Malaise à l'Opéra de Paris après une étude sur le mal-être des danseurs

Malaise à l'Opéra de Paris après une étude sur le mal-être des danseurs

Au-delà des paillettes et de la grâce des danseurs, l'Opéra de Paris abriterait de grandes carences en terme de management, selon une enquête interne inédite. (Archives)

leparisien.fr, publié le lundi 16 avril 2018 à 16h02

Un sondage inédit auprès des danseurs du Ballet de l'Opéra de Paris révèle des tensions entre la direction d'Aurélie Dupont et la prestigieuse compagnie, déjà ébranlée il y a deux ans par le brusque départ de Benjamin Millepied.

C'est une petite bombe dans le milieu très fermé de la danse. Selon un sondage inédit auprès des danseurs du Ballet de l'Opéra de Paris, 25,9% des artistes interrogés affirment avoir fait l'objet d'un harcèlement sexuel ou été témoin d'un tel agissement. Et toujours selon cette enquête interne tombée entre les mains de certains journalistes, 76,8% danseurs disent avoir été victime de harcèlement moral ou vu un collègue subir un tel traitement.

L'enquête, établi par la Commission d'expression artistique - un organisme interne élu par les danseurs - a ainsi recueilli le témoignage de 132 danseurs, sous couvert de l'anonymat. Les résultats révèlent globalement d'importantes tensions entre la direction d'Aurélie Dupont et la prestigieuse compagnie, déjà ébranlée il y a deux ans par le brusque départ de Benjamin Millepied.

«Méconnaissance » et «manque de dialogue»

Le directeur de l'Opéra de Paris, Stéphane Lissner, a pour sa part affirmé avoir « une confiance totale dans Aurélie Dupont », estimant qu'elle était « une excellente directrice de la danse ». Car au-delà des chiffres du sondage, ce sont les commentaires recueillis auprès des danseurs qui sont durs à l'égard de la remplaçante de Benjamin Millepied. Selon un des danseurs, elle ne semble par exemple «avoir aucune compétence en management, et aucun désir d'acquérir une telle compétence». D'autres dénoncent une « absence criante d'accompagnement », une « méconnaissance ou refus d'écouter les aspirations de beaucoup de danseurs » et surtout un « manque de dialogue ». Et un autre danseur de s'indigner : « Nous sommes des êtres humains, et non des pions que l'on déplace comme bon leur semble. »

Vers plus de transparence ?

Soulignant son « étonnement » sur la diffusion à une partie de la presse de ce document interne, Stéphane Lissner a promis qu'un dialogue sera établi pour « réfléchir calmement et comprendre ce que les danseurs veulent dire » quant ils réclament de l'écoute. Une centaine de danseurs, dont de nombreuses étoiles, ont en outre fait part de leur « stupéfaction » après la diffusion de document qui n'avait pas vocation à s'échapper de l'institution.

Concernant les cas de harcèlement sexuel, Stéphane Lissner a affirmé qu'il y avait une « tolérance zéro » et a appelé les danseurs concernés à en parler avec la direction.

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