La "Manufacture de vinyles" veut se tailler une part de la "galette"

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 (de G à D): Emmanuelle Margueron, Philippe Margueron et Lionel Daviet, les trois associés de la "Manufacture de vinyles", posent dans leur atelier à Lathuile le 5 décembre 2017

(de G à D): Emmanuelle Margueron, Philippe Margueron et Lionel Daviet, les trois associés de la "Manufacture de vinyles", posent dans leur atelier à Lathuile le 5 décembre 2017

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© AFP, JEAN-PIERRE CLATOT
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AFP, publié le dimanche 10 décembre 2017 à 15h40

Derrière l'industriel MPO, fabricant historique de disques vinyles en France, des artisans misent à leur tour sur la célèbre galette noire : près d'Annecy, la "Manufacture de vinyles" s'est lancée sur ce marché en pleine renaissance en jouant la fragile partition de la production musicale indépendante.

Opérationnel depuis octobre après plusieurs mois d'essais, cet atelier de pressage de 300 mètres carrés, spécialisé dans la conception de 33 tours de 140 grammes et de "Maxi 45", cherche à se démarquer avec une production semi-artisanale de petites séries, entre 150 et 2.000 exemplaires.

"Un gage de qualité" face au "tout automatisé", estiment Philippe Margueron, Lionel Daviet et Emmanuelle Margueron, les trois associés haut-savoyards à l'origine de cette manufacture établie depuis neuf mois à Lathuile, au sud du Lac d'Annecy, dont ils assument seuls l'entière activité quotidienne.

"Notre marché, ce sont les groupes et les labels indépendants, qui sont plus de 3.000 en France. Nous voulons leur donner la possibilité de vendre leur musique car les plateformes légales (en ligne) ne leur rapportent rien", explique Philippe Margueron.

L'idée naît il y a deux ans dans l'esprit de ces trois passionnés qui écument régulièrement les vide-greniers à la recherche de la perle rare en 33 ou 45 tours. Dans les bacs des particuliers et des disquaires, ils font le constat que les œuvres musicales indépendantes, d'envergure nationale ou locales, peinent à exister sur le marché du vinyle.

- 'À dimension humaine' -

"Les petits labels qui toquent à la porte du principal fabriquant français font face à des délais faramineux car ses presses sont monopolisées par les majors et les rééditions", fait remarquer Philippe Margueron.

Le trio commence à se documenter, contacte l'industrie musicale pour affiner son étude de marché et s'entoure de spécialistes du secteur en France et en Europe pour identifier les "erreurs techniques et d'infrastructure à ne pas commettre". Il se rapproche également, aux États-Unis, de "Third Man Records", le label du guitariste américain Jack White, ex-leader des White Stripes, qui a fait installer une usine de pressage à Détroit.

Régulièrement, l'équipe se rend également en Italie ou en Allemagne pour s'initier aux techniques de conception d'un vinyle dans des ateliers en activité.

"On s'est rendu compte qu'il n'existe pas de transmission de ce métier. Tous les conseils de ces interlocuteurs ont été précieux. Ils ont aussi donné de la crédibilité à notre démarche, qu'on souhaitait à dimension humaine et dans le respect des choix artistiques", se souvient Lionel Daviet.

Pour financer l'achat d'une presse semi-automatique - environ 250.000 euros - autorisant davantage de précision dans les finitions grâce à l'intervention humaine, les trois associés proposent aux groupes et aux labels intéressés par l'initiative la prévente de packs.

Dans une démarche écologique, ils s'associent à un imprimeur "éco-responsable" (basé à l'étranger) pour faire réaliser les pochettes des disques et recyclent dans le circuit de production les chutes de PVC servant à les fabriquer.

Pour l'heure, l'essentiel des commandes de la "Manufacture" - où le coût de production de chaque vinyle, pochette comprise, oscille entre 3 et 8 euros - provient de France et de Belgique, mais aussi de Suisse, où il n'existe aucune usine de pressage. Pour faire face à une demande croissante, le trio envisage l'achat d'une seconde presse et l'embauche de salariés en 2018.

"Tandis que le CD dégringole, le vinyle prend de la valeur et les platines se vendent. C'est la nouvelle génération, celle qui n'a connu que le téléchargement, qui se met à en acheter. Les indicateurs sont positifs et le marché n'est pas parti pour s'arrêter", estime Philippe Margueron.

 
13 commentaires - La "Manufacture de vinyles" veut se tailler une part de la "galette"
  • une bonne platine Thorens ou Rega ; une bonne cellule, un bon préampli + un bon ampli et une belle paires d'enceintes au minimum 5000€ pais quel régal.

  • bravo pour l'explication d'emax 2 ! :
    le COMPACT DISC et de surplus le MP3 ampute le signal audio en le codifiant si bien qu'on ampute le spectre audio appauvrissant ainsi le rendu sonore.
    DISQUE VINYLE : beaucoup d'instruments de musique affichent un spectre audio qui va bien au delà des 20 khz (trompette, percussions). Sa phase linéaire peut aller jusqu'à 30 khz contribuant ainsi à avoir une image spatiale plus stable et plus précise si bien que l'acoustique du lieu de prise de son est meilleur. MAIS :
    petits craquements !! les Clicks et les Crackles !! + un peu de souffle et bruit de fond !! corrigés de plus en plus par une électronique performante.

  • bravo pour l'explication d'emax 2 ! : le compact disc ampute le signal audio en le codifiant si bien qu'on ampute le spectre audio donc moins de précision d'une image spatiale stable et précise. L'acoustique en est donc meilleur !! MAIS petits craquements !! les Clicks et les Crackles !! + un peu de souffle et bruit de fond !! ...

  • On peut souhaiter à cette entreprise tous les succès commerciaux et financiers qu'elle mérite.
    On peut aussi saluer l'intuition de son dirigeant et sa perspicacité.
    C'est une bonne claque au son numérisé et à la musique codée qui semble n'avoir été faite que pour la House, la dance Floor et le R&B(*).
    (*) A ne pas confondre avec le Rythm and Blues des années 70.

  • Vont-ils aussi ressortir les cassettes permettant d'enregistrer ? Et cela ne va-t-il pas à l'encontre de la préservation des ressources naturelles (pétrole , arbres ...).
    Concernant les CD à l'époque de leur sortie on vantait la qualité sonore et larésistance ;Puis il y a eu les copieurs de salon pour remplacer les lecteurs/enregistreurs de K7 .
    Il était prévu plusieurs qualité de CD ADD AAD et DDD les DDD étant soit disant les meilleurs , mais en réalité très rare , les maisons de disque préfèrant faire des économies en gardant les anciens materiels de fabrication et vendre les produits ADD et AAD au même prix que les DDD.
    Il reste qu'une enceinte est un système analogique.

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