Molières 2018 : où voir les nommés

Molières 2018 : où voir les nommés

« Adieu Monsieur Haffmann » de Jean-Philippe Daguerre, et joué au Petit-Montparnasse, est nommé dans six catégories.

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leparisien.fr, publié le samedi 07 avril 2018 à 17h40

Parmi la cinquantaine de spectacles en lice pour la 30e cérémonie des Molières, beaucoup sont encore à l'affiche. Critiques de la rédaction, lieux et dates de représentations, voici de quoi vous faire votre idée avant la soirée du 28 mai.

Une cinquantaine de pièces ont été nommées pour la 30e cérémonie des Molières qui se déroulera le 28 mai à la Salle Pleyel et présentée par Zabou Breitman, soirée diffusée par France 2 au cours de laquelle seront remises 19 récompenses. Passage en revue des spectacles encore à l'affiche, à Paris ou en région.

Les pièces nommées dans 6 catégories« Adieu monsieur Haffmann »

De Jean-Philippe Daguerre, mise en scène Jean-Philippe Daguerre.

Note de la rédaction 5/5

Paris, 1942. Joseph Haffmann qui a envoyé sa famille en Suisse, propose à son employé, Pierre Vigneau, de lui confier sa bijouterie le temps que les choses s'apaisent. En échange, il lui demande de le cacher. Pierre accepte, à une condition : que son patron consente à faire un enfant à sa femme Isabelle. Lui ne peut pas. Il est stérile. Petite histoire dans la grande, une pièce brillamment construite et admirablement interprétée.

Pièce nommée pour les Molières du meilleur spectacle de théâtre privé, de l'auteur francophone vivant et du metteur en scène de théâtre privé (Jean-Philippe Daguerre), du comédien (Grégori Baquet), de la révélation féminine (Julie Cavana) et du second rôle masculin (Franck Desmedt).

Au Théâtre du Petit-Montparnasse (Paris XIVe), de 10 à 32 euros.

« Le fils »

De Florian Zeller, mise en scène de Ladislas Chollat.

Note de la rédaction 3/5

Nicolas sèche les cours, ment, est parfois violent, attendrit aussi... Ses parents séparés sont désemparés. Il décide de vivre chez son père qui vient d'avoir un autre enfant avec sa nouvelle compagne. Ce dernier pense pouvoir l'aider... Drame familial à l'atmosphère pesante mis en scène avec sensibilité par Ladislas Chollat. Avec un danger latent et des pics d'émotion crevant le cœur, longueur et lenteur peuvent faire décrocher. Le type de spectacle dont on se souvient longtemps.

Pièce nommée pour les Molières du meilleur spectacle de théâtre privé, de l'auteur francophone vivant (Florian Zeller) et du metteur en scène de théâtre privé (Ladislas Chollat), du comédien (Yvan Attal), de la révélation masculine (Rod Paradot) et du second rôle féminin (Élodie Navarre).

Comédie des Champs Élysées (Paris VIIIe), de 10 à 53 euros.

Quatre nominations« Le jeu de l'amour et du hasard »

De Marivaux, mise en scène de Catherine Hiegel.

Note de la rédaction 4/5

Deux promis se font passer pour leurs servants pour mieux se découvrir. Un amusant jeu de dupe dans un superbe jardin à la végétation pleine de vigueur, comme le jeu des comédiens réunis par Catherine Hiegel. Arlequin pétillant et plein de panache, Vincent Dedienne forme un duo irrésistible avec Laure Calamy, Lisette explosant en mille nuances, soupirant d'excitation ou ridicule à faire l'importante. Un jeu qui en vaut vraiment la chandelle.

Pièce nommée pour les Molières du meilleur spectacle de théâtre privé, du metteur en scène de théâtre privé (Catherine Hiegel), du comédien (Vincent Dedienne) et de la comédienne (Laure Calamy).

Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris Xe), de 13 à 51,50 euros.

« Les Fourberies de Scapin »

De Molière, mise en scène Denis Podalydès, Comédie-Française.

Note de la rédaction 5/5

Denis Podalydès met en scène des « Fourberies de Scapin » de haute volée à la Comédie-Française. ArtComPress/Pascal Victor

Sur demande de leurs fils, le rusé Scapin roule les Bourgeois Argante et Géronte et leur soutire de jolies sommes. Avec un Benjamin Lavernhe phénoménal de liberté, Denis Podalydès met en scène des « Fourberies de Scapin » de haute volée. Bourru et grognant, Didier Sandre est génial en Géronte ramassant des coups de bâton. Féroce, le rire salue la malice. Du grand art pour une comédie jubilatoire.

Pièce nommée pour les Molières du meilleur spectacle du théâtre public, du metteur en scène du théâtre public, du comédien (Benjamin Lavernhe) et du second rôle masculin (Didier Sandre).

Disponible en projection scolaire, à la demande, dans les cinémas du réseau Gaumont Pathé.

Trois nominations« Une chambre en Inde »

Création collective du Théâtre du Soleil, mise en scène Ariane Mnouchkine.

Note de la rédaction4/5

Shafiq Kohi, Omid Rawendah et Hélène Cinque dans « Une chambre en Inde » au Théâtre du Solei. Anne Lacombe/Théâtre du soleil

Le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine invite au voyage et au rire pour évoquer une réalité aussi terrifiante soit-elle, choisissant le comique tel un antibiotique pour ne pas « ajouter de la tristesse à la tristesse ». Foisonnant et passionnant, une chambre en Inde comme une fenêtre ouverte sur le monde.

Pièce nommée pour les Molières du meilleur spectacle de théâtre public, metteur en scène de théâtre public (Ariane Mnouchkine) et création visuelle.

Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes (Paris XIIe). Jusqu'au 20 mai, de 20 à 40 euros.

« Saïgon »

De Caroline Guiela Nguyen, mise en scène Caroline Guiela Nguyen.

Pas vu.

Un restaurant vietnamien, des chansons d'amour et des histoires, grand récit choral et polyglotte d'une mémoire commune entre la France et le Vietnam, de 1956 à 1996. Présentée au Festival d'Avignon 2017.

Pièce nommée pour les Molières du meilleur spectacle de théâtre public, auteur francophone vivant (Caroline Guiela Nguyen) et création visuelle.

Actuellement en tournée. A Lyon (5 au 7 avril), Besançon (25 au 26 avril), Rennes (15 au 18 mai), Tours (29 mai au 2 juin).

« Baby »

De Jane Anderson, adaptation Camille Japy, mise en scène Hélène Vincent.

Note de la rédaction 4/5

Isabelle Carré, Vincent Deniard et Camille Japy jouent dans le drame sociétal « Baby ». Emmanuel Robert

Deux mondes qui se rencontrent. Entre eux, un enfant à naître. Et l'argent, poison de toute relation. Wanda et All attendent leur cinquième enfant que les Californiens Rachel et Richard sont prêts à adopter, pourvoyant à tout. Un bébé est il une marchandise ? Abordant la gestation pour autrui, l'Américaine Jane Anderson expose sans juger motivations et sentiments, parfois antagonistes, qui traversent ses personnages. On est saisi par ce drame sociétal. A fleur de peau, Isabelle Carré éblouit de bout en bout en mère déchirée, donnant le ton à une belle distribution. Bruno Solo surprend. Autant que la chute au goût amer.

Pièce nommée pour les Molières de la comédienne (Isabelle Carré) et du second rôle masculin (Vincent Deniard et Bruno Solo).

Théâtre de l'Atelier (Paris XVIIIe) de 10 à 44 euros.

Deux nominations« Le lauréat »

D'après Charles Webb, adaptation Christopher Thompson, mise en scène Stéphane Cottin.

Note de la rédaction 4/5

Anne Parillaud et Arthur Fenwick dans « Le Lauréat ». LP/Olivier Lejeune

Jeune diplômé et angoissé par un avenir tout tracé, Benjamin est séduit par Mrs. Robinson (Anne Parillaud), amie de ses parents et alcoolique mondaine. Elle s'offre à lui. Il succombe... Mise en scène pleine d'astuces de Stéphane Cottin, décors et lumières sublimes, utilisation fine de la musique et de la vidéo, cette comédie de mœurs adaptée du film qui a lancé Dustin Hoffman est formidable. Visuellement élégante et remarquablement distribuée. Arthur Fenwick est un épatant lauréat, drôle et pathétique.

Pièce nommée pour les Molières du second rôle féminin (Françoise Lépine) et de la révélation masculine (Arthur Fenwick).

Théâtre du Montparnasse (Paris XIVe) de 10 à 52 euros.

« La nostalgie des blattes »

De Pierre Notte, mise en scène de Pierre Notte.

Pas vu.

Dans un monde blanc et aseptisé, débarrassé de tout ce qui pourrait faire tache, à tel point que l'on en vient à avoir la nostalgie des blattes, deux vieilles débattent avec acharnement. Peut-être finiront-elles par bouger, quitter ce monde futuriste si effrayant...

Pièce nommée pour les Molières de la comédienne (Catherine Hiegel) et de l'auteur francophone vivant (Pierre Notte).

Théâtre Jean-Vilar de Suresnes du 10 au 11 avril, à Lattes (34) le 12 avril et à Cesson-Sévigné (35) le 19 avril. Reprise au Petit Saint-Martin (Paris Xe) à partir du 20 septembre 2018 (33 euros).

« Adieu Ferdinand ! »

De Philippe Caubère, mise en scène Philippe Caubère.

Note de la rédaction 4/5

Deux spectacles en un. Censé clore les aventures de Ferdinand, le double théâtral de Philippe Caubère, le diptyque « Clémence » et « Les Pétrieux » fait passer le spectateur d'un séjour épique dans un camp naturiste avec des références à « Moby Dick » et Proust à la Belgique avec un déjeuner, amer, chez des amoureux de betteraves peu enclins à laisser leur fils épouser sa destinée artistique. La recette Caubère, ou l'art de passer d'un personnage à un autre en un geste, est toujours aussi impressionnante. Bonus pour les fans : un ultime seul en scène de la saga Ferdinand est encore prévu à l'avenir avec le casino de Namur comme toile de fond.

Pièce nommée pour les Molières du meilleur spectacle de théâtre public et comédien (Philippe Caubère)

Théâtre du Gymnase à Marseille (13) les 6 et 7 avril, Théâtre Jean-Vilar de Suresnes (92) le 12 avril, La Liberté à Toulon (83) les 20 et 21 avril.

« La main de Leila »

D'Aïda Asgharzadeh et Kamel Isker, mise en scène Régis Vallée.

Pas vu.

1987, Sidi Fares, un petit village proche d'Alger (Algérie). Dans un garage secrètement transformé en salle de spectacle, Samir rejoue les plus grands baisers du cinéma que l'Etat censure : « Un dinar la place et bienvenue au Haram Cinéma, le cinéma le plus illégal de toute l'Algérie ! » Ici, il y a deux règles à respecter : l'identité de Samir doit rester secrète et les femmes sont interdites. Un jour, Leïla, la fille du puissant colonel Bensaada, se glisse dans le public et découvre la mythique histoire de Casablanca. Un an plus tard, Samir et Leïla s'aiment d'un amour inconditionnel, mais interdit...

Pièce nommée pour les Molières de la révélation féminine et l'auteur francophone vivant (Aïda Asgharzadeh).

En tournée, les 17 et 18 avril à Ajaccio, le 20 avril à Bastia, le 27 avril à Saint-Priest-en-Jarz (42), le 28 avril à Saint-Genest Lerpt (42), le 4 mai à La Norville (91) et le 25 mai à Conflans-Sainte-Honorine (78).

Une nominationMolière du seul en scène

« Françoise par Sagan »

D'après Françoise Sagan, adaptation Caroline Loeb, avec Caroline Loeb. Mise en scène Alex Lutz.

Note de la rédaction 4/5

Réflexions sur l'amour, l'argent, les gens, le « drame amusant » qu'est la vie, sur la base d'une série d'entretiens donnés de 1 954 à 1 992 par l'auteur de « Bonjour Tristesse », Caroline Loeb campe avec délicatesse cette petite femme, les épaules rentrées, mèche blonde et coupe au bol aux mots qui percutent, bousculent, intriguent et font rire. On découvre cette femme libre devenue célèbre à 20 ans et qui brûle la vie par les deux bouts. Une femme d'une intelligence rare.

Au Théâtre du Marais (Paris IIIe) Jusqu'au 30 avril. 21 euros.

« Vous n'aurez pas ma haine »

D'après Antoine Leiris, avec Raphaël Personnaz, mise en scène Benjamin Guillard.

Note de la rédaction 5/5

Le comédien Raphaël Personnaz, accompagné d'une pianiste, raconte avec sobriété cette poignée de jours de cauchemar. Giovanni Cittadini Cesi

Le 16 novembre 2015, le journaliste Antoine Leiris poste sur les réseaux sociaux un texte court d'une grande dignité : « Vous avez volé la vie d'un être d'exception, l'amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n'aurez pas ma haine. » Trois jours plus tôt, Hélène, son épouse, mère de leur petit Melvil, 17 mois alors, a été fauchée au Bataclan. Ce message est une lueur d'espoir qui rassure une France épouvantée. Il va continuer à écrire ce qu'il vit et pense, un récit poignant publié au printemps 2016 que met en scène avec beaucoup de délicatesse Benjamin Guillard. Raphaël Personnaz raconte avec une grande sobriété cette poignée de jours de cauchemar, cette histoire d'une victoire, celle de la force vitale de l'amour face à la destruction.

Au Théâtre de l'Œuvre (Paris IXe) de 19 à 35 euros.

« Le livre de ma mère »

D'Albert Cohen, avec Patrick Timsit, mise en scène Dominique Pitoiset.

Note de la rédaction 4/5

Mis en scène par Dominique Pitoiset, Patrick Timsit s'empare avec retenue et délicatesse du « Livre de ma mère », écrit par Albert Cohen après la disparition de sa maman. Dans un bureau, il se remémore son enfance avec ce point d'ancrage discret, repère et phare, celle qu'il n'a finalement pas aimée comme il aurait pu, comme il aurait dû... « Chaque jour, apportez une joie à votre mère », lance-t-il aux fils qui « ne savent pas que leurs mères sont mortelles ». Magnifique.

En tournée. Ajaccio le 10 avril, Marseille le 12 avril.

Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé« Art »

De Yasmina Reza, mise en scène Patrice Kerbrat. Nommé pour Jean-Pierre Darroussin.

Note de la rédaction 5/5

Jean-Pierre Darroussin, Alain Fromager et Charles Berling (de gauche à droite) dans « Art »./ARTCOMPRESS/PASCAL VICTOR

Serge a acheté 30 000 euros une toile quasiment blanche. « Une merde », pour son ami Marc. Ils se fâchent. Yvan tente de faire tampon et s'attire les foudres des deux. Les piques fusent, cinglantes. L'implosion est proche. Fine réflexion sur l'amitié, la pièce de Yasmina Reza dans sa mise en scène d'origine de Patrice Kerbrat est servie par un trio brillant. Charles Berling est génial en suffisant, l'œil rieur et inquiet face à la fierté raffinée d'Alain Fromager, si précis. Jean-Pierre Darroussin ajoute son côté chétif délicieusement ridicule. Du grand « Art ».

Théâtre Antoine (Paris Xe) de 21 à 69 euros.

Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé« Douce-amère »

De Jean Poiret, mise en scène Michel Fau. Nommée pour Mélanie Doutey.

Note de la rédaction 3/5

Philippe aime contrôler, savoir, voir et prévoir. Lucide sur la fin prochaine de son couple avec Elisabeth, et dans l'idée de choisir son successeur, il reçoit avec un amusement cynique et mélancolique ses amants potentiels. Un jeu cruel et pervers d'une drôlerie irrésistible adossé à la virtuose préciosité d'un Michel Fau. Avec la fine Mélanie Doutey, il est le pivot de ce boulevard subtil signé Jean Poiret. Une pièce certes verbeuse, mais séduisante pour sa langue, riche, et son humour caustique.

Au Théâtre des Bouffes-Parisiens (Paris IIe), jusqu'au 22 avril. De 18,5 à 65 euros.

« En attendant Bojangles »

D'Olivier Bourdeaut, adaptation et mise en scène par Victoire Berger-Perrin. Nommée pour Anne Charrier.

Note de la rédaction 5/5

En attendant Bojangles » passe avec brio l'épreuve de la scène entre les bras de Didier Brice et Anne Charrier. Evelyne Desaux

C'est l'histoire d'un amour fou et ultime entre une jolie fêlée et un dandy, coupe de parents menant une existence marginale, décalée et poétique. Leur fils se souvient de l'excentricité perpétuelle, du faste et des soirées endiablées, des danses passionnées sur « Mr Bojangles » de Nina Simone... Adaptant et mettant en scène « En attendant Bojangles », le roman d'Olivier Bourdeaut, Victoire Berger-Perrin parvient à faire vivre avec délicatesse les personnages attachants de cette fantaisie. Généreuse, d'un charme fou, Anne Charrier elle est la pièce maîtresse de cette confiserie. Un petit bijou d'émotions.

La Pépinière (Paris IIe) de 12 à 34 euros.

Molière du metteur en scène d'un spectacle du Théâtre public« Festen »

De Thomas Vinterberg et Mogens Rukov, mise en scène Cyril Teste.

Pas vu.

Une fête de famille qui vire au grand déballage passionnel, Cyril Teste et le Collectif MxM s'emparent de « Festen » et invitent le spectateur chaque soir au cours d'un banquet bien réel, hommage en filigrane à une autre histoire de famille danoise : celle du prince Hamlet.

En tournée. A Reims (10 au 13 avril) Châteauroux (17 au 18 avril) Poitiers (24 au 26 avril).

Molière de la Comédie« Deux mensonges et une vérité »

De Sébastien Blanc et Nicolas Poiret, mise en scène Jean-Luc Moreau.

Note de la rédaction 4/5

Le soir de leur 27ème anniversaire de mariage, Philippe propose un jeu à son épouse. Fabienne Rappeneau

Ne dites jamais à votre femme qu'elle ne vous surprend plus ! Ce qu'a eu le malheur de faire Philippe un soir d'anniversaire. Pire ! Pour convaincre Catherine, son épouse, il lui propose que chacun raconte trois anecdotes sur lui-même : deux fausses et une vraie. A charge, pour l'autre, de débusquer la vérité. Elle trouve sans mal. Lui est horrifié, toutes les siennes sont terribles. Une torture. Elle n'a pas fini de jouer... Lionnel Astier est phénoménal en avocat contraint d'en rabattre devant la délicieuse malice de Raphaëline Goupilleau. Une comédie à l'écriture vive et rythmée.

Théâtre Rive Gauche (Paris XIVe) de 27 à 45 euros.

« Le gros diamant du prince Ludwig »

De Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, adaptation Gwen Aduh et Miren Pradier, mise en scène Gwen Aduh.

Note de la rédaction 3/5

Des matons bas du plafond, un bandit manchot et ses complices idiots, un pickpocket trop honnête, des mouettes, une héroïne pas très blanche, un jazz-band, un banquier moustachu et branque ainsi que le plus vieux stagiaire du pays, le tout dans l'Amérique des années 1950... Ecrit par les auteurs des « Faux British », mis en scène par le metteur en scène des « Faux British », ce « Diamant » offre une parodie jubilatoire d'un film de gangsters avec le braquage d'une banque désignée pour conserver quelque temps un gros caillou brillant. Comédie grand spectacle avec d'impressionnants décors, des gags en cascade et des cascades à gogo, avec son humour burlesque de bonne tenue, ce polar de benêts rallie un public familial.

Théâtre du gymnase (Paris Xe), de 19 à 42 euros.

« Ramses II »

De Sébastien Thiéry, mise en scène Stéphane Hillel.

Note de la rédaction 4/5

Jean et Élisabeth reçoivent à déjeuner leur fille Béatrice et son mari Matthieu de retour d'Egypte. Ce dernier arrivé seul et se montre pour le moins bizarre. L'absence inexpliquée de Béatrice et ses réponses incohérentes, le couple de retraités imagine le pire. Matthieu ne semble pas démentir... Adepte d'un théâtre déroutant, Sébastien Thiery (« Momo ») récidive. Sous sa plume acide, le réel perd pied et chute dans un absurde déconcertant et angoissant. Eric Elmosnino est dément, effroyablement drôle face à François Berléand cloué sur une chaise roulante, que les élucubrations de son gendre rendent dingue... Entre les deux, Evelyne Buyle est merveilleuse. Comédie noire, thriller, drame familial, l'univers est singulier, grinçant, dérangeant. Si on y est réceptif, on rit de cet humour parfois très noir.

AuThéâtre des Bouffes-Parisiens(Paris IIe), reprise à partir du 2 mai pour 20 dates. De 15 à 69 euros.

Spectacle jeune public« Les petites reines »

D'après Clémentine Beauvais, adaptation Justine Heynemann et Rachel Arditi, mise en scène Justine Heynemann.

Note de la rédaction 5/5

Les Petites reines. Cindy Doutres

Désignée Boudin d'Or de son lycée deux ans de suite dans un concours débile organisé sur Facebook, Mireille, 16 ans, déchante. Privée d'un titre dont elle s'était presque fait un étendard pour ne plus (trop) souffrir, elle est rétrogradée en troisième place par Astrid et Hakima. Elle va à leur rencontre pour les aider à surmonter l'humiliation. Au sein du drôle de trio germe l'idée un peu folle de rallier Paris à vélo pour s'inscruster à la Garden-Party de l'Elysée. Doté d'un souffle d'optimisme contagieux, cette satire se paye la méchanceté avec un humour caustique. Road-trip dopé à l'insolence de l'adolescence, cette histoire est déjantée et tordante, émouvante. A partager avec ses ados.

Le 10 avril à Puteaux (Hauts-de-Seine) et le 12 à Cormeille en Parisis (Val-d'Oise). Reprise à partir du 24 mai au Théâtre Tristan-Bernard (Paris VIIIe).

« Le livre de la jungle »

D'Ely Grimaldi et Igor de Chaillé, mise en scène Ned Grujic.

Note de la rédaction 4/5

Adapter un classique quand Disney est passé par là, ça peut être risqué. Ici, Baloo ne chante pas « Il en faut peu pour être heureux » en engloutissant des bananes, et le roi Louie ne se lance pas dans un swing endiablé pour « être un homme comme vous ». Qu'importe. Cette très belle adaptation musicale du « Livre de la jungle » accroche d'emblée le public avec ses chansons inédites bien fichues, ses danses survitaminées et les très beaux costumes des comédiens-animaux. Mowgli et ses amis ont la fibre écolo : les éléphants marchent contre la déforestation, Baloo mange bio, fait du vélo et voit « la vie en slow »... On applaudit les comédiens qui se muent en singe, tigre, loup, ou serpent avec une aisance folle.

Théâtre des Variétés (Paris IIe) de 9 à 38 euros.

« Le Petit Chaperon rouge »

De Joël Pommerat, mise en scène Joël Pommerat.

Note de la rédaction 5/5

Fascinant et envoûtant « Petit chaperon rouge » de Joël Pommerat qui reprend la trame du conte ancestral pour dire le nôtre de temps, une société où l'on manque de temps tout le temps. Pressée, débordée, culpabilisante, la mère, pantin en perpétuel mouvement rythmé par le claquement de ses talons, s'arrête si peu pour jouer avec sa fille. Elle la laisse sortir seule de la maison pour aller voir sa grand-mère, malade... La petite rencontre le loup qui la fascine. « Je n'ai pas peur de toi, je ne te connais pas ». « Moi non plus, je n'ai pas peur de toi », rétorque le loup. Rencontre de deux solitudes. A l'image de la petite fille, frissonnante de plaisir à l'approche du loup, la bête tapie dans le noir trouble le public et lui inspire un sentiment complexe, d'effroi et d'amusement... Avec la lumière, Pommerat sculpte l'obscurité, comme il brode le silence d'une bande-son enveloppante. Accordéons et violoncelles, talons maternels claquant frénétiquement, cris d'enfants, oiseaux ou grognements du loup dévorant ses proies...

Théâtre du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), du 24 au 26 mai. De 3 à 14 euros.

« Le malade imaginaire »

De Molière, mise en scène de Jean-Philippe Daguerre.

Pas vu.

Saignées, purges, remèdes... le vieil Argan, remarié à la jeune Béline qui n'attend que sa mort pour hériter, a à son chevet toutes sortes de médecins, pédants et vite ridiculisés... Dernière pièce d'un Molière se moquant autant de la mort que de la médecine, « Le Malade imagaire » est une farce joyeuse et hilarante.

Au Théâtre Saint-Georges (Paris IXe) de 14 à 20 euros.

Molière du Spectacle musical« Grease »

De Jim Jacobs et Warren Casey, adaptation Nicolas Engel, mise en scène Martin Michel et Véronique Bandelier.

Note de la rédaction 4/5

Décors rose bonbon et bleu électrique, scène en forme de disque vinyle, Perfecto noir et cheveux gominés pour les garçons, robes colorées des années 1950 pour les filles, durant près de deux heures, la joyeuse bande de lycéens de Rydell High School offre un spectacle joyeux et généreux. Le pari fou de lancer une version française de « Grease », en francisant les paroles de chansons, fonctionne.

Mogador (Paris IXe) de 47 à 100 euros.

« Priscilla folle du désert »

De Stephan Elliott et Alan Scott, adaptation Philippe Hersen, mise en scène Philippe Hersen.

Note de la rédaction 4/5 - Etoile 2017 du Parisien de la comédie musicale

Très fidèle au film, le spectacle est un feu d'artifice de comédie, d'émotion et d'humour. LP/Matthieu Rosier

De l'extravagance, de la joie, de la folie... « Priscilla, folle du désert », c'est une énorme fête avec des drag queens et des tubes en or massif, des centaines de costumes délirants, un bus de 8 m, intérieur léopard et fuchsia, qui roule sur scène, des divas qui volent... Très fidèle au film, le spectacle est un feu d'artifice de comédie, d'émotion et d'humour, de musique, bien sûr, et une surenchère costumière digne des plus grandes revues. On sautille sur son fauteuil et on ressort avec l'envie d'aller danser.

Casino de Paris (Paris XIe), jusqu'au 7 juillet. de 29 à 79 euros.

Molière de l'humour

Blanche Gardin pour « Je parle toute seule ».

Note de la rédaction 5/5

Sous ses airs de première communiante, cette quadra au verbe cinglant, as de l'auto-dérision, explore les malheurs de la condition humaine avec une crudité stupéfiante. Aucun tabou chez celle qui a fait ses classes au Jamel Comedy Club. Les amours malheureux, le célibat et la sexualité sous ses aspects les moins glamour ont fait le sel de ses deux premiers seul-en scène. En attendant le 3ème « En test » qu'elle créera en mai.

En tournée à partir du 3 mai. A l'Européen à Paris à partir du 13 septembre. (réservation conseillée)

Jérôme Commandeur dans « Tout en douceur »

Note de la rédaction 3/5

Il s'est fait attendre pendant cinq ans. Revoilà Jérôme Commandeur en pleine forme. Avec sa tête de poupon, jouant de ses quelques kilos en trop, l'humoriste offre un spectacle grinçant et cynique mais jamais méchant.

Théâtre de la Gaité (Paris XIVe) de 25 à 49 euros.

Manu Payet dans « Emmanuel »

Note de la rédaction 4/5

Bye bye Manu, bonjour « Emmanuel », le nom de son nouveau spectacle. Le comédien s'y dévoile tendrement, parle de ses premières conquêtes, de ses tracas de quadra en couple, esquisse d'exquis pas de danse. Pas de temps mort dans ce show fluide et ultracool. Les vannes fusent, crescendo. Fin et fun.

Théâtre de l'Œuvre (Paris IXe) Jusqu'au 14 avril. De 23 à 36 euros.

Jamel Debbouze dans « Maintenant ou Jamel »

Note de la rédaction 4/5

L'œil pétillant, le débit mitraillette, ces bafouillements et cascades lexicales, remonté comme jamais Jamel donne des nouvelles de ses parents, des enfants, son rôle de père, la double culture, ses souvenirs de gamin... Sur scène comme sur un divan, il se raconte. Et ça fait du bien.

En tournée, le 6 avril à Chambéry (Savoie), le 12 avril à Déols (Indre), le 11 à Niort (Deux-Sèvres), le 13 à Orléans (Loiret). A partir du 11 décembre au Casino de Paris (Paris IXe). De 28 à 62 euros.

Fabrice Eboué dans « Plus rien à perdre »

Note de la rédaction 4/5

Dans « Plus rien à perdre », Fabrice Eboué ne s'est pas départi de cette fameuse habitude d'appuyer là où ça fait mal. LP/Jean-Baptiste Quentin

Avec lui, l'humour noir est noir, mais il y a de l'espoir tant que le public rit. Et c'est peu dire que les murs de la Renaissance résonnent des rires. Alliant bonhomie et humour grinçant voire acide, il cible large mais pointe avec précision ce qui fait mal. Une sorte de thérapie de choc, ou l'art de rire du pire.

Théâtre de la Renaissance (Paris Xe). De 18 à 46 euros.

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