Isabelle Huppert, prof maladroite et chahutée dans "Madame Hyde"

Isabelle Huppert, prof maladroite et chahutée dans "Madame Hyde"

L'actrice Isabelle Huppert pose avant la projection du film "Eva" à la 68e Berlinale du film, le 17 février 2018

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AFP, publié le vendredi 23 mars 2018 à 16h40

Dans "Madame Hyde" de Serge Bozon, film déroutant sur l'éducation à mi-chemin entre fantastique et social, en salles mercredi, Isabelle Huppert joue une professeur de physique timide et chahutée par ses élèves, qui va se métamorphoser.

Ce film loufoque, inspiré du roman de Stevenson "L'Etrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde" mais bien éloigné de tout réalisme, est l'occasion d'une nouvelle rencontre entre Isabelle Huppert et Serge Bozon. 

La star, récompensée en 2017 par un Golden Globe et un César pour son rôle dans "Elle" de Paul Verhoeven, avait déjà tourné sous la direction de Serge Bozon il y a cinq ans dans le très inclassable "Tip Top", dans lequel elle incarnait une inspectrice de la police des polices aux côtés de Sandrine Kiberlain.

Cette fois, l'actrice française est Madame Géquil, mauvaise prof peu sûre d'elle dans un lycée de banlieue au proviseur haut en couleurs (Romain Duris), mariée à un homme au foyer (José Garcia).

Foudroyée un jour pendant une expérience dans son laboratoire, elle va sentir en elle une énergie nouvelle, qui va lui permettre de transmettre enfin son savoir à ses élèves, et particulièrement à l'un d'entre eux.

L'idée du film, qui transpose le livre de Stevenson au féminin et dans le monde de l'école, est née d'abord dans l'esprit de la coscénariste du film Axelle Ropert. 

"Ce qui me semblait intéressant, c'était le film sur l'éducation dont l'héroïne est une prof en échec, et en échec depuis le début de sa carrière", explique Serge Bozon.

"On avait besoin du fantastique pour la faire accéder à autre chose que son échec éternel", ajoute le réalisateur, pour qui "le film est peut-être à la croisée de différents genres, mais il est en même temps finalement très concentré sur une seule question, celle de l'éducation" et de la transmission du savoir.

Le réalisateur de 45 ans dit par ailleurs avoir trouvé "intéressant de chercher chez Isabelle Huppert une dimension qu'elle n'avait jamais explorée".

"Elle joue plutôt en général des personnages forts, affirmés, ce qui va avec la question de l'autorité, de la violence. Là c'est le contraire. Elle joue un personnage très faible au début, complètement pusillanime, craintif, qui vit dans l'ombre de son échec permanent", analyse-t-il.

La fantaisie du film, loin de tout réalisme et avec des personnages stylisés et outrés, lui permet par ailleurs d'être "plus frontal", analyse-t-il. "Le refus du réalisme pour moi, c'est ce qui permet d'aller à l'essentiel".

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