L'accident du comédien Micha Lescot devant la justice à Valence

L'accident du comédien Micha Lescot devant la justice à Valence

Le comédien Micha Lescot au théâtre de l'Odéon le 21 janvier 2015

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AFP, publié le mardi 28 novembre 2017 à 19h42

Le tribunal correctionnel de Valence s'est penché mardi sur les causes de l'accident dont a été victime en 2015 le comédien Micha Lescot, grièvement blessé lors d'une représentation orchestrée par la Comédie de Valence, les deux parties s'en rejetant la responsabilité.

Cet accident est survenu le 30 mai 2015 à la fin d'une lecture-spectacle d'"En finir avec Eddy Bellegueule", co-adapté par son auteur Edouard Louis et Richard Brunel, metteur en scène et directeur de la Comédie de Valence.

Cette dernière est poursuivie pour "non respect des règles de sécurité" et "atteintes involontaires aggravées par l'existence d'une faute délibérée".

La représentation se déroulait dans un gymnase dans le cadre d'un festival. A la fin du spectacle, Micha Lescot devait grimper par deux échelles, non fixées, sur le toit du gymnase. Le comédien a assuré à la barre avoir fait part de ses appréhensions au metteur en scène qui, selon lui, lui aurait en outre demandé de redescendre rapidement du toit pour saluer le public.

A la deuxième représentation, en redescendant, Micha Lescot dit avoir "senti l'échelle vaciller" et "fait un pas de côté" pour éviter d'être déséquilibré. Il atterrit alors sur une plateforme où se situe un dôme en plexiglas occulté, que personne, assure-t-il, ne lui a signalé et qui explose sous son poids.

"J'ai senti le sol se dérober sous mes pieds et je suis tombé comme une pierre", explique-t-il. Il chute de près de cinq mètres.

Conséquence: fractures multiples des vertèbres dorsales et des côtes, contusion pulmonaire et hémothorax. En arrêt de travail pendant quatre mois, il est contraint d'annuler deux tournages, sans compter les "séquelles physiques et psychologiques", souligne son avocate, Me Juliette Griset.

A l'appui de la partie civile, un rapport de l'inspection du travail pointe "des négligences graves de sécurité et des manquements" de la part de la Comédie de Valence. 

Celle-ci "a échoué à prendre les moyens nécessaires à la sécurisation du comédien", a plaidé Me Griset. 

La défense réfute ces accusations. "Si vous n'aviez pas sauté de l'échelle, il n'y aurait pas eu d'accident", lance le conseil de la Comédie, Me Guillaume Schenck. 

"La seule et unique cause de l'accident, c'est le comédien lui-même (...). L'origine de l'accident, ce n'est pas l'échelle, c'est le saut", renchérit-il dans sa plaidoirie.

Appelé à la barre en tant que directeur de l'institution, Richard Brunel a démenti que le comédien lui ait demandé de renoncer à cette scène. "S'il l'avait fait, je l'aurais supprimée", assure-t-il avant d'accuser Micha Lescot de vouloir "ternir (sa) carrière professionnelle avec cette affaire et le discréditer".

Pour Micha Lescot, qui joue actuellement -et ce mardi soir- au théâtre parisien du Rond-Point, "en plus de mes blessures, l'idée de passer de victime à coupable depuis le début m'a obsédé, m'a traumatisé. Je n'ai pas de haine, je veux seulement que la vérité soit officiellement reconnue". 

Face aux versions si divergentes des deux parties, le parquet a requis "une amende assortie du sursis". Le jugement a été mis en délibéré au 25 janvier 2018.

 
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