Kirghizstan: une chanteuse menacée de mort après un clip féministe

Kirghizstan: une chanteuse menacée de mort après un clip féministe
La chanteuse kirghize Zere Asylbek, le 21 septembre 2018 à Bichkek

AFP, publié le vendredi 21 septembre 2018 à 11h35

Une jeune chanteuse kirghize a annoncé avoir porté plainte après avoir reçu des menaces de mort pour un clip féministe qui a indigné les milieux conservateurs de ce petit pays d'Asie centrale, au motif que son soutien-gorge y est visible. 

Le chanson de Zere Asylbek, intitulée "Kyz" ("fille" en kirghiz), a fait sensation lors de sa publication la semaine dernière. 

Dans le clip, la chanteuse apparaît vêtue d'une jupe et d'un haut de costume ouvert laissant voir son soutien-gorge, tandis qu'autour d'elle sont visibles une femme en hijab, une autre portant sur la tête un voile traditionnel kirghiz, ou encore une autre avec les cheveux teints de plusieurs couleurs et une partie du crâne rasé.

Sur sa page Facebook, un utilisateur anonyme menace de la tuer si elle ne retire pas cette vidéo. Sur une capture d'écran transmise à l'AFP, un autre propose de "lui couper la tête".

Vendredi, la vidéo, qui est censée montrer la diversité de la société kirghize, a déjà atteint près de 200.000 vues sur Youtube.

Contactée par l'AFP, la chanteuse de 19 ans a affirmé jeudi avoir porté plainte et signalé plusieurs menaces de mort à la police.

Zere Asylbek a affirmé à l'AFP que le message principal de sa chanson était de "se respecter" et de "respecter les choix, les opinions et les modes de vie des autres".

"Un jour viendra où plus personne ne te dira : ne fais pas ça, ne porte pas ça", dit-elle dans la chanson, tout en appelant un femme à s'unir à elle pour "avoir propre liberté".

La jeune femme, qui s'attendait à ce que la chanson soit considérée comme provocante, s'est dit toutefois surprise que l'attention se concentre sur son soutien-gorge, alors qu'une autre femme apparaît en maillot de bain dans la vidéo. 

Le père de la chanteuse, qui la soutient publiquement, a affirmé que les opinions de sa fille étaient renforcées après le meurtre dans un commissariat d'une jeune Kirghize par un homme qui avait voulu la marier de force. 

Ce drame avait suscité en mai une vague de protestation au Kirghizstan, où des milliers de jeunes femmes sont enlevées chaque année, principalement dans les campagnes, suivant une tradition héritée des coutumes nomades que les autorités sont accusées d'ignorer. 

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