Le spectacle de Terry Gilliam ovationné à Paris, loin de la polémique

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 Une scène de carnaval dans l'opéra "Benvenuto Cellini" mis en scène par Terry Gilliam à l'Opéra de Paris, répétition du 14 mars 2018

Une scène de carnaval dans l'opéra "Benvenuto Cellini" mis en scène par Terry Gilliam à l'Opéra de Paris, répétition du 14 mars 2018

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© AFP, FRANCOIS GUILLOT
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AFP, publié le mercredi 21 mars 2018 à 12h56

C'est un opéra ambiance carnaval: la première parisienne de l'opéra "Benvenuto Cellini" de Berlioz mis en scène par l'ex-Monty Python Terry Gilliam a été très applaudie, loin de la polémique suscitée par ses propos sur l'affaire Weinstein.

Que se passe-t-il quand un réalisateur britannique s'empare d'un opéra français obscur dont l'action se situe dans la Rome de 1532? 

Le cocktail est explosif: une musique imprévisible signée Hector Berlioz, un spectacle moitié Carnaval de Venise moitié Mardi Gras, avec tout le génie créatif du réalisateur de "Brazil" et "L'armée des Douze singes".

Le succès de cette version haute en couleurs -- montée en 2014 pour le English National Opera -- est une sorte de revanche pour Berlioz qui a connu un échec cuisant il y a 180 ans, la création étant jugée trop excentrique et la musique peu mélodieuse.

"Cet opéra est une belle pagaille", rigole Terry Gilliam dans un entretien avec l'AFP. "J'ai aimé le caractère, j'ai adoré la musique de Berlioz parce qu'elle est si complexe, si exigeante, si belle, si vulgaire..."

L'oeuvre est vaguement inspirée de l'autobiographie un rien sensationnaliste de Benvenuto Cellini, célèbre orfèvre et sculpteur florentin (1500-1571) qui a fasciné la France: Musset s'inspire de ses mémoires pour écrire "Lorenzaccio", Alexandre Dumas pour "Ascanio", et Balzac le mentionne dans "La Peau de chagrin".

Duelliste, aventurier, protégé du pape Clément VII et de François 1er, il rappelle un peu le parcours du Caravage en raison de son tempérament violent, avec au moins deux meurtres et des séjours en prison.

Dans l'opéra réputé difficile à chanter et au livret rocambolesque, Benvenuto (John Osborn) reçoit une commande expresse du pape Clément VII (Marco Spotti) pour exécuter une statue en bronze de Persée, un héros de la mythologie grecque. 

- 'Expérience surréaliste' -

Mais il doit faire face à la jalousie du sculpteur Fieramosca (Audun Iversen), également son rival pour la main de la belle Teresa (Pretty Yende) et préféré du père de celle-ci, Balducci (Maurizio Muraro). 

S'ensuit une tentative d'enlèvement, un assassinat, une apparition papale grandiose sur un trône roulant, pas mal de coups de canons et une pénurie de métal pour fabriquer la statue à la dernière minute. "Si Persée enfin n'est fondu, dès ce soir tu seras pendu", le menace le pape.

L'opéra, qui balance entre comique et tragique, est l'occasion pour Gilliam de monter un fabuleux spectacle dans un décor inspiré du célèbre graveur et architecte italien Piranesi.

Mais le clou du spectacle est son ambiance carnavalesque où le public a droit à des jets de confettis, des clowns géants déambulant dans la salle et des contorsionnistes sur scène, le tout couronné d'une musique exubérante dirigée par Philippe Jordan.

"C'est comme un puzzle. Comment créer une idée ou une image avec toutes ces pièces? (...) c'est une expérience surréaliste de tenter de monter (un opéra) de Berlioz", explique Terry Gilliam.

Si l'histoire à plusieurs moments ne tient pas debout, la mise en scène est si bien ficelée qu'elle tient en haleine jusqu'à l'apothéose.

"Benvenuto Cellini", mis en scène avec la chorégraphe américaine Leah Hausman, est la deuxième expérience de Gilliam dans le domaine de l'opéra après la "Damnation de Faust", également de Berlioz.

L'acteur et célèbre réalisateur de 77 ans a été acclamé à la fin de la représentation mardi soir, effectuant quelques pas de danse dans une ambiance bon enfant. 

Loin de la polémique suscitée par certains de ses propos, dans ce même entretien à l'AFP, sur l'affaire Weinstein. Il avait qualifié le producteur américain, accusé de viols et d'agressions sexuelles, de "monstre" et de "salaud" tout en affirmant que certaines actrices avaient "profité" de lui, déclenchant une polémique à Hollywood et sur les réseaux sociaux. L'actrice Ellen Barkin a notamment accusé ce week-end Terry Gilliam d'avoir eu un comportement sexuellement abusif envers elle dans un ascenseur. 

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