L'agence de presse publique russe Ria Novosti interdite en Ukraine

L'agence de presse publique russe Ria Novosti interdite en Ukraine
Le bâtiment où se trouve le bureau de l'agence publique russe Ria Novosti à Kiev, le 15 mai 2018

AFP, publié le jeudi 24 mai 2018 à 16h07

L'Ukraine a interdit jeudi à l'agence de presse publique russe Ria Novosti d'opérer sur son territoire dans le cadre de nouvelles sanctions visant Moscou, une semaine après l'arrestation d'un responsable de l'agence à Kiev, inculpé pour "haute trahison".

Ria Novosti et Interselekt, l'entreprise qui gère les activités économiques de l'agence à Kiev, ont été ajoutées pour une durée de trois ans à la liste noire du Conseil national de sécurité et de défense, publiée sur le site internet de la présidence ukrainienne.

Ces sanctions comprennent le blocage des avoirs, des télécommunications utilisées par l'agence et du site internet ukrainien de Ria Novosti.

Le ministère russe des Affaires étrangères s'est dit dans un communiqué "scandalisé" par cette décision, la qualifiant de "nouveau geste de censure politique" et de "tentative de priver de force la population de la possibilité d'obtenir des informations impartiales et objectives sur ce qu'il se passe dans le pays".

Le directeur du conglomérat médiatique russe Rossia Segodnia, la maison-mère de Ria Novosti, a pour sa part dénoncé cette décision comme "un indicateur de l'impotence" des autorités de Kiev.

"Ils n'ont rien d'autre à faire que de poursuivre leurs propres citoyens, persécuter les journalistes, s'en prendre à la liberté d'expression, interdire des médias respectés", a déclaré Dmitri Kisseliov, cité par Ria Novosti.

Le responsable de Ria Novosti à Kiev, le journaliste ukraino-russe Kyrylo Vychynski, 51 ans, a été arrêté et inculpé la semaine dernière de "haute trahison", un crime passible de 15 ans de prison.

M. Vychynski, qui a travaillé pour des médias ukrainiens avant de devenir il y a plusieurs années le correspondant de la télévision publique russe Rossia, puis d'être embauché par Ria Novosti, rejette toutes les accusations portées à son encontre et dénonce une "atteinte à la liberté d'expression".

Son arrestation et son inculpation avaient été qualifiées de fait "sans précédent" par le président russe Vladimir Poutine, tandis que des organisations internationales s'étaient dites "préoccupées".

L'Ukraine figure à la 101e place sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par l'organisation Reporters sans frontières (RSF), qui souligne que la "guerre de l'information avec la Russie entretient un climat délétère" dans le pays.

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