"J'ai perdu mon corps": l'incroyable histoire d'un film d'animation, de Cannes à Netflix

"J'ai perdu mon corps": l'incroyable histoire d'un film d'animation, de Cannes à Netflix
Jeremy Clapin au Festival du film français "City of Light City of Angels" (COLCOA), à Los Angeles, le 25 septembre 2019
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, publié le vendredi 01 novembre 2019 à 07h44

Récompensé à Cannes, au festival d'animation d'Annecy puis à celui du film français à Los Angeles, le film d'animation "J'ai perdu mon corps", sur une main à la recherche du corps dont elle a été séparée, accumule les récompenses et a même tapé dans l'oeil de Netflix.

Tout juste auréolé de son succès cannois, le premier film du Français Jérémy Clapin a été acheté au printemps dernier par le géant du streaming.

"Aventure, histoire d'amour et souvenirs d'enfance sont au rendez-vous", promet la plateforme aux 158 millions d'abonnés qui mise beaucoup sur ce film couvert d'éloges, qui sera diffusé dans le monde entier à une date encore non communiquée, sauf en France. 

Dans l'Hexagone, le film sera en salles mercredi et visible sur Netflix pour les utilisateurs français dans trois ans, selon les règles en vigueur.

"J'ai perdu mon corps" est l'histoire de deux trajectoires, celle d'une main échappée d'un hôpital, à la recherche dans Paris de son propriétaire, et celle de Naoufel, un jeune homme malmené par la vie, qui tombe amoureux d'une certaine Gabrielle et va tenter de la séduire, lors d'une scène mémorable de rapprochement par interphone.

Le film s'appuie sur le roman "Happy hand" de Guillaume Laurant, le scénariste du film à succès "Amélie Poulain", et avait dès le départ l'ambition d'être "résolument adulte". 

"Le personnage va perdre sa main de manière violente, il ne faut pas chercher à lisser ça. Il faut montrer ça de manière frontale, brute", estime le réalisateur, déjà remarqué pour ses courts métrages et qui s'inspire autant du cinéma classique que de l'animation.

Pour son premier long métrage, ce fan de David Cronenberg et de John Carpenter a beaucoup pensé à "Rubber" (2010) de Quentin Dupieux, l'histoire d'un pneu tueur en série et télépathe, expliquait-il lors d'un entretien à Cannes avec l'AFP.

Dans "J'ai perdu mon corps", "c'est la main qui parle, c'est son film, c'est elle qui nous fait voyager", soulignait-il.

Pas de "happy end" au programme dans le film qui s'appuie sur une musique angoissante, un trait précis ainsi des couleurs naturalistes pour décrire Paris au plus juste, avec des scènes incroyables comme, lorsque la main se perd dans le métro et doit affronter des rats. 

Pour renforcer la dimension naturaliste, un tournage léger a eu lieu en amont pour capturer les voix des comédiens, de façon à obtenir un "naturel qu'on aurait eu du mal à reproduire à la barre".

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