien Ouest-France et de plusieurs de ses concurrents locaux (Courrier de l'Ouest dans le Maine-et-Loire, Maine libre dans la Sarthe, Presse-Océan en Loire-Atlantique).

Il est ainsi prévu qu'une partie des articles élaborés par Le Courrier de l'Ouest ou Le Maine Libre soit reprise par Ouest-France tandis qu'en Loire-Atlantique, les contenus locaux et départementaux élaborés par Ouest-France deviendront disponibles pour Presse Océan, selon la direction.

Le quotidien va aussi réduire la voilure dans le Finistère où Le Télégramme est historiquement bien implanté.

"L'abandon des territoires et des lecteurs - dans la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, le Finistère ou le Calvados- risque fort, malheureusement, de n'être qu'une première marche vers d'autres reculs et renoncements", déplore l'intersyndicale.

Ces réorganisations doivent se traduire à terme par "56 suppressions d'emploi, sans licenciement sec", selon la direction.

Selon les salariés de Ouest-France, ce sont près des deux-tiers des effectifs qui vont être supprimés dans la Sarthe et le Maine-et-Loire.

"Il y a eu, dès hier (jeudi) après-midi, des motions contre le projet de la direction de la part des personnels de la Sarthe, du Maine-et-Loire, de l'Ille-et-Vilaine, de l'Orne, de la Loire-Atlantique, et du Calvados. Avec des grèves au même moment dans les deux premiers départements ainsi qu'à Rennes (...) et à Saint-Malo. Aujourd'hui (vendredi), la Manche et le Calvados sont en grève", a indiqué à l'AFP Isabelle Bordes, déléguée du personnel CFDT d'Ouest-France.

Premier quotidien régional français, Ouest-France est diffusé à 672.856 exemplaires, selon les dernières données de l'OJD, un chiffre en baisse de 2,56% sur un an. 

Avec son projet de réorganisation le groupe veut "atteindre, à l'horizon 2020, 5 millions de lecteurs par jour et plus de 500 millions de pages vues par mois dans son écosystème numérique". 

Le quotidien emploie 576 journalistes équivalent temps plein.

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