France Télé: les magazines d'investigation préservés mais l'info mise à contribution

France Télé: les magazines d'investigation préservés mais l'info mise à contribution

La présidente de France Télévisions Delphine Ernotte à Paris, le 5 mars 2017

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AFP, publié le mardi 28 novembre 2017 à 19h42

La diffusion des magazines d'investigation de France Télévisions "Envoyé spécial" et "Complément d'enquête" sera finalement préservée même s'ils n'échapperont pas aux coupes budgétaires en 2018 à l'instar des autres émissions d'information du groupe.

Pour faire face à de nouvelles coupes budgétaires en 2018, la direction avait envisagé de diffuser moins de numéros d'Envoyé spécial et Complément d'Enquête, actuellement à l'antenne de France 2 trois jeudis par mois, ce qui aurait pu entraîner la suppression de jusqu'à 30 équivalents temps plein (ETP).

Après une forte mobilisation de la rédaction et de nombreux témoignages de soutien de personnalités et journalistes, la direction de l'information a annoncé mardi aux journalistes que le rythme de diffusion serait maintenu.

"Dans un contexte budgétaire contraint, l'entreprise réaffirme que l'information est la première priorité du service public et veillera en 2018 comme au-delà, à préserver son offre, son indépendance et sa qualité. C'est dans cet esprit que son budget est construit et préservé", a assuré le directeur de l'information Yannick Letranchant dans une lettre aux salariés dont l'AFP a obtenu copie.

"Ce cadre nous impose de maîtriser nos effectifs, qui sont aujourd'hui de 1.340. Ces effectifs devront être réduits au global de 30 ETP (équivalents temps plein) au cours de l'année en réinterrogeant nos modes de fonctionnement et nos méthodes de travail", poursuit le directeur, rappelant que "tous les secteurs de l'entreprise contribuent à l'effort collectif".

La direction de l'information visait initialement la suppression de 66 ETP.

"Concernant plus particulièrement les magazines du jeudi (...), leur périodicité actuelle sera maintenue et l'effort demandé est de 3 ETP", soit six postes sur une trentaine actuellement, précise Yannick Letranchant.

Les autres suppressions de postes concerneront les JT et les magazines 13H15 et 19H00 le dimanche de Laurent Delahousse, a-t-il précisé à L'Express.

La Société des journalistes (SDJ) de France 2, reçue mardi par la patronne du groupe Delphine Ernotte, s'est félicitée de ce "pas en avant", mais a indiqué à l'AFP, à l'issue d'une assemblée générale, que "l'inquiétude de la rédaction n'a pas diminué".

"Le principe du vote d'une motion de défiance contre la présidente est maintenu, avec des modalités qui restent à définir", en associant notamment les autres rédactions du groupe (France 3, Franceinfo), explique un membre de la SDJ.

"Delphine Ernotte prend en main des dossiers qu'elle sous-traitait auparavant. Elle a été sensible à la mobilisation des journalistes et des téléspectateurs", souligne un autre journaliste, regrettant toutefois le "retard" de cette prise de conscience.

-'Touche pas à mon info'-

La SDJ avait tiré la sonnette d'alarme dans une tribune publiée dans le Monde mardi, estimant que "l'information sur les chaînes du groupe est aujourd'hui menacée par un plan d'économies sans précédent".

"Au nom de la réduction massive des effectifs imposée par l'Etat, des dizaines de jeunes journalistes en CDD qui travaillaient pourtant depuis des années ont vu leur contrat s'arrêter du jour au lendemain", ont-ils déploré.

"Vos journaux sont grignotés de quelques minutes, nos bureaux en région sont menacés et ce sont les reportages que vous regardez qui perdent en qualité ou qui ne voient pas le jour", écrivent-ils encore.

De nombreux journalistes et personnalités ont témoigné leur soutien aux emblématiques magazines du jeudi sur les réseaux sociaux, avec le mot-clé "Touche pas à mon info".

Un collectif de médias indépendants regroupant notamment Arrêt sur images, les Jours, Médiapart ou XXI, a fait part mardi dans un communiqué de sa "stupéfaction" face à la réduction "drastique" de budget concernant les magazines d'info.

"Ce projet, qui vise les très rares lieux sur les chaînes de télévision où un journalisme soucieux de l'intérêt général et indépendant des pouvoirs peut pleinement assurer sa mission d'information, est un mauvais coup porté à la démocratie", déplorent-ils.

Le gouvernement a décidé fin septembre de réduire de 50 millions d'euros le budget du groupe public l'an prochain, à 2,57 milliards d'euros, par rapport à son contrat d'objectifs et de moyens conclu avec l'ancien exécutif.

 
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