Miossec et la scène, entre "peur bleue" et "moments de grâce"

Miossec et la scène, entre "peur bleue" et "moments de grâce"

Miossec, le 16 juillet 2016 aux Francofolies de La Rochelle

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AFP, publié le lundi 23 octobre 2017 à 13h50

Après dix albums studios en 22 ans, il sort son premier disque live, "Mammifères aux Bouffes du Nord": Miossec raconte à l'AFP son rapport longtemps orageux, aujourd'hui apaisé, avec la scène, oscillant entre "peur bleue" et "moments de grâce".

Les quatre concerts donnés du 25 au 28 octobre 2016, dans le décor sans âge du théâtre des Bouffes du Nord à Paris, survenaient pour Christophe Miossec après presque trois ans d'une tournée intimiste, essentiellement dans des petites salles.

Accompagné d'un nouvel ensemble, le guitariste-bassiste Leander Lyons, la violoniste Mirabelle Gilis et l'accordéoniste Johann Riche, l'interprète de "Brest" avait même trouvé le temps, au milieu de ses pérégrinations "jusque dans des villages qui lui étaient inconnus", de sortir son 10e disque, "Mammifères", marquant un passage réussi du rock au folk.

"Dès le départ, l'idée c'était de monter une tournée qui passerait dans toute la France, dans plein de petits endroits, avec des tarifs à 7, 10 euros. J'ai fait ces petits concerts, parfois dans des conditions pas terribles, pour me remettre dans le métier de façon rude", raconte de sa voix chaude l'artiste, rencontré dans un bar du quartier Ménilmontant.

- 'Trac dévastateur' -

"J'en avais besoin et ç'a été salvateur, poursuit-il. C'était aussi après les attentats de 2015, il y avait tout un climat qui interrogeait sur le sens de ce qu'on faisait. Pouvoir donner de la joie, du frisson tous les soirs, tu te rends compte que tu le fais aussi pour toi même. Et puis, il y a l'envie de savoir si tu mérites ta réputation. Si t'es pas terrible, dans des petits endroits où les gens te connaissent, ça peut faire très mal."

Des moments difficiles face au public, Miossec en a connus. Pendant longtemps, l'épreuve lui était tellement difficile que seul l'alcool lui donnait le courage de braver sa timidité, parfois au prix de prestations chaotiques.

"Le trac, pendant des années, ç'a été horrible. Ca s'est calmé ensuite, mais ç'a été dévastateur. Pour passer du stress au plaisir qu'on peut prendre sur scène ça a mis du temps", avoue devant sa théière Miossec, coiffé de son désormais inséparable petit chapeau Trilby.

"Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui je me sens... pas à l'aise, le mot est trop fort, mais à ma place sur scène. C'est le seul moment de vérité, c'est le côté religieux du boulot. Si je fais ça, c'est pour choper des moments de grâce", poursuit-il.

- 'Solidarité obligatoire' -

Des émotions fortes, Miossec assure en avoir eu beaucoup avec ses musiciens. "On n'avait pas de batteur, donc, au niveau du rythme, il fallait une solidarité obligatoire entre nous, pour arriver à fusionner. C'est fabuleux quand on y arrive, quand la même émotion est partagée par quatre personnes." 

Le Breton se souvient aussi du "pire concert", un soir d'octobre 2015, au Café de la Danse. "Plus catastrophique, ce n'était pas possible. Il y avait tout le monde au bar. Là, ç'a été vraiment rude."

Pour les soirées aux Bouffes du Nord, dont la dernière filmée, Miossec avoue avoir eu une "peur bleue".

"On revenait du Mexique où on avait joué cinq concerts. Thomas Shaettel, le claviériste, venait de nous rejoindre. C'était ces premiers concerts avec nous en France. Ca nous faisait une bonne raison d'angoisser, même si on angoissait aussi pour toutes les autres raisons autour", dit-il, évoquant la fragilité de l'édifice, l'importance du rendez-vous, son immortalisation sur disque.

"Mais je voulais faire cet album live, vraiment pour marquer le coup", lâche-t-il avec un brin de fierté.

Miossec, qui est déjà à l'écriture d'un prochain album, n'envisage pas la suite autrement qu'avec ses nouveaux camarades: "je sais que je ne repartirai plus dans une formation basse, batterie. J'ai pris trop de plaisir, j'ai adoré jouer en frontal. Ca me paraît ce qu'il y a de plus juste, de plus honnête".

 
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