Mohammad-Réza Shajarian, monstre sacré de la musique iranienne est mort

Mohammad-Réza Shajarian, monstre sacré de la musique iranienne est mort
Une photo prise le 20 octobre 2008 montre le chanteur et compositeur Mohammad-Réza Shajarian chantant à Téhéran

, publié le jeudi 08 octobre 2020 à 16h51

Le chanteur et compositeur Mohammad-Réza Shajarian, monument de la musique traditionnelle et classique iranienne est mort jeudi à l'âge de 80 ans, a annoncé son fils Homayoun Shajarian sur Instagram.

Très vite après l'annonce de la mort de l'"Ostad" ("Maître" en persan), plusieurs centaines d'admirateurs ont convergé vers l'hôpital Jam de Téhéran où il avait été admis il y a quelques jours dans un état critique, selon des journalistes de l'AFP sur place.  

Atteint d'un cancer depuis plusieurs années, Mohammad-Réza Shajarian "a volé à la rencontre de son bien-aimé (Dieu)", écrit son fils sous une page noire.

Dans un communiqué, l'hôpital a indiqué qu'il était décédé "en dépit des efforts de l'équipe médicale" et que son corps avait été transféré en vue de son inhumation.

La télévision d'Etat, sur laquelle le chanteur était interdit d'antenne depuis plusieurs années, a ouvert son journal de 18h avec l'annonce de la mort du musicien, reprise par toute la presse et suscitant d'innombrables commentaires attristés sur les réseaux sociaux.

Selon plusieurs médias iraniens, les funérailles devraient avoir lieu à Machhad, ville sainte chiite du nord-est de l'Iran d'où le chanteur était originaire.

Chanteur, instrumentiste et compositeur engagé, Mohammad-Réza Shajarian a incarné plus que tout autre pendant un demi-siècle la musique traditionnelle et classique iranienne à l'étranger comme en Iran.

Véritable monument national dans son pays, il a néanmoins entretenu des relations difficiles avec les autorités de Téhéran tout au long de sa longue carrière, d'abord sous le règne du Chah puis avec la République islamique.

En 2009, en pleine répression de la contestation du Mouvement vert contre la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, il avait pris résolument parti pour les manifestants contre le pouvoir.

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