Nicola Lecourt Mansion, créatrice trans: "La force" de se montrer "vulnérable"

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Présentation d'une création de la styliste Nicola Lecourt Mansion, à Epinay-sur-Seine, le 3 mars 2021
Présentation d'une création de la styliste Nicola Lecourt Mansion, à Epinay-sur-Seine, le 3 mars 2021
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© AFP, Anne-Christine POUJOULAT
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, publié le samedi 06 mars 2021 à 18h45

"Montrer sa vulnérabilité, c'est une très grande force", assure la créatrice trans Nicola Lecourt Mansion dont les tenues "flamboyantes" et non genrées s'inspirent de la lingerie jusqu'à la mettre au centre.

Dans la cour des studios de cinéma à Epinay-sur-Seine, au nord de Paris, où se déroule le tournage d'un film de présentation de la collection dévoilée samedi dans le cadre de la Fashion week, une mannequin ronde pose en combinaison rouge seconde peau et baskets. Une grande ouverture sur le dos, jusqu'en bas des fesses, révèle un string rouge et une peau tatouée. 

"La lingerie représente ce qui est proche du corps. C'est un aspect de soi un peu privé, intime aussi", explique à l'AFP la fondatrice de la marque qui porte son nom, Nicolas Lecourt Mansion (mais avec un "s" à Nicolas). 

La porter de manière visible rend fragile. "La puissance de cette vulnérabilité, c'est ce qui m'intéresse", c'est "dans l'ADN" de la marque, poursuit la styliste de 27 ans, originaire d'Alsace et lauréate en 2019 du prestigieux prix Andam. 

Dans sa dernière collection dévoilée samedi soir pendant la semaine du prêt-à-porter femme, un string brodé s'accroche sur une robe avec des boutons pression.

Un blazer reprend des coupes de porte-jarretelle ce qui permet "à cette pièce de tailleur de s'adapter à deux univers". 

Pareil pour une combinaison couleur chair qui se ferme sur le dos comme un soutien-gorge et qu'on peut enfiler pour une soirée ou pour faire son cours de yoga. 

"On a l'impression de corset, mais ce sont justes des coutures qui ont été rabattues et montées ce qui fait que vous retrouvez le confort d'un T-shirt, vous pouvez le porter tous les jours", souligne-t-elle. 

- Lady Gaga et vêtements "portables" -

"Tout est vraiment conçu pour être proche du corps sans vraiment le compresser", insiste-t-elle.

Coiffée avec une queue-de-cheval, le regard souligné par un trait d'eye-liner noir, Nicola Lecourt Mansion porte un ensemble "hyper confortable" plissé tunique-pantalon vert pomme. Les très longs ongles rouges ornés de strass, "c'est pour le tournage", glisse-t-elle, autrement ils gêneraient pour coudre.

La collection est inspirée de "Clueless", film américain pour adolescents des années 1990, auquel rendent hommage les "twin sets" veste-minijupe (kilt) en tweed avec des boutons en cristal.

"Ce sont des vêtements pensés pour tous les jours pour une personne qui aime la légèreté, ce qui brille, ce qui est doux", souligne la styliste.

Lady Gaga a porté une robe Nicolas Lecourt Mansion en résille de cristal et la styliste a travaillé avec de nombreux autres artistes et musiciens dont elle ne veut pas citer les noms.

"Le vêtement est notre premier outil de communication qui envoie un message sans qu'on ait besoin d'ouvrir la bouche, qui donne aux autres la possibilité de comprendre qui on est, d'où on vient, ce qu'on veut transmettre". 

Elle ne croit pas à la notion du genre dans la mode estimant que "chaque pièce s'adapte à une énergie".

"Je suis plutôt dans l'énergie générale de flamboyance. Chaque personne peut y apporter quelque chose de personnel et moi, je peux adapter mon travail à cette personne." 

Les tenues, comme cet ensemble brillant composé de bustier, string et pantalon transparent qui monte comme un bas à mi-cuisse, sont-elles vraiment portables dans la vie de tous les jours ? 

"Qu'est-ce que cela veut dire portable ? Un vêtement pour sortir ? C'est votre jugement. Moi, je pourrais les porter tous les jours, chacun a un rapport personnel au vêtement", répond la créatrice. 

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