Le duo mexicain Rodrigo y Gabriela de retour avec un album méditatif

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Les guitaristes mexicains Rodrigo Sanchez et Gabriela Quintero en concert, le 20 mai 2019 à New York
Les guitaristes mexicains Rodrigo Sanchez et Gabriela Quintero en concert, le 20 mai 2019 à New York
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© AFP, Johannes EISELE

AFP, publié le mercredi 22 mai 2019 à 07h52

Loin de la scène dominante du rap, le duo d'origine mexicaine Rodrigo y Gabriela et leurs guitares acoustiques mêlant hard rock et flamenco continue sur le chemin du succès, avec un nouvel album plus méditatif, "Mettavolution", porté par une tournée internationale.  

Le duo, qui n'utilise que des guitares acoustiques aux cordes de nylon, a percé à l'international grâce au succès de son album éponyme sorti en 2006. Ils ont commencé à jouer ensemble à Mexico, dans un groupe de métal, puis sont partis pour Dublin en 1999 et se sont produits dans les rues pendant plusieurs années avant de connaître le succès, à la fois en Europe et aux Etats-Unis.

En 2010, c'est la consécration: ils jouent à la Maison Blanche, devant deux grands fans, Michelle et Barack Obama, et un président mexicain ébahi.

Connus sur scène pour leurs riffs puissants, sauts et poses appuyées, leur nouvel album - leur premier enregistré en studio depuis cinq ans - est plus mélodieux que les précédents. Un son auquel ils sont arrivés en composant d'abord la musique avec des paroles, avant de retirer les paroles pour laisser place à la méditation.

"Quand on était enfants on ne savait pas ce qu'était l'anxiété", a expliqué à l'AFP Rodrigo Sanchez, les cheveux teints en bleu électrique avant un concert à New York. 

"C'est seulement il y a quelques années qu'on a commencé à mieux comprendre, car la psychologie a commencé à étudier plus les effets de la méditation, qui peut effectivement aider à gérer ces émotions".

- "Langue de l'émotion" -

Selon lui, l'album évoque "le basculement dans la conscience" du duo, aujourd'hui la quarantaine bien sonnée. 

Devenus tous deux vegan, ils s'intéressent au bouddhisme et à la spiritualité, qui leur a fait comprendre qu'"on ne fait pas de la musique juste parce qu'on aime ça".

Pour Gabriela Quintero, "Mettavolution" --un terme forgé avec les mots "évolution" et "metta", qui signifie compassion en sanskrit-- évoque aussi les angoisses de l'époque moderne, du changement climatique à l'intelligence artificielle en passant par le désarmement nucléaire.

"Ce sont de grandes inquiétudes, et pour nous c'est important de les exprimer", dit-elle. "Musicalement, même si vous n'avez pas de paroles, vous pouvez exprimer cela... car la musique est la langue de l'émotion".

C'est ainsi que le duo réinvente le morceau psychédélique emblématique des Pink Floyd, "Echoes" (1971). 

Rodrigo et Gabriela, qui furent un couple pendant des années, sont à la fois fidèles à ce morceau quasi-surréaliste d'une vingtaine de minutes, tout en y injectant leur propre son et les coups de percussions typiques de Gabriela.

"+Echoes+ signifie une vraie connexion avec notre propre humanité, afin de pouvoir se connecter au reste du monde", a expliqué Rodrigo au public venu les écouter à Manhattan. "Aujourd'hui, c'est plus important que jamais, car nous sommes à une époque où une technologie formidable nous maintient connectés, mais sans vraie profondeur".

Après New York, leur tournée doit les emmener à Los Angeles, Londres et dans plusieurs villes françaises dont Paris, Montpellier, Nantes et Toulouse. 

Ils envisagent ensuite de travailler à des comédies musicales ou des films.

Avec l'avènement du streaming, "il n'y a plus de règles" dans l'industrie musicale, souligne Rodrigo. "J'espère qu'on trouvera deux ou trois choses sur lesquelles se concentrer et qu'on puisse développer, tout en continuant à jouer."

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