Laurent Voulzy, une belle "rockollection" d'héroïnes

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Laurent Voulzy au festival des Vieilles Charrues, à Carhaix, en juillet 2016
Laurent Voulzy au festival des Vieilles Charrues, à Carhaix, en juillet 2016
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© AFP, FRED TANNEAU
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, publié le mardi 01 décembre 2020 à 09h39

Kim Wilde, Mary Quant ou encore Amélie Colbert: Laurent Voulzy revient pour l'AFP sur les muses de son répertoire, réelles ou fictives, à l'occasion d'un best-of, "Florilège", prévu ce vendredi (chez Columbia/Sony).

. "Les nuits sans Kim Wilde" (1985), du fantasme à la décapotable. 

Quand la star anglaise passe à la télé, Laurent Voulzy, aimanté, l'enregistre au magnétoscope. A la pause thé d'une séance avec son complice Alain Souchon, il lui montre la vidéo. "Il comprend pourquoi elle me fait rêver (rires), puis on a attaqué la chanson sur elle", se souvient Voulzy. Et si elle y posait sa voix? "J'ai appelé un copain dans sa maison de disques, je l'entends encore me dire: +ben voyons...+". Voulzy la rencontre sur un plateau télé. 

"J'ose à peine lui parler, elle se dit +mais qu'est-ce c'est que ce mec?+ (rires), mais demande une maquette". Bingo. Direction un studio dans la campagne anglaise. Et Kim Wilde dit au micro: "Laurent, il est l'heure de dormir maintenant/Enlève tes lunettes". "On a ensuite dîné dans un pub avec elle et sa famille, puis elle m'a raccompagné à Londres, dans sa décapotable, un soir d'été sous la lune, alors qu'avant je la regardais à la télé (rires). On est restés amis depuis". 

  

. "Mary Quant" (2001), mini-jupes et Beatles

"J'ai vécu l'arrivée des mini-jupes et tout a été transformé, pas seulement les vêtements, ça été révolutionnaire pour tout une époque", se remémore Voulzy. "C'est Alain qui a eu l'idée de faire une chanson sur Mary Quant", styliste anglaise qui a contribué à populariser la mini-jupe. Ce titre transpire musicalement l'amour de Voulzy pour les Beatles. 

"Pour que ça sonne +Swinging London+, mon batteur a ramené une vieille batterie, la même que celle de Ringo Starr. Elle n'est d'ailleurs plus jamais partie de chez moi (rires). Mon batteur disait l'avoir acheté à New-York, et je me demande si les Beatles, au lieu de voyager avec leurs instruments, n'en trouvaient pas déjà sur place...". Le 18 décembre sort le nouvel album solo de Paul McCartney: "Ca tombe bien, c'est mon anniversaire, il a dû le faire exprès! (rires)". 

. "Amélie Colbert" (2001), miroir de l'âme

Il s'agit cette fois d'un personnage inventé par Voulzy - "j'ai trouvé un nom qui faisait très antillais" - mais qui lui permet de se livrer. "C'est une chanson qui dormait en moi depuis longtemps, c'est le fond de mon âme, et c'est aussi mon ressenti de la Guadeloupe, où je n'ai été qu'à 35 ans (il est né il y a 71 ans en métropole, où était partie sa mère, son père restant sur l'île, ndlr)". "Mais la Guadeloupe, je connaissais un peu, à la maison, par la danse, la cuisine, la boisson, le créole, et ce que me racontait ma mère sur le bal du gouverneur". La chanson, qui repose sur une biguine, évoque ces peaux, noire et blanche, qui donnent une autre couleur à la vie quand elles se mélangent, thème humaniste et anti-raciste qu'on retrouvera dans "Le soleil donne".

. Alain Souchon, l'autre homme qui aimait les femmes   

L'interview tourne autour des figures féminines, mais un prénom masculin revient sans cesse, avec Alain (Souchon). Mais, au fait, comment ça a commencé? 

"La première fois qu'on s'est rencontrés, c'est chez le PDG de notre maison de disques, qui avait invité ses artistes, ceux qui avaient du succès - Yves Simon, Antoine - ceux qui avaient un petit succès, comme Alain, et ceux qui n'en avaient pas, comme moi (rires)". "On chantait chacun quelque chose, je lui avais dit que j'avais aimé sa chanson, et Alain a cru que je me foutais de lui: +ah ouais, toi tu joues les Beatles avec de jolis accords et moi, mon petit truc, tu trouves ça bien...+ (rires)". "Puis on m'a proposé de faire les arrangements pour lui, j'ai dit +pourquoi pas?+. Au bout de 15 jours, tous les deux, on avait +J'ai dix ans+".

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