Leur mai 68: pour Catherine Breillat, "c'était la chienlit"

Leur mai 68: pour Catherine Breillat, "c'était la chienlit"

Catherine Breillat en 2010 à Toronto

AFP, publié le jeudi 22 mars 2018 à 09h09

La romancière et cinéaste Catherine Breillat, qui a défrayé la chronique pour ses films abordant le sexe d'une façon très crue, avait 19 ans en mai 1968. "Complètement contre" mai 1968, elle était d'accord avec de Gaulle: "c'était la chienlit". 

"J'arrivais des Deux-Sèvres, j'avais le bac, je m'étais inscrite aux Langues orientales à Paris. Avec ma soeur on habitait au Trocadéro, près de la Cinémathèque française, où on passait tout notre temps", se souvient la réalisatrice de "Romance" (1999), "A ma soeur!" (2001) et "Anatomie de l'enfer" (2004). 

"J'avais pris hindi à cause de Krishnamurti. C'était un philosophe indien que je trouvais très beau. Il était maquillé avec du khôl, comme les Egyptiens. C'était ma grande passion, par contre je n'ai pas pu apprendre l'alphabet hindi, parce que c'était hors de ma portée. Mais en fait je voulais juste être à Paris, je voulais être écrivain et metteur en scène et pour ça il fallait être à Paris.

"J'étais complètement contre mai 68, d'ailleurs je suis toujours contre. Je suis d'accord avec le général de Gaulle que c'était la chienlit, des gens inintéressants, sauf (Daniel) Cohn-Bendit que j'aime beaucoup, je le trouve très intelligent. C'est une exception".

"Le discours politique ne m'intéressait pas, ni le fait qu'on dénonce les professeurs comme des mandarins. Moi, je trouve que les professeurs doivent enseigner et que les élèves doivent se taire, écouter et apprendre. Poser des questions peut-être, mais pas apprendre au maître, je trouve ça grotesque".

"Qu'est-ce qui aurait bien pu me faire pencher à gauche? Quand on voyait l'Union soviétique, enfin on voyait ce que c'était quand même!

"Je n'avais aucune conscience politique, j'étais individualiste et j'avais conscience par contre que je détestais ce côté grégaire, communiste, trotskyste, maoïste. Ca n'a pas fait du bien d'ailleurs".

"Toutes les révolutions, et mai 68 n'y a pas fait exception, ont toujours été faites pour museler les femmes. La Révolution française, dont on se targue tant, c'est quoi? C'est liberté, égalité, fraternité. Egalité qui veut dire égalité de tous les hommes à l'exception de toutes les femmes".

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20 commentaires - Leur mai 68: pour Catherine Breillat, "c'était la chienlit"
  • Mai 68 , la chienlit ? OUI ! Comme à l'époque , aujourd'hui , la chienlit c'est Dany , July ... Vive De Gaule !!!

  • La chienlit peut etre, mais Si mai 68 n'avait pas eu lieu, Mme Breillat aurait surement eu des difficultés à faire ses films érotiques. Mai 68 a libéré la censure qui était bien installée sous de Gaulle.
    L'info, comme le reste était toujours vérifiée par le grand patron de la télé c'est à dire le ministre de l'interieur. C'est vrai Mme Breillat que Mai 68 n'aurait pas du se faire cela aurait évité de supporter vos navets

  • Mai 68: J'avais vingt-trois ans et je travaillais (j'ai peut-être bien mérité ma retraite aujourd'hui). Oui, ça été la chienlit, mais surtout une fête et la tête pleine de rêves; on refaisait le vieux monde, tout était envisageable......ça a duré deux mois (les rêves). Oh, on a bien enterré cette société poussiéreuse, surannée et datant du dix-neuvième siècle.. Les filles étaient plus faciles (ça, ça été un chouette changement!...) !...

    Et puis, une nouvelle société aujourd'hui aussi sclérosée qu'hier obnubilée par le pognon et une soit-disant civilisation des loisirs, pourrie par la drogue et incapable de se réformer.

    J'ai bien aimé 68, peut-être parce que j'avais 23 ans et qu'on pouvait rêver.

  • Ben voila: elle a enfin trouvé l'occasion de faire parler d'elle; ça faisait si longtemps.
    Mais 68 a cinquante ans, c'est de l'histoire. Je suis contre la colonisation, elle a eu lieu. La seule manière d'être dans l'action et non un combat d'idées stériles, c'est d'expliquer ces évènements. Les gauchistes et assimilés ne se sont pas révoltés pour embêter Catherine Breillat -dont ils ignoraient l'existence-, mais parce qu'on étouffait dans cette société poussiéreuse, pudibonde, autoritaire et arbitraire.

  • J'ai vu, à Paris et à quinze ans "les événements" , comme on disait alors ;
    on se baladait partout, on rentrait partout, mon école religieuse " faisant grève" !

    Les seuls fils d'ouvriers que j'ai vus au Quartier Latin c'étaient les CRS !

    Ceux qui on créé cette chienlit sont toujours aux leviers de commande et
    la France a une dette de 1500 milliards : il faut bien payer la note .