Italie: des journalistes se mobilisent après des attaques politiques

Italie: des journalistes se mobilisent après des attaques politiques
Des journalistes manifestent contre les attaques du vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio, le 13 novembre 2018 à Turin

AFP, publié le mardi 13 novembre 2018 à 18h13

Des centaines de journalistes ont manifesté mardi dans plusieurs villes d'Italie pour défendre la liberté de la presse après les récentes attaques du vice-président du Conseil Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles, antisystème) qui a qualifié les journalistes de "chacals".

Des rassemblements ont eu lieu à Rome, Gênes, Milan, Florence et Pérouse, à l'appel de la Fédération nationale de la presse (FNSI) et des ordres régionaux des journalistes, derrière le slogan "Giu le mani alla stampa" ("Touche pas à la presse").

Cette mobilisation fait suite aux propos virulents tenus samedi par Luigi Di Maio dans la foulée du jugement de la maire M5S de Rome, Virginia Raggi, relaxée dans une affaire de faux en écriture après deux ans de procédure.

"Nous n'acceptons pas que quelqu'un nous donne la ligne à suivre, qu'on nous dise ce qu'il faut écrire ou pas. Si nous faisons des erreurs, on peut aller devant un tribunal dans le cadre d'une procédure civile ou pénale", a déclaré à l'AFPTV Lazzaro Papagallo, président de l'Association de la presse romaine.

"Si des journalistes ne font pas leur devoir, il existe des instances pour les interpeller mais sûrement pas à travers les insultes et les menaces", a estimé Maria Teresa Cinanni, journaliste du syndicat Uil (Union italienne du travail) pour la région Latium. 

M. Di Maio, chef de file du M5S, avait qualifié samedi les journalistes de "vulgaires chacals", dénonçant un acharnement de la presse contre Mme Raggi pendant deux ans.

L'ancien député et cadre du parti populiste Alessandro Di Battista était allé plus loin en qualifiant les journalistes de "véritables putains".

"Pour être libre, l'information en Italie a encore beaucoup de chemin à faire. Elle doit être libre de tout conflit d'intérêts", a déclaré mardi sur Facebook Luigi Di Maio.

"La liberté d'informer n'est pas la liberté de dire des mensonges. Et s'il y a la liberté de dire des mensonges, alors les gens comme moi ont le droit de se défendre", a ajouté le vice-Premier ministre.

Le M5S en veut particulièrement à la presse parce qu'il estime qu'elle insiste beaucoup trop sur ses difficultés et sur les réussites de son allié Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), en pleine ascension dans les sondages.

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