Nobel: Handke évite la polémique dans son allocution sur la littérature

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La Polonaise Olga Tokarczuk, Nobel de littérature 2018, et l'Autrichien Peter Handke, lauréat 2019, le 7 décembre 2019 après leurs allocutions à Stockholm
La Polonaise Olga Tokarczuk, Nobel de littérature 2018, et l'Autrichien Peter Handke, lauréat 2019, le 7 décembre 2019 après leurs allocutions à Stockholm
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© AFP, Jonas EKSTROMER, TT News Agency

, publié le samedi 07 décembre 2019 à 19h24

L'écrivain autrichien Peter Handke, lauréat 2019 du Nobel de littérature, a consacré samedi sa "lecture" - une allocution préalable à la remise de son prix mardi à Stockholm - à la place des souvenirs dans son oeuvre, évitant la polémique sur ses positions pro-serbes.

La Polonaise Olga Tokarczuk, qui a remporté cette année le Nobel de littérature 2018 qui avait été reporté d'un an, a elle choisi d'évoquer une vision sombre d'un monde "mourant", perdu dans les mirages de l'autofiction.

Les deux lauréats, tout comme ceux des Nobel de médecine, chimie, physique et économie, recevront leurs prix mardi des mains du roi de Suède, Carl XVI Gustav.

Aucun journaliste n'était autorisé à assister aux allocutions prononcées dans la majestueuses salle de la Bourse au premier étage de l'Académie suédoise, qui décerne les prix. Ceci "pour des raisons de sécurité", a affirmé à l'AFP une source proche des organisateurs. 

Les interventions étaient retransmises en direct sur le site de la Fondation Nobel. 

La "lecture" de l'écrivain autrichien, rattrapé la veille lors d'une conférence de presse par la polémique sur ses positions pro-Serbes pendant les guerres dans l'ex-Yougoslavie, a évité soigneusement toute controverse.

- Contes maternels -

En se concentrant sur ses réminiscences littéraires et le rôle prépondérant des récits de sa mère, l'auteur de 77 ans, très ému lors de la lecture de son texte, a fait le choix de ne pas répondre aux critiques. 

Vendredi il avait dit aimer "la littérature, pas les opinions", ce qu'il a confirmé en émaillant son intervention de références littéraires et en la clôturant par un poème du lauréat 2011, le Suédois Tomas Tranströmer.

En 1999, Handke avait condamné les bombardements occidentaux sur la Serbie, menés pour forcer Slobodan Milosevic, homme fort de Belgrade, à retirer ses troupes du Kosovo.

Il s'était rendu en 2006 aux funérailles de Milosevic, décédé avant d'entendre son verdict pour crimes de guerre devant la justice internationale.

Cette polémique éclipserait presque la lauréate 2018 Olga Tokarczuk, psychologue de formation et engagée politiquement à gauche, écologiste et végétarienne, qui est la quinzième femme à recevoir la prestigieuse récompense depuis sa création en 1901.

- Un monde "mourant"-

Sa lecture, également lue derrière des portes closes, a déploré le nombrilisme de chacun, obsédé par l'auto-promotion et regardant le monde "par pièces, séparées les unes des autres, par petits bouts qui sont autant de galaxies éloignées les unes des autres".

Pour l'écrivaine de 57 ans, vêtue d'une longue robe noire, "le monde est mourant et nous sommes incapables de le remarquer", obnubilés par notre propre mise en scène.

Selon elle, il importe de trouver un nouveau type de narration.

"Est-ce qu'il pourrait y avoir une histoire qui irait au-delà de cette prison non-communicative qu'est le moi, révélant une réalité plus variée et montrant les connections mutuelles?", s'interroge Tokarczuk, persuadée de la nécessité de se redéfinir.

"Le mieux pourrait être de raconter des histoires honnêtement d'une manière qui (...) avive la capacité du lecteur à unir des fragments dans un projet commun", a-t-elle conclu.

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