Festival de Deauville: "Pleasure", une plongée sulfureuse dans l'univers du X

Festival de Deauville: "Pleasure", une plongée sulfureuse dans l'univers du X
La réalisatrice suédoise Ninja Thyberg (d) et l'actrice Sofia Kappel, pour présenter le film "Pleasure", au festival de cinéma de Deauville, le 4 septembre 2021

publié le samedi 04 septembre 2021 à 17h55

Interdit aux moins de 18 ans, le sulfureux "Pleasure" (plaisir) a entraîné samedi les spectateurs du 47e festival du cinéma américain de Deauville dans les coulisses du monde de l'industrie du X en Californie, où plane la question du consentement.

"Vous pouvez vous couvrir les yeux lors du film !". Avant le début de la projection, la réalisatrice Ninja Thyberg, dont c'est le premier film, a prévenu les festivaliers que certaines scènes pouvaient être difficiles à regarder. Et effectivement, plusieurs séquences ont conduit les spectateurs à détourner leurs yeux. 

Une jeune et jolie suédoise de 19 ans Bella, interprétée par Sofia Kappel, débarque à Los Angeles pour travailler dans l'industrie pornographique. Tout au long du film, on suit sa découverte du monde du X et ce qui se joue loin des caméras: les difficultés de la première scène, la cohabitation et parfois la jalousie avec d'autres actrices, les relations avec les agents, l'importance des réseaux sociaux ou encore la misogynie du milieu. 

Désireuse de percer et de faire partie des stars du X, Bella va peu à peu aller de plus en plus loin dans le sexe extrême, dans l'espoir de faire partie des actrices d'un producteur influent. Ce qui amène la réalisatrice à poser la question du consentement et même du viol, dans des scènes extrêmement crues.

"Les actrices peuvent dire stop et faire cesser ce qui est en train de tourner mais quand on leur demande si elles ont déjà dit stop, elles répondent +jamais+", par peur de mettre leur carrière en péril, a expliqué la jeune réalisatrice qui a mis près de six années pour réaliser le long-métrage.

Pour trouver une actrice capable d'endosser le rôle de Bella, qui devait être à la fois "fragile et forte", la réalisatrice a fait passer environ 2.000 auditions avant de jeter son dévolu sur Sofia Kappel. Tous les autres acteurs du film font eux partie de l'industrie du film pornographique.

"J'ai accepté le rôle parce que je voulais vraiment me lancer le défi d'y parvenir. Je crois que la joie que je ressens aujourd'hui d'avoir incarné Bella vient en partie du fait que ça a été difficile. Parce que ça l'a été !", a déclaré Sofia Kappel, cité dans le dossier de presse.

Le film, qui fait partie des treize longs métrages en compétition officielle et qui a été applaudi par le public normand, doit sortir en France le 20 octobre.

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