L'Ukraine marque le deuxième anniversaire du meurtre non élucidé d'un journaliste

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Une journaliste participe le 20 juillet 2018 à Kiev à un hommage au journaliste ukrainien Pavel Cheremet deux ans après son meurtre non élucidé
Une journaliste participe le 20 juillet 2018 à Kiev à un hommage au journaliste ukrainien Pavel Cheremet deux ans après son meurtre non élucidé
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© AFP, Sergei SUPINSKY

AFP, publié le vendredi 20 juillet 2018 à 15h21

Des dizaines de personnes, parmi lesquelles des diplomates ukrainiens et étrangers, se sont réunies vendredi à Kiev pour rendre hommage au journaliste Pavel Cheremet, deux ans après son meurtre non élucidé dans la capitale ukrainienne.

Journaliste pro-occidental, critique acerbe à la fois des pouvoirs russe, ukrainien et bélarusse, Pavel Cheremet a été tué le 20 juillet 2016 par l'explosion d'une bombe placée dans la voiture qu'il conduisait à Kiev.

Les amis et collègues du journaliste sont venus lui rendre hommage vendredi sur le lieu de son assassinat et y déposer des fleurs, brandissant des pancartes "Deux ans. Les assassins n'ont toujours pas été retrouvés".

La rédactrice en chef du site internet Ukraïnska Pravda, Sevguil Moussaïeva-Borovyk, a pour sa part dénoncé le silence des autorités sur ce sujet, les appelant à dévoiler les résultats de l'enquête ou à reconnaître "leur inefficacité absolue".

"Rester simplement silencieux est inadmissible", a-t-elle souligné.

"Aujourd'hui, deux ans après son meurtre, nous nous souvenons de Pavel Cheremet, un journaliste doué et intrépide. Les responsables doivent être traduits en justice", a écrit sur Twitter l'ambassade du Royaume-Uni en Ukraine, tandis que l'ambassadrice américaine Marie Yovanovitch s'est rendue sur le lieu du meurtre.

Récompensé par de nombreux prix, le journaliste de 44 ans était réputé pour son indépendance. Il travaillait pour l'influent site d'information Ukraïnska Pravda et animait une émission matinale sur Radio Vesti.

Deux ans après son assassinat, l'enquête ne semble guère avancer malgré les promesses du président ukrainien Petro Porochenko de retrouver les coupables.

Selon le Parquet ukrainien, plusieurs pistes liées à sa vie privée comme à sa vie professionnelle sont examinées par les enquêteurs et des "dizaines de personnes ont été interrogées".

Le journaliste avait travaillé pour la télévision nationale bélarusse avant de quitter le Bélarus à cause d'un conflit avec le régime du président Alexandre Loukachenko et de fonder un populaire site internet d'information, Belarousski Partizan.

Il s'était ensuite installé en Russie où il avait obtenu la nationalité russe et travaillé pour deux chaînes de télévision publiques russes, avant de se rapprocher de l'opposition et de démissionner en 2014 en protestation contre la ligne éditoriale de ses employeurs.

Il avait alors déménagé à Kiev, où il n'avait pas hésité à s'attaquer à M. Porochenko ou à l'élite politique ukrainienne, tout en continuant à critiquer le président russe Vladimir Poutine.

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