Eurovision : la France encore battue, Israël gagne

Eurovision : la France encore battue, Israël gagne
La chanteuse israélienne Netta Barzilai aka Netta célèbre sa victoire à l'Eurovision.

leparisien.fr, publié le dimanche 13 mai 2018 à 01h10

France 2, 0h45 : Madame Monsieur n'a pas fait le poids face à des adversaires beaucoup plus endiablés.

Encore raté mesdames et messieurs. Madame Monsieur bonsoir et « Mercy » quand même. «C'est pas possible ! » se lamentait Christophe Willem, co-animateur avec Stéphane Bern de la soirée, face aux votes moyens pour les Français. « Oh la vache », lâchait le chanteur face à la percée de l'Estonienne -formidable - à 0h30. «Vachement beau », «Oh la vache », plus on avait dépassé minuit et plus ce dernier, «boule au ventre », se lâchait : «C'est atroce, ce moment ». Délicieusement atroce, pour les fans de «twelve points », mais «on aura plus de points que l'Albanie », lançait Bern comme si le combat se jouait là.

Des paroles nourries par le mouvement #metoo

On y croyait, et on a vu. Une performance honorable du duo français, mais la folie était ailleurs. Elle déferlait dans la voix et l'allure « différente » - c'est elle qui l'a dit en remerciant les pays qui avaient voté pour elle - de l'Israélienne Netta Barzilai, magnifiquement trop ronde et trop tout, grain de voix, grain tout court, joueuse féroce avec sa chanson « Toy » et ses paroles nourries par le mouvement #metoo : « Je ne suis pas ton jouet, pauvre idiot ». On applaudissait, on se levait. Sur les réseaux sociaux, une déferlante. Netta a gagné et c'est justifié. Un quatrième titre pour l'état hébreu. «On ne peut que la saluer, c'est une chanson contre le harcèlement », ont reconnu les animateurs.

Le public dans la salle de Lisbonne siffle certains votes à 0h22. « C'est la collusion », siffle Stéphane Bern. On ne comprend rien à la géopolitique «eurovisienne ». Ni même aux règles : 26 candidats dont...une Australienne. Le Norvégien chantait pour la troisième fois, il avait gagné en 2009 et fini dixième l'an dernier. Pourquoi ne pas faire chanter Amir tous les ans, il finirait peut-être par gagner ?

Un individu a fait irruption sur scène

« Madame Monsieur a déjà remporté le prix Marcel-Bezençon ! C'est magnifique », s'emportait Stéphane Bern au début du concours, retransmis en direct de Lisbonne. Le prix qui, le prix quoi ? De la presse apparemment. C'est déjà ça. Rien n'était trop emphatique pour encourager « Emilie et Jean-Karl », le couple de chanteurs tricolores dès qu'ils apparaissaient à l'écran : « Regardez comme ils sont beaux ! Magnifiques ». « Ils sont adorables. Jean-Paul Gaultier les a habillés. Vous allez voir », redouble-t-il à 22 h 8. On a vu.

Soyons européens et pas trop chauvins. On a vu des tourtereaux espagnols, « un vrai couple, comme Madame Monsieur », le folk de la chanteuse lituanienne, les aigus lyriques et la robe fantastique aux couleurs changeantes comme un caméléon de la candidate estonienne, la Portugaise aux cheveux roses (couleur très à la mode en Europe), la candidate anglaise blond platine. Un individu a fait irruption sur scène et lui a carrément dérobé son micro. Ce n'était pas une mise en scène, mais l'Anglaise a refusé de rechanter comme elle en aurait eu le droit. C'est unique, l'Eurovision.

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