La directrice française du Musée des beaux-arts de Montréal congédiée

La directrice française du Musée des beaux-arts de Montréal congédiée
La directrice générale du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, lors d'une conférence de presse à New York, aux Etats-Unis, le 23 octobre 2013

, publié le lundi 13 juillet 2020 à 23h58

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a annoncé lundi mettre fin immédiatement au contrat de sa directrice générale et conservatrice, la Française Nathalie Bondil, invoquant notamment des accusations de harcèlement psychologique.

Le conseil d'administration a indiqué dans un communiqué avoir pris "à regret" cette décision au sujet de Mme Bondil. Cette diplômée de l'Ecole du Louvre était arrivée au MBAM en 1999 et le dirigeait depuis 2007.

"Depuis l'an dernier, le Musée a vu plusieurs départs d'employés clés et a été mis au courant de témoignages troublants d'employés faisant état d'une détérioration évidente du climat de travail", précise le communiqué.

Alerté à l'automne par le syndicat, le conseil d'administration dit avoir mandaté une firme extérieure pour "établir un diagnostic indépendant". Le rapport préparé par cette firme évoquait un environnement de travail qualifié de "toxique" par "certains employés", selon le conseil.

"Au cours des derniers mois, les tentatives maintes fois répétées par le conseil d'administration de trouver une solution à cette situation devenue intolérable se sont butées à l'inflexibilité de Mme Bondil et à son déni de plusieurs conclusions pourtant sans appel du rapport", selon le communiqué.

En outre, "les allégations de harcèlement psychologique au sein de la direction de la conservation du Musée persistent", selon le communiqué.

Le conseil invoque "le refus catégorique" de Mme Bondil d'accepter un compromis pour "mettre fin immédiatement à son emploi", plutôt qu'à la fin de son contrat en juin 2021.

"Madame Bondil a contribué de façon significative au développement du Musée", reconnaît le conseil en qualifiant de "regrettable" la fin d'une "association remarquable de plus de 21 années".

"Il est toutefois triste de constater que le visage humaniste du Musée instauré par madame Bondil ne trouvait pas écho à l'intérieur même de ses murs", affirme le président du conseil Michel de la Chenelière, qui assurera l'interim en attendant la nomination d'un successeur.

Jeudi dernier, Mme Bondil avait reçu le soutien de la ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, "estomaquée" par cette affaire.

"Nathalie Bondil est une sommité mondiale dans le monde muséal - et une femme directrice générale, qui plus est - qui fait un travail remarquable au MBAM", avait-elle déclaré au quotidien La Presse. "Je ne comprends pas pourquoi le conseil d'administration voudrait se priver de ses services alors que les grands musées de ce monde se l'arrachent".

Mme Bondil n'avait pas publiquement réagi à son éviction lundi après-midi.

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