Michel Jonasz, "mister swing", met en boîte un nouvel album

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Michel Jonasz et son ensemble de musiciens lors d'un concert aux Francofolies de La Rochelle, le 14 juillet 2017
Michel Jonasz et son ensemble de musiciens lors d'un concert aux Francofolies de La Rochelle, le 14 juillet 2017
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© AFP, XAVIER LEOTY
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, publié le jeudi 24 octobre 2019 à 09h18

Michel Jonasz est toujours connecté à la planète musique : l'auteur de "La Boîte de jazz" publie vendredi son premier disque en près de neuf ans, au titre mystérieux et elliptique et en forme de plaidoyer pour la planète : "La Méouge, le Rhône, la Durance".

"La Méouge..." est un long poème que le musicien récite sur fond de volutes électroniques. "Ce texte, c'est pour rétablir un lien avec la nature, pour me préserver, pour nous préserver", déclare Michel Jonasz à l'AFP.

"Si on perd conscience de cette unité, d'abord entre les êtres humains, puis avec les éléments et avec la nature, si on perd ça... !", s'alarme le chanteur, selon lequel "on ne préserve pas suffisamment cette planète qui nous accueille".

La planète, ses océans, le ciel, la lune, les nuages... inspirent toujours un chanteur qui a la tête dans les étoiles, mais garde les pieds sur terre.

"Elle a toujours été assez présente chez moi cette histoire là, quand j'étais môme, je regardais le ciel, je regardais les étoiles, fasciné par ce vide, cet espace", raconte l'artiste. 

"Evidemment, là, je le dis avec des mots d'adulte, mais à l'époque c'était pas aussi rationnel que ça. Et puis la lune on me disait que c'était très très loin, qu'il y avait comme un mystère, quelque chose à découvrir. Cette question, je me la suis trimballée depuis que je suis môme".

- "La Planète bleue" -

"Même aujourd'hui, c'est fascinant de me dire qu'on est sur cette boule, cette planète bleue qui tourne dans l'espace, et puis que nous on est dessus comme ça, et qu'il y a des étoiles qui sont à des milliards d'années lumière", poursuit-il.

"La Planète Bleue", surnom donné à cette terre "qui nous accueille", est d'ailleurs la chanson qu'il a choisi pour refermer l'album. "Nous sommes les hôtes d'une planète qu'il faut apprendre à préserver, c'est une conscience qui doit s'incarner avant qu'il ne soit trop tard", prévient-il.

Derrière le Jonasz éco-responsable, se niche toujours le Jonasz tendre et rêveur ("Traverser la mer à la nage"), nostalgique ("On était bien tous les deux") ou mélancolique ("La photo effacée"), qu'on a toujours connu. 

Ce disque, aussi, est celui d'un trio reconstitué: Michel Jonasz avec le batteur Manu Katché et le fidèle complice Jean-Yves D'Angelo aux claviers, à nouveau "Unis vers l'uni" (titre de leur dernier album en commun). 

Avec cette équipe, Michel Jonasz rappelle qu'il peut encore, à 72 ans, "groover" et tenir la cadence sur tempo rapide. Le temps d'un "Baby c'est la crise" funky, où ce Al Jarreau made in France redevient alors "Mr Swing".

- "La musique des mots" -

Ce disque dévoile aussi de nouvelles couleurs, inhabituelles et un peu déroutantes: orientales sur "Sombre et la nuit" ou country sur "Le Bonheur frappe à la porte". 

La voix parfois vacille. Sur "La Maison de retraite", une ode déchirante à l'amour plus fort que le temps qui s'écoule, elle prend des accents bréliens. Pas étonnant pour un chanteur qui avait interprété "Les Vieux" sur "Ces Gens-là", un disque en hommage à Brel paru en début d'année.   

Avec, toujours présent, cet art de la formule poétique qui fait tilt: "Le ciel était toujours couleur bleue, indélébile", chante-t-il dans "On était bien tous les deux". Ou encore "Accrocher un hamac à deux nuages, que le vent puisse te bercer" dans "Traverser la mer à la nage".

"Je suis sensible à la musique des mots. Voyez, +indélébile+, comme c'est beau à dire, +dans un couloir bleu+ c'est joli. Il y a des mots qui coulent tout seul", explique Jonasz, biberonné dans sa jeunesse autant à la chanson française qu'au rock'n roll et au rhythm'n blues.

"Je me suis rendu compte très vite que la langue française était magnifique, qu'elle pouvait se prêter à tous les styles et swinguait vraiment", assure-t-il.

"La Méouge, le Rhône, la Durance" s'accompagne d'une tournée. Baptisée "Groove!", la comète Jonasz va traverser la France dans les prochains mois, avec un passage dans le ciel de Paris, au Palais des Sports, le 25 avril prochain.

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