"L'art de vivre dans les bistrots français" va-t-il entrer au patrimoine culturel immatériel français ?

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Un café servi au comptoir d'un bistrot en octobre 2018 à Dieppe
Un café servi au comptoir d'un bistrot en octobre 2018 à Dieppe
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© AFP, CHARLY TRIBALLEAU

, publié le vendredi 19 février 2021 à 20h21

Le café serré du matin au comptoir, la commande du plat du jour et la discussion sur l'actualité de la veille seront-ils au patrimoine culturel immatériel de la France? C'est ce que souhaite une association qui a déposé un dossier pour défendre "l'art de vivre dans les bistrots".

Le ministère de la Culture doit trancher la semaine prochaine.

"Ce n'est pas le bistrot en tant que lieu mais bien l'art de vivre autour des comptoirs que nous souhaitons faire reconnaître", explique à l'AFP Alain Fontaine, président de l'association pour la reconnaissance de l'art de vivre dans les bistrots et cafés de France en tant que patrimoine culturel immatériel, créée il y a trois ans.

Un art de vivre mis à mal par la crise sanitaire avec la fermeture depuis plusieurs mois des établissements.

L'association, dont le projet avait déjà été retoqué en 2019 - "parce que nous avions inscrit seulement les bistrots +parisiens+ ", selon M. Fontaine - a déposé de nouveau en octobre un dossier sous le titre "la commensalité (acte de manger ensemble, NDLR) ouverte des cafés et bistrots en France", au ministère de la Culture qui doit trancher "la semaine prochaine".

"La volonté de partager autour d'un comptoir, d'une table, c'est une exception française", souligne Alain Fontaine, lui-même propriétaire d'un bistrot restaurant dans le IIe arrondissement de Paris.

"L'art de vivre qui s'observe dans nos cafés et bistrots est fait de rites, d'un langage à part, de codes de conduite: interpeller le serveur, son voisin, passer commande, attendre son tour, pester contre le temps, la vie, la politique...", explique l'association sur son site.

"Nous soutenons que la tradition des cafés et bistrots est un patrimoine commun, immatériel, fait de liberté et de partage. Les bistrots et cafés de France sont des passeurs du temps", est-il ajouté.

"Quand un bistrot disparaît dans un village, c'est l'âme du village qui disparaît", "dans les quartiers des grandes villes, c'est un ancrage social pour partager, un endroit d'amour, d'amitié", défend Alain Fontaine dans une vidéo qu'il a adressée au président de la République.

Une pétition de soutien avait récolté vendredi 12.908 signatures en ligne.

En cas de reconnaissance au patrimoine culturel immatériel français, "l'art de vivre dans les bistrots" rejoindrait par exemple l'accordéon chromatique, les boules plombées du pays de Morlaix, le repas gastronomique français ou encore la fête du citron de Menton.

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