Notre-Dame: "je suis là pour que ça avance sans procrastination", dit le général Georgelin

Chargement en cours
Notre-Dame de Paris, le 4 octobre 2019
Notre-Dame de Paris, le 4 octobre 2019
1/3
© AFP, Philippe LOPEZ

, publié le mercredi 22 janvier 2020 à 14h37

Le général Jean-Louis Georgelin a maintenu mercredi le cap d'une réouverture et restauration de Notre-Dame de Paris en cinq ans, "même si ça ne veut pas dire que tout sera terminé", expliquant que son rôle était d'empêcher toute "procrastination".

Le président de l'Etablissement public pour la restauration de la cathédrale a répondu devant la commission de la Culture du Sénat de façon détendue et avec humour aux objections sur son exercice de l'autorité.

Parlant de "task-force Notre-Dame", le général a martelé: "Je suis là pour que ça avance sans procrastination. Mon rôle est de faire la chasse à tout ce qui pourrait retarder (le chantier) par absence de mobilisation". 

Pas question, a-t-il noté à titre d'exemple, de constituer une "commission pendant trois mois pour décider du changement d'une pierre".

L'Etablissement "monte en puissance", a-t-il dit, avec seize personnes déjà embauchées sur les 40 prévues et a commencé "à payer ses factures début janvier".  

Dans cinq ans, a-t-il promis, "vous serez invités sur les prie-Dieu au Te Deum, ce qui ne veut pas dire que tout sera terminé, loin de là".

"Nous ne ferons pas n'importe quoi pour arriver aux cinq ans, nous ne travaillerons pas de manière bâclée. Nous travaillons pour les siècles", a-t-il martelé à plusieurs reprises. 

La restauration débutera "dans le courant de l'année 2021", car il faut prévoir "le temps des études et le temps des marchés publics", a-t-il précisé.

Le démontage de l'échafaudage débutera mi-février et prendra quatre mois, et il faudra examiner "l'état des mortiers" entre les pierres de la voûte, a-t-il dit.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles M. Macron l'avait choisi, le général en a donné trois: "Il voulait un catholique, quelqu'un qui ait exercé de hautes responsabilités dans l'Etat et qui soit reconnu comme un homme d'autorité".

Quant aux relations avec le ministère de la Culture, il a insisté sur le fait que l'Etablissement public était "sous sa tutelle". "La tutelle ne me pose aucun problème. Il ne s'agit pas de faire un putsch!"

"Nous travaillons très bien et en confiance". Mais "tout le monde au ministère n'a pas vu d'un bon oeil ma nomination: que vient faire un général?" 

Mais "pour être général, a-t-il lancé dans une pique aux hauts fonctionnaires, il faut avoir été sous-lieutenant!"

Interrogé sur ses relations avec l'architecte en chef de monuments historiques Philippe Villeneuve, après sa sortie le priant de "fermer sa gueule" sur la configuration de la flèche, le général a assuré: "Avant, après, nous avons et nous avions les meileures relations du monde. Et lui aime bien mon style".

Un sénateur affirmant que sa préférence pour une reconstruction de la flèche à l'identique était bien connue--, le général a refusé de prendre parti, invoquant son "devoir de réserve". "Une consultation aura lieu, nous n'avons pas arrêté la forme".

Il a souligné que la question du plomb "serait traitée avec rationalité" et dans le respect du "code du travail". "On ne s'oppose pas au code du travail", et, "à ce jour la cathédrale n'est plus émettrice de plomb vers l'extérieur".

Quant à la souscription nationale, il a rappelé qu'elle ne devait pas financer le réaménagement des abords, mais qu'"il pourrait y avoir des accords avec tel ou tel donateur".

Interrogé enfin sur sa rémunération, le général a répondu sèchement: "je n'ai fait aucune demande, je ne sais pas combien je vais gagner". Elle sera conforme au "droit commun" de ce qui est appliqué dans les Etablissements publics. "Tout le reste est malveilllance".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.