La théorie de l'évolution de Shaka Ponk: voir toujours plus grand

La théorie de l'évolution de Shaka Ponk: voir toujours plus grand

François Charon, chanteur de Shaka Ponk, à La Rochelle le 12 juillet 2014

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AFP, publié le lundi 20 novembre 2017 à 14h38

"On a la pression, car on a placé la barre très haut!" : Le groupe de rock Shaka Ponk, réputé pour ses concerts spectaculaires, vient de sortir son sixième album "The Evol'" et finalise sa prochaine tournée pour laquelle il "a tout mis, comme Besson pour Valerian".

Depuis ses débuts en 2004, Shaka Ponk est un phénomène à part dans le paysage rock hexagonal. Sa musique, essentiellement chantée en anglais, allie métal, funk, électro, hip hop avec une énergie qui trouve toute son expression dans des shows où la prouesse est aussi technologique, avec des visuels en 3D.

Un singe virtuel baptisé Goz faisait même office de chanteur au début de l'aventure, avant qu'une panne d'ordinateur n'oblige Frah, un des leaders, à s'emparer définitivement du micro. Goz est néanmoins resté omniprésent, dans le rôle de mascotte visible en concerts et dans les clips.

Il sera là sur scène lors de la tournée très attendue des fans, qui débutera le 20 janvier à Lille, passera par Paris-Bercy le 23 mars, Bruxelles le 24 ou encore Genève le 14 avril. De grandes salles prévues pour accueillir des concerts préparés avec minutie. 

"On a tout mis en termes de moyens, de temps, d'investissement personnel, tout... Comme (Luc) Besson pour son Valerian. Mais on espère que ça marchera mieux pour nous", dit en souriant Frah, le leader aux cheveux longs.

"En termes de scénographie, on a été très ambitieux. Le travail est colossal. Il y aura du vrai décor, une jungle un peu apocalyptique, des images qu'on a créées nous-mêmes, et là on bosse la chorégraphie", détaille-t-il, en recevant l'AFP dans le QG du groupe installé non loin du Bataclan à Paris.

A la fois studio d'enregistrement et de fabrication des visuels, ce repaire, où les membres de Shaka Ponk travaillent depuis deux ans à ce nouveau projet, est truffé d'ordinateurs, de câbles, d'instruments de musique, d'écrans. Dans ce capharnaüm technologique, trône un "Stormtrooper" sorti de Star Wars.

- Edouard Baer slameur -

C'est également un lieu de vie, de partage et de fêtes, où la peur s'est aussi violemment abattue le 13 novembre 2015, le soir des attentats de Paris. Entamé dans cette période particulièrement troublée, "The Evol'" entremêle plusieurs thèmes.

"Il y a évidemment l'idée darwinienne d'évolution, mais surtout d'un point de vue spirituel", décrypte Samaha Sam, l'autre voix, féminine, du groupe. "+Evol+ c'est aussi l'anagramme de +love+ et ça sonne phonétiquement comme +evil+", le mal en anglais, complète Frah.

"C'est cette ambiguïté humaine qu'on avait envie de mettre en exergue. C'est comme cela qu'on perçoit l'homme, surtout après tout ce qu'on a vécu à Paris... Avec une question: sommes-nous des êtres évolués?", synthétise la jeune femme aux allures d'amazone.

L'évolution musicale de Shaka Ponk est elle encore timide, même si le single "Mysterious Ways" s'aventure vers la pop période bleue des Beatles. "On s'est autorisé un peu plus de poésie", sourit Frah.

Sur "Slam Slam'Ed", on entend la voix du comédien-trublion Edouard Baer qui slame et se prend pour un musicien, dans l'euphorie d'après concert. Un moment savoureux.

"Il est délirant, dit Samaha Sam. On lui expliquait comment ça se passe en tournée. Il nous écoutait et regardait avec intensité, on aurait dit qu'il nous sentait. Et puis là: +micro, on y va!+ Il a tout improvisé. C'était assez fou, dès la première prise on avait quasiment tout."

L'évolution selon Shaka Ponk est surtout écologique. Début 2018, le groupe, très engagé sur la question, va dévoiler, avec le soutien de la fondation pour la nature et l'homme (ex- fondation Hulot), 50 gestes à faire ou ne pas faire pour améliorer son empreinte. "On est en train d'enrôler des artistes dans notre secte", prévient Frah.

 
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