Moscou promet de "tout faire" pour la libération du journaliste arrêté en Ukraine

Moscou promet de "tout faire" pour la libération du journaliste arrêté en Ukraine
Le journaliste de l'agence russe Ria Novosti Kyrylo Vychynski, arrêté mardi à Kiev, apparaît sur un écran pendant une conférence de presse d'un responsable ukrainien de la sécurité

AFP, publié le mercredi 16 mai 2018 à 16h23

La Russie a promis mercredi de "tout faire" en faveur de la libération d'un journaliste russo-ukrainien travaillant pour l'agence publique russe Ria Novosti, arrêté la veille à Kiev après un raid des forces spéciales et inculpé de "haute trahison".

"La Russie fera tout pour que ce citoyen russe soit libéré et pour que de tels actes envers les autres représentants des médias, qu'ils soient russes ou travaillant pour des médias russes, ne soient pas répétés", a déclaré à la télévision la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

"L'Ukraine continue obstinément de mener une politique de répression envers les médias", a-t-elle dénoncé.

Les services de sécurité ukrainiens ont perquisitionné mardi à Kiev le siège de l'agence de presse publique russe Ria Novosti, procédant également à l'arrestation du journaliste et responsable de cette agence en Ukraine Kyrylo Vychynski, qui a été inculpé de "haute trahison", un crime passible de 15 ans de prison.

Le journaliste a été transféré mercredi vers la ville de Kherson dans le Sud de l'Ukraine, où un tribunal doit décider jeudi de son incarcération avant le procès.

M. Vychynski, 51 ans, a travaillé pour des médias ukrainiens avant de devenir il y a plusieurs années le correspondant de la télévision publique russe Rossia, puis chez Ria Novosti. Cet Ukrainien a reçu en 2015 un passeport russe.

La justice ukrainienne l'accuse d'avoir mené des "activités subversives" à la demande de Moscou, et d'avoir notamment cherché dans ses publications à "justifier l'annexion de la Crimée" par la Russie en 2014 et de "soutenir" les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine.

"Mon client considère ce qu'il se passe comme une provocation et comme du harcèlement. Il rejette les accusations portées à son encontre", a déclaré à l'AFP l'avocat du journaliste, Andriï Domansky. "Les accusations le visant concernent l'année 2014. Pourquoi rien ne s'est passé pendant quatre ans et pourquoi maintenant que la campagne pour l'élection présidentielle va débuter, tout se produit? C'est regrettable".

Le Kremlin avait dénoncé mardi des "actions absolument révoltantes et scandaleuses" et promis des "mesures de rétorsion" envers l'Ukraine.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a prévenu mercredi que la Russie "ne peut catégoriquement pas laisser passer de tels actes", tout en affirmant que les journalistes ukrainiens travaillant en Russie n'avaient rien à craindre.

L'Union européenne a indiqué que "chaque pays a le droit d'assurer sa sécurité nationale et à protéger ses citoyens", mais uniquement "dans le respect total des droits fondamentaux et des libertés".

La porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert a affirmé que les Etats-Unis "prenait avec sérieux" la situation, appelant les autorités de Kiev à "prendre des mesures en accord avec la loi", et notamment au droit international relatif aux droits de l'Homme.

Plus critique, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a pour sa part exprimé sa "profonde préoccupation", appelant Kiev à "respecter les normes internationales" concernant la liberté de la presse.

Le Conseil de l'Europe s'est dit "préoccupé par les implications que des détentions répétées de journalistes en Ukraine peuvent avoir sur la liberté de la presse" dans le pays.

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