Journalistes équatoriens assassinés: l'auteur "tombera, mort ou vif"

Journalistes équatoriens assassinés: l'auteur "tombera, mort ou vif"

Des proches et collègues des journalistes équatoriens et de leur chauffeur, enlevés et tués par des dissidents de l'ex-guérilla colombienne Farc, rassemblés en leur mémoire, le 14 avril 2018 à Quito

AFP, publié le lundi 16 avril 2018 à 08h29

Le chef du groupe dissident de l'ex-guérilla de Farc, Walter Artizala, alias Guacho, accusé de l'assassinat d'une équipe de presse dans la région frontalière entre l'Equateur et la Colombie, finira par être pris "mort ou vif", a assuré le président colombien, Juan Manuel Santos.

M. Santos a assuré, lors d'une réunion de la Société interamricaine de presse (SIP), l'avoir promis à son homologue équatorien Lenin Moreno, admettant que le meurtre d'une équipe de trois hommes du quotidien équatorien El Comercio, deux journalistes et un chauffeur, avait vraisemblablement eu lieu côté colombien.

"Le ministre de la Défense m'a dit que, selon des sources de renseignement, il se confirmait que les corps étaient bien du côté colombien (...) Ce qui laisser supposer qu'ils ont été assassinés en Colombie", a-t-il dit.

"Guacho va tomber, tôt ou tard mais il tombera. Je l'ai dit hier (samedi) au président Moreno", a déclaré M. Santos. "Guacho est sur une liste d'objectifs de haut niveau. Aucun criminel inscrit dans cette liste n'est vivant, ou alors il est en prison", a-t-il dit.  

Des militaires colombiens et équatoriens ont lancé une vaste opération dans la région forestière frontalière entre la Colombie et l'Equateur contre les guérilleros dissidents.

La zone de Tumaco, connue pour sa forte densité de cultures de la coca, est le centre des opérations militaires du côté colombien.

Les Equatoriens ont, eux, déployé 550 policiers et militaires, appuyés par des hélicoptères, un avion et des chars.

Principal visé: Guacho, un Equatorien d'une trentaine d'années, à la tête d'un groupe dissident des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), le front Oliver Sinisterra, qui compterait entre 70 et 80 hommes, et est accusé d'être impliqué dans le trafic de cocaïne vers les Etats-Unis. 

Les Farc se sont démobilisées au terme d'un accord avec le président Santos.

Le président colombien a admis que les cartels mexicains de la drogue étaient influents dans la zone où les journalistes ont été assassinés.

"Les cartels mexicains, qui sont très présents, voient que l'une de leur principale source d'approvisionnement de cocaïne est en train de s'assécher et c'est pour cela qu'ils tentent de générer de la violence", a-t-il déclaré.

Le reporter Javier Ortega, 32 ans, et le photographe Paúl Rivas, 45 ans, ainsi que leur chauffeur Efraín Segarra, 60 ans, qui avaient été enlevés le 26 mars, ont été tués par balles alors qu'ils étaient enchaînés, selon des photos diffusées par leurs ravisseurs. 

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