Le Monde justifie la publication de la tribune sur la "liberté d'importuner"

Le Monde justifie la publication de la tribune sur la "liberté d'importuner"

"Nous n'avions pas de doute sur le fait qu'il fallait publier le texte des 100 femmes", explique dans le texte le directeur de la rédaction Luc Bronner

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AFP, publié le samedi 13 janvier 2018 à 15h26

Le médiateur du Monde a justifié samedi la publication de la tribune polémique sur la "liberté d'importuner" signée par une centaine de femmes dont Catherine Deneuve, texte qui a suscité, explique-t-il, un débat interne sur la place à lui accorder.

"Nous n'avions pas de doute sur le fait qu'il fallait publier le texte des 100 femmes", explique dans le texte le directeur de la rédaction Luc Bronner, ajoutant qu'une "task force chargée d'enquêter sur les phénomènes de harcèlement sexuel" a été mise en place il y a deux mois au sein du quotidien qui a décidé de "faire de ces questions une priorité éditoriale pour l'année à venir". 

"Avant même la publication de cette double page, nous avions publié plus d'une dizaine de manchettes, une quarantaine d'enquêtes, reportages et analyses portant sur ces sujets de harcèlement. Sans parler de dizaines d'interviews et de points de vue variés, en général favorables au mouvement #MeToo. Donner la parole à des personnalités défendant des points de vue différents ne posait donc aucun problème de principe", poursuit-il. 

Cette tribune a été publiée dans les pages "Débats" du Monde, dont le rôle est de "susciter des points de vue contradictoires, défendre le pluralisme des idées, animer le débat public", rappelle le médiateur du quotidien, Franck Nouchi.

Mais l'intérêt suscité par le texte sur les réseaux sociaux et à l'étranger a suscité un débat au sein de la rédaction, raconte le médiateur : "tandis que l'audience de ce texte atteignait des scores faramineux, à la rédaction du  Monde, un débat naissait : a-t-on eu raison de publier cet article qui va à l'encontre des  +valeurs+ défendues par le journal ? s'interrogeaient plusieurs jeunes rédactrices et rédacteurs. À l'inverse, d'autres, souvent plus âgés, se demandaient si nous n'étions pas passés à côté d'une manchette choc". 

Du côté des lecteurs, le médiateur relève également "une césure entre les adeptes des réseaux sociaux et les abonnés du  Monde", les premiers critiquant le journal et les seconds les remerciant.

Le quotidien en conclut qu'il faut faire "un effort de présentation de manière à ce que les internautes, moins au fait de la +grammaire+ du  Monde que nos abonnés, comprennent immédiatement qu'ils ont affaire à une tribune et non à un article écrit par un journaliste maison".

 
19 commentaires - Le Monde justifie la publication de la tribune sur la "liberté d'importuner"
  • "Nous n'avions pas de doute sur le fait qu'il fallait publier le texte des 100 femmes", explique dans le texte le directeur de la rédaction Luc Bronner"

    -Que peut-on leur répondre ?
    Le mot d'Audiart, les c. ça ose tout c'est à ça qu'on les reconnaît..

  • -Que peut-on leur répondre ?
    Le mot d'Audiart, les c. ça ose tout c'est à ça qu'on les reconnaît..

  • Je fais partie de ces abonnés du Monde qui le remercient d'avoir publié cette tribune parce que c'est l'honneur d'un journal de donner la parole à tous les points de vue sur tous les sujets, ce qui implique qu'il pense que ses lecteurs sont capables de construire eux-mêmes leur jugement. Hélas, nous vivons depuis trop longtemps dans le pays de la parole unique, kidnappée par une - voire des - minorité qui s'imagine être le sel de la terre alors qu'elle est confite et coincée dans les stéréotypes d'une gauche souvent extrême qui ne sait plus où elle habite ni qui elle est au point qu'un journal se croit obligé de se justifier pour avoir osé dire autre chose que ce qu'il convient de dire selon la doxa du moment !

    En un fin mot, ou un mot de fin, il lui est peut-être présomptueux de vouloir continuer à demeurer 'Belle d'un jour' tout en restant .... La Grande Catherine !

    Il y a erreur sur le titre, ce n'est pas 'Belle d'un jour', mais 'Belle de jour', et en ce qui la concerne Belle de tous les jours - et pas seulement physiquement :-) On aime ces femmes qui n'ont pas peur d'aller à contre-courant et qui sont encore capables de réfléchir au lieu de suivre aveuglément les vociférations du moment.

    Petites précisions - qui s'imposaient - de la Belle de Jour, alias la Grande Catherine, « Je n'aime pas cette caractéristique de notre époque où chacun se sent le droit de juger, d'arbitrer, de condamner. [...] Nous devons vivre ensemble, sans porcs, ni salopes, et j'ai, je le confesse, trouvé ce texte vigoureux, à défaut de le trouver parfaitement juste. » Après avoir redit ses « réserves » sur le mouvement « Balance ton porc », l'actrice exprime aussi son « désaccord avec la manière dont certaines pétitionnaires s'octroient individuellement le droit de se répandre dans les médias. » Dont acte.

    And the show must go on ...
    La polémique est devenue une institution, Ayalou. Il faut du spectacle, et donc de la division, bagarre des mots et des attitudes, sans lesquelles on ne sent sent pas exister.
    L'ambiance hautement politique a marqué le débat de son empreinte. Tout est blanc ou noir, bon ou mauvais.
    Merci au monde de s'être démarqué des uns et des autres et d'avoir démontré ce que c'est que la liberté de dire et de contredire.

    Il n'y a plus que ça, Jani, des polémiques et des dérapages, les propos qu'il ne faut pas tenir et ceux qui sont obligatoires, bref le ministère de la parole (il a/avait été question d'en créer un, où en sommes-nous..?) nous dit ce qu'il faut penser, donc ce qu'il convient de dire. Il faut dire que ce quinquennat n'a (encore) rien inventé et nous sommes dans la suite logique du précédent qui a déterminé, à défaut de faire quelque chose pour les problèmes réels du pays, les mots à utiliser et ceux qu'il convient de sortir du dictionnaire. Il n'avait pas si tort que ça Noël Mamère lorsqu'il disait que "les Français oublient vite"...:-) L'indignation a remplacé l'action et la réflexion.

    Tiens, à ce propos d'oublieuse mémoire, revoir "Ridicule" de Patrice Leconte dont nous parlions il y a peu. Que de similitudes ! Quel regard aurait-il, le Marquis de Bellegarde/Jean Rochefort, sur la cour de notre époque ?

    Ridicule, c'est exactement ça mais pas seulement. Elle est en plus prétentieuse, suffisante, sans même être sûr de sa compétence et ça c'est encore plus embêtant.

    Pour terminer cette polémique à propos de cette dame qui se veut grande sans être une "catherine" (et non une catherinette) je précise que tous les mots employés dans mes billets ont une implication dans leur utilisation.
    Ainsi le "d'un" est volontairement remplacé du "de" car ce n'est pas à un cinéphile comme moi que l'on va me reprocher des mauvais titres ou des approximations à ce sujet.
    Donc, je maintiens ce que j'ai écrit; elle fut belle d'un jour grâce à cet immense Luis mais arrivé à un certain (grand) âge, on se doit de rester coi et sa signature doit lui faire mal après coup en connaissant ce jour son rétropédalage bafouillant ....
    Sûr, elle n'a pas connu les désagréments qui ont été révélés par certaines car elle, elle rechercherait plutôt l'adulation servile lors de défilés de mode ou autre manifestation montrant sa binette .
    En évoquant pour terminer, le viol - il n'y a pas d'autre mot - d'un être cher par son patron afin de faciliter un règlement financier et familial, ce qu'elle n'a surtout pas connu ....
    Je vous laisse à son adoration et à votre trio de chers philosophes bien silencieux sur ce douloureux problème.

    Il n'y a pas de polémique, malgré tout le désir que vous en avez, et ces jugements sans nuance avec exemples "personnels" à l'appui, comme d'habitude, manquent vraiment de ..... ? Quant à vous mettre dans la peau des autres et à essayer de penser à leur place, je vous en prie ne vous donnez pas cette peine surtout quand vous prétendez savoir mieux que les femmes ce qu'elles pensent de ce "douloureux problème".

    "Dont acte" en reconnaissant que cette belle d'un jour connaît mieux que personne ce que subissent les femmes dans les transports en commun ou les relations au travail par exemple car parlant sûrement d'expérience ....
    Et ceci dit "sans prétention" puisqu'il est fortement déconseillé sur ce journal de faire état d'expérience vécue, la seule lecture de livres désuets - notamment de pseudos philosophes - permettant de soliloquer sur les aléas de la vie .

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    akronous  (privé) -

    Et vous prétendez, arausio, " chaperonner des chenapans " ! Plus d'un s'en inquiéterait.

    Vous êtes ventriloque ? ...:-) Quelle tristesse de réduire les débats à, "de toute façon j'ai raison".

  • Liberté de paroles, mais de mensonges qui devraient être condamnés juridiquement!

  • C'est une façon de défendre la liberté de la presse et la liberté d'expression, n'en déplaise a certain merci au journal le Monde

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