L'"Orchestre debout" célèbre un mois d'existence de Nuit Debout sur la place de la République

L'"Orchestre debout" célèbre un mois d'existence de Nuit Debout sur la place de la République
400 musiciens et chanteurs se sont rassemblés pour un "Orchestre debout" ce samedi 30 avril 2016, un mois après la première Nuit Debout.

, publié le dimanche 01 mai 2016 à 08h07

300 musiciens et 150 choristes, réunis par l'intermédiaire des réseaux sociaux, ont investi la place de la République à Paris pour célébrer le premier mois d'existence du mouvement "Nuit Debout".

L'opéra Nabucco de Verdi au cœur de la nuit parisienne : le public rassemblé place de la République à Paris a acclamé l'"Orchestre debout" qui s'est installé ce samedi 30 avril au pied de la statue, un mois après la première "Nuit debout".

Partitions éclairées à la lampe frontale ou au portable, doigts des violonistes engourdis par le froid et les acclamations d'un public enthousiaste de quelques milliers de personnes, quand résonnent les premiers cuivres de la symphonie du nouveau monde de Dvorak.

Cet "Orchestre debout", surnom que se sont donnés ces musiciens réunis via les réseaux sociaux, faisait son retour à République dix jours après une première prestation au soir du 20 avril, quand il avait remporté un franc succès avec son interprétation de cette célèbre pièce d'Anton Dvorak. Samedi, ils ont étoffé leur répertoire et reçu le renfort de choristes pour jouer l'"Hymne à la joie" de la symphonie n°9 de Ludwig van Beethoven, puis le "Chœur des esclaves" du Nabucco de Giuseppe Verdi, avant de reprendre leur succès fondateur du "Nouveau monde" et, pour finir, un bis de Verdi en rappel.



Musiciens amateurs ou professionnels, en tenue de ville, avaient convergé en début de soirée pour l'unique répétition à ciel ouvert, aux quatre coins de la place de la République.

Après une demi-heure de concert, la prestation a été saluée spontanément par un "Bella ciao" improvisé.



- Une organisation bien rodée -

"Ça m'a émue. La Symphonie du nouveau monde, c'est impressionnant", confie Mathilde, tromboniste amateur de 24 ans. "Juste avec les images, on sentait la communion avec le public, l'émotion dans l'air", confie un violoniste trentenaire qui veut rester anonyme. Tous se sont inscrits sur la page Facebook créée pour l'occasion, ont téléchargé la partition sur un site de téléchargement libre de droits et les voilà au pied de la statue. Une répétition par groupes (cordes, bois, cuivres, chœur) d'une heure et demie a assuré les réglages. "C'est majoritairement des amateurs, donc il n'y a pas vraiment d'exigence artistique.

On fait en sorte que ça tienne debout", explique Guillaume Durand, choriste professionnel de 29 ans. "La répétition s'est faite de manière plutôt efficace, contrairement à ce qu'on entend sur ce mouvement qui ne sait pas s'organiser", sourit le jeune homme, qui se dit "écologiste" et que les thématiques lancées par le mouvement Nuit debout "touchent".



Le 30 avril marque le premier mois d'existence de ce mouvement citoyen, lancé le 31 mars sur la place de la République à Paris avant de se propager dans plusieurs dizaines de villes de France. Pour le violoniste anonyme, "ça montre une autre image de ce mouvement, trop souvent réduit à des violences ou du vandalisme". Les morceaux ont été choisis par un sondage sur la page Facebook. "L'idée était que, dans le corpus de ce qui était faisable, on trouve des œuvres symboliques", explique Sylvain Haderlé, pianiste de 24 ans venu chanter avec son ami Guillaume. La Symphonie du nouveau monde, qui évoque initialement l'Amérique, "prend une résonance particulière" sur le lieu de rassemblement d'un mouvement qui cherche des alternatives au système existant, souligne le violoniste.

Créé en 1842 à la Scala de Milan, la capitale lombarde alors sous domination autrichienne, l'opéra Nabucco et son "Chœur des esclaves" (également connu sous le nom de "Va pensiero") célèbrent la sortie du peuple hébreu de sa captivité babylonienne et sont aussitôt devenus des chants de ralliement patriotique du Risorgimento, le mouvement pour l'unité italienne. Et l'Hymne à la joie, devenu hymne de l'Europe, incarne l'universalité clamée par les partisans du mouvement.

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