Franck Gastambide, du dressage de chiens aux sommets du box office

Franck Gastambide, du dressage de chiens aux sommets du box office
L'acteur et réalisateur Franck Gastambide au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez, le 16 janvier 2019

AFP, publié le vendredi 18 janvier 2019 à 13h27

Il est l'un des rois de la comédie française, auréolé par les succès de "Taxi 5" ou "Pattaya". Pourtant, rien ne prédestinait l'acteur et réalisateur Franck Gastambide, au départ dresseur de chiens, à faire du cinéma.

Au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez, il est venu présenter deux longs métrages: la comédie sociale "Damien veut changer le monde" de Xavier de Choudens, dans laquelle il incarne un surveillant dans une école qui veut sauver un élève et sa mère d'une expulsion de territoire, et le film d'animation "Royal Corgi", dans lequel il prête sa voix à un chien.

Il y célèbre aussi les bons chiffres de "Taxi 5", film français ayant fait le plus d'entrées à l'étranger en 2018, avec 2,44 millions de billets vendus. En France, il a rassemblé 3,65 millions de spectateurs à la 9e place du box-office l'an dernier.

Avant cela, les deux premiers films de Franck Gastambide comme réalisateur avaient déjà bien marché: un million de spectateurs en France pour "Les Kaïra" (2012) et pas loin de deux millions pour "Pattaya" (2016). 

Une réussite qu'il attribue notamment au fait qu'il occupe un créneau sur lequel peu s'aventurent: celui de la "comédie urbaine", parfois trash.

"J'ai l'impression que les films que j'initie en tant qu'auteur et metteur en scène s'adressent à un public auquel bien souvent on parle peu", explique à l'AFP Franck Gatambide, 40 ans, crâne rasé et large sourire. "Mais ce n'est pas un calcul, c'est juste que c'est ma culture, c'est ce que je sais faire".

Né à Melun où il a grandi, Franck Gastambide a été nourri de la culture de banlieue dépeinte dans ses films.

- "Cinéma populaire" -

"Autour de chez moi, personne ne travaillait dans la télé ou le cinéma", raconte-t-il. 

A 13 ans, lui se passionne surtout pour les animaux, particulièrement les chiens, "parce que la majorité des animaux que j'avais en bas de chez moi, c'étaient des chiens de type molosses".

Devenu peu à peu un spécialiste du dressage de chiens dangereux, rottweilers ou pitbulls, l'acteur se retrouve à 20 ans chargé de dresser ceux du film "Les Rivières pourpres" de Mathieu Kassovitz. "C'est le début de mon arrivée dans un nouveau monde qui m'était totalement inaccessible, le cinéma". 

En 2009, il se lance dans la réalisation de la première web-série de Canal+, "Kaïra Shopping", sorte de télé-achat version cité, qu'il filme en bas d'une tour avec un caméscope. Il y vend aux côtés de deux compères des produits improbables (un ours, une voiture, de fausses cartes de police...).

"Quelques années après (...), j'ai extirpé ces trois personnages de +kaïras+ pour raconter une histoire et en faire mon premier long métrage, que j'ai écrit tout seul dans ma chambre à Melun", se souvient le réalisateur, qui a aujourd'hui quitté sa banlieue pour la Bastille, où il "rêvait d'habiter quand il était à Melun".

Il devient rapidement incontournable. Outre ses réalisations, on le voit comme acteur dans "Les Gazelles" de Mona Achache, "Toute première fois" de  Maxime Govare et Noémie Saglio ou des films d'auteur comme "Good Luck Algeria" de Farid Bentoumi et "La Surface de réparation" de Christophe Régin.

"J'essaie d'aller explorer aussi des domaines que je ne maîtrise pas", souligne le comédien, en couple avec l'actrice Sabrina Ouazani, qui ne manque pas de projets et travaille actuellement sur une série sur le monde du rap pour Canal+.

"C'est un mec qui est très talentueux, multi-casquettes", dit de lui l'acteur Malik Bentalha, son ami qui a joué dans "Pattaya" et "Taxi 5".  

S'il dit "assumer" ne pas plaire à tout le monde, Franck Gastambide revendique de faire "du cinéma populaire", lui qui a grandi en allant voir "Taxi", "Terminator" ou "Rocky": "Ma culture, c'est celle là, je ne peux pas la renier."

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