La maison Hermès révèle ses secrets à Lyon

La maison Hermès révèle ses secrets à Lyon
La grande maison de luxe a installé des ateliers éphémères dans la salle de la corbeille du palais de la Bourse pour faire découvrir la variété des métiers qui participent à sa renommée.
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leparisien.fr, publié le lundi 25 juin 2018 à 09h39

Sacs à main, carrés de soie, cravates, vaisselle, bijoux, montres, cristallerie, selles de cheval... La maison de luxe française dévoile le travail de ses artisans.

Après Tokyo, Paris, Milan, Melbourne, et avant Moscou, « Hermès hors les murs » s'arrête à Lyon. Ici, l'exposition des métiers de l'artisanat du fleuron du luxe français prend une dimension particulière. Sa région abrite historiquement plusieurs ateliers de la maison familiale fondée en 1837.

Elle ne compte pas moins de quatre maroquineries ouvertes entre 1989 et 2015 à Pierre-Bénite (Rhône), Aix-les-Bains (Savoie), Belley (Ain) et Les Abrets (Isère). Mais elle y a implanté également l'ensemble de sa filière textile, dont un atelier de confection à Pierre-Bénite (Rhône), où sont fabriqués carrés de soie et cravates.

Travail d'orfèvre par une dizaine d'artisans

Sous les ors de la salle de la corbeille du palais de la Bourse de Lyon (Rhône), voilà une dizaine d'artisans de la maison Hermès mis en scène pour montrer au public les gestes, techniques, savoir-faire, talents et secrets de fabrication de la prestigieuse marque française.

Les rencontres avec les artisans se tiennent jusqu'au 1er juillet à Lyon./Sébastien Boudot

Comment sont fabriqués les célèbres sacs Kelly ? La sellière joint le geste à la parole pour montrer comment est monté le passepoil qui finit les bords du sac qu'elle réalise entièrement avant de le signer. On les trouve en boutique à des prix affichant souvent cinq chiffres, mais il faut généralement passer commande et attendre entre six mois et deux ans pour devenir propriétaire de l'un de ces petits bijoux. Ceci à cause de la rareté des cuirs.

Le fameux carré objet de toutes les curiosités

« Nous avons nos propres élevages en France et aux Etats-Unis, ainsi que nos propres tanneries, explique l'ouvrière aux doigts de fée. Les cuirs doivent être parfaits, sans cicatrices. Nous réalisons nos propres couleurs. » A côté, une collègue s'applique à peindre les motifs colorés sur les assiettes, suivie par une jeune femme qui, elle, se concentre sur le « roulottage » des carrés de soie. Le geste est précis, le pouce gauche roule le bord du foulard, la main droite le pique au fil de soie. « Il faut plusieurs mois d'apprentissage », confie la roulotteuse pour répondre aux questions des visiteuses émerveillées.

Mais, avant cette finition particulière, il s'agit de fabriquer le fameux carré. Le stand montre en direct le processus d'impression. Selon la technique dite « à la lyonnaise », on passe les couleurs par raclage sur les cadres. « Nous avons 40 dessinateurs qui réalisent les motifs pour nous », explique le responsable de l'atelier.

Trois ans de formation sont nécessaires pour maîtriser ce savoir-faire./Sébastien Boudot

« Ensuite, les dessins sont scannés, gravés au stylet, c'est très compliqué et très long. Les couleurs sont alors passées sur le cadre, de la plus foncée à la plus claire. » Pour maîtriser ce savoir-faire, il ne faut pas moins de trois ans de formation. Après le sertissage des bijoux, le montage des montres, voilà Ricardo qui monte une selle. Lui-même est cavalier, « indispensable pour faire ce travail », précise-il. Chaque selle, réalisée sur mesure par le même artisan, nécessite entre 35 et 40 heures de travail.

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