Héritage de Johnny Hallyday : à l'audience, on s'est rendu coup pour coup

Héritage de Johnny Hallyday : à l'audience, on s'est rendu coup pour coup

Le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) a examiné ce vendredi l'assignation en référé engagée par les deux enfants de Johnny Hallyday, Laura Smet et David Hallyday, contre Laeticia, l'épouse du ...

leparisien.fr, publié le samedi 31 mars 2018 à 09h15

L'audience autour du testament du chanteur, vendredi après-midi, a été marquée par des échanges parfois tendus entre les avocats des deux parties. Décision le 13 avril.

Tout est toujours hors normes avec Johnny. Y compris l'audience de vendredi après-midi autour de son testament devant le tribunal de grande instance de Nanterre. Pas seulement à cause des dizaines de caméras qui attendent les protagonistes de l'affaire. Dans la salle des pas perdus, ce sont d'abord les avocats et les magistrats en grève contre la réforme de la justice qui font le spectacle. « Renvoi, renvoi », hurlent-ils alors que le service d'ordre fait passer les avocats des deux clans Hallyday par une autre porte d'entrée. Profitant de la présence de nombreux journalistes, une vingtaine de grévistes sont autorisés à entrer dans la salle et prendre la parole avant le début de l'audience. Le procès Hallyday ne sera pas renvoyé et peut commencer. Et là aussi, il y a du spectacle.

« Madame Boudou est une sacrée manipulatrice. » Les avocats de Laura Smet et David Hallyday, qui contestent le testament de leur père et demandent le gel de son patrimoine et de ses droits d'artistes, pourraient appeler son épouse « Laeticia Hallyday » ou « Laeticia Smet », comme la présidente du tribunal. Mais comme lors de la première audience, le 15 mars dernier, ils préfèrent la désigner comme « Madame Boudou », son nom de jeune fille. « C'est le seul nom qu'elle ne perdra jamais », insiste, lapidaire, Me Carine Piccio, première à plaider. « Si jamais elle choisit de s'appeler Laeticia Hallyday c'est qu'elle entre en scène », ajoute l'avocate de David Hallyday, qui n'épargne pas la veuve de Johnny.

« Madame Boudou est une communicante hors pair et une sacrée manipulatrice. Pour pouvoir redorer son image, il faut ternir celle de son mari », attaque l'avocate, qui s'appuie sur les propos dans le JDD de Sébastien Farran le manager de Johnny qui racontait les derniers moments de la star diminuée. Ou ceux du père de Laeticia, André Boudou, qui se souvenait dans « l'Express » d'un Johnny « drogué, alcoolique, criblé de dettes. » « Tenter de cette façon d'inverser ce que l'opinion publique pense d'elle est scandaleux ».

« Quelle souffrance immense pour Laura ». « Cher papa voilà plus de deux mois que tu es parti... », Me Emmanuel Ravanas fait vibrer la corde sensible en relisant la lettre de sa cliente, Laura Smet adressée, à son papa « Quelle souffrance immense pour elle d'avoir des avocats demandant à un tribunal d'écouter l'album de son père avant le public. » Le disque enregistré juste avant sa mort et sur lequel ses grands enfants veulent un droit de regard est au coeur des débats, (lire ci-contre) tout comme le lieu de résidence du chanteur, Los Angeles, Marnes-la-Coquette ou Saint-Barthélemy. Trois biens que l'assignation de Laura et David veut geler. Me Ravanas pose des questions dont il a la réponse. « Quand il vendait des disques, c'était en France ou aux États-Unis ? Quand il s'est marié il l'a fait en France ou aux États-Unis ? Quand il a adopté il l'a fait en France ou aux États-Unis ? Nous en débattrons pour arriver à la conclusion que chacun connaît : Johnny Hallyday est une partie de la France, un destin français.

Ardavan Amir-Aslani avocat de Laeticia Hallyday/LP/ ARNAUD JOURNOIS

« Je ne suis ni un curé, ni un rabin, ni un imam ». Les faits, rien que les faits. C'est la ligne directrice d'Ardavan Amir-Aslani qui défend les intérêts de Laeticia Hallyday. « On veut vous raconter une histoire, celle d'un homme fragilisé qui aurait été accaparé par sa belle famille à la seule fin de dilapider sa fortune, moi je vais vous parler de la réalité. » Une façon de se concentrer sur le testament léguant tout à un trust américain qui va gérer l'ensemble des biens de Johnny au profit de Laeticia et de ses deux filles Jade et Joy « pour les protéger », testament que conteste la partie adverse. « Est-ce interdit ? Immoral ? Injuste ? Je ne suis ni un curé, ni un imam, ni un rabbin. Ce n'est pas à moi d'apprécier la morale. C'était la volonté de l'artiste. »

« C'est proprement scandaleux ». La fin de l'audience est proche. Les deux parties défendent leurs arguments depuis près de trois heures et demie quand la tension monte en quelques secondes. Me Amir Aslani évoque le passé tourmenté de Laura Smet et tente d'expliquer que Laeticia Hallyday l'a toujours aidée quand elle était « en garde à vue » ou « internée à Sainte-Anne », selon ses termes. Colère de Me Temime, le conseil de la fille de Johnny. « C'est honteux d'aller sur ce terrain-là, proprement scandaleux. » L'avocat de la veuve de Johnny tente de poursuivre mais la Présidente du tribunal l'interrompt aussi pour calmer le jeu : « Il n'y a pas beaucoup d'intérêt à s'arrêter sur ce point dans cette affaire. » Elle lève l'audience après avoir mis l'affaire en délibéré. Décision le 13 avril.

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