Europe 1 : on efface tout et on recommence ?

Europe 1 : on efface tout et on recommence ?

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leparisien.fr, publié le dimanche 15 avril 2018 à 11h20

L'avenir de Patrick Cohen, et des autres recrues de septembre se joue cette semaine à Europe 1, alors que de nouvelles audiences radios seront publiées jeudi. A moins qu'Arnaud Lagardère n'ait déjà décidé un nouveau plan de relance avec d'autres personnalités.

Le calme avant la tempête. A Europe 1, les équipes retiennent leur souffle avant une semaine que tous savent décisive. Jeudi matin, Médiamétrie publiera une nouvelle salve d'audiences pour les radios mesurées de janvier a fin mars. Des chiffres attendus par toutes les stars de l'antenne, leurs équipes, mais surtout par Arnaud Lagardère. Le discret propriétaire d'Europe 1 a l'habitude de prendre ses décisions une fois qu'il a dans les mains les audiences des 7 premiers mois de la saison. Cette année particulièrement, il fera le bilan de la relance opérée en septembre.

Il y a un an pile, juste après la publication d'audiences catastrophiques, Lagardère était subitement descendu dans l'arène. Et avait remercié sèchement l'équipe en place, qui avait complètement raté la présidentielle. Le PDG avait pris les rênes de la station et débauché lui-même plusieurs piliers de France Inter : son matinalier à succès, Patrick Cohen, mais aussi son grand patron Frédéric Schlesinger. Ce dernier avait revu totalement la grille en quelques semaines en recrutant Philippe Vandel ou Daphné Burki. Des stars pour relancer une radio en chute libre depuis le départ de Laurent Ruquier en 2014.

Mais ce nouvel attelage n'a pas fait le miracle attendu. « La rentrée a été plus difficile que prévu. On pense avoir stoppé l'hémorragie, ce qui est le plus important, mais on n'est pas reparti de l'avant comme on pouvait l'espérer », confie un cadre de la station, qui rappelle que le plan de relance était prévu pour durer trois ans. Mais les mauvais resultats de l'automne ont déprimé les équipes. « Tout le monde bosse, mais l'ambiance est lourde. Le rejet des auditeurs est très cruel car les émissions ne sont pas si mauvaises... », s'attriste un journaliste de la rédaction. Plusieurs salariés sont en burn-out.

En coulisses, déjà un plan BLes chiffres de jeudi diront si Europe 1 a réussi à reconquérir des auditeurs cet hiver ou si elle reste à son plus bas niveau historique de l'automne (3,5 millions d'auditeurs en novembre/décembre 2017, contre près de 5 millions deux ans plus tôt). « Si c'est le début de la remontada, Lagardère leur donnera peut-être une deuxième chance. Mais si la dégringolada continue, il va tous les envoyer valser, une fois de plus, même s'il a choisi lui-même Patrick Cohen », prévient un connaisseur du groupe.

En coulisses, le dirigeant a établi son plan B. Au siège de son groupe, face à l'Arc de triomphe, il a reçu tout l'hiver des acteurs du monde de la radio. Et il a repris contact avec Laurent Guimier, ancien d'Europe 1 et actuel numéro 2 de Radio France, déjà approché l'année dernière à la même époque. « Personne ne sait si Guimier voudrait relever ce défi risqué ou rester travailler avec Sybile Veil, la nouvelle patronne de Radio France. Mais s'il veut Europe 1, il l'aura », affirme un proche.

Après la révocation de Mathieu Gallet de la radio publique, Laurent Guimier s'était positionné pour prendre sa succession mais il s'est finalement rangé derrière la candidature de Sybile Veil. Pragmatisme pour être sûr de l'emporter face à un CSA soucieux de féminiser les entreprises publiques ou préavis de départ ?

Les grilles vont bougerQuel que soit l'avenir des dirigeants, les antennes s'attendent aussi à être largement remodelées.

Matthieu Noël, Franck Ferrand, Christophe Hondelatte, Maxime Switek et Caroline Dublanche, valeurs sûres de la grille, n'ont pas de soucis à se faire. « L'urgence, c'est de dynamiser la matinale et le coeur de l'après-midi », affirme un spécialiste des audiences radio.

« Le 16h/22H va forcément être remis à plat. Des animateurs comme Thomas Thouroude vont devoir changer de cases », assure ce connaisseur de la radio. Et évidemment, la matinale de Patrick Cohen ne pourra pas rester identique. « Il fait moins d'audience que son prédécesseur Thomas Sotto, qui était déjà bas... C'est cruel et injuste pour lui, car il a du talent, il bosse beaucoup et il marchait tellement fort à France Inter... Sa matinale ne mérite pas un tel rejet », lance un de ses proches.

Evidemment, les postulants ne manquent pas. Les noms de Jean-Baptiste Boursier, de BFMTV, ou de Laurent Delahousse circulent. Mais les journalistes de la rédaction, eux, commencent à préparer leurs cartons. Cet été, la radio va quitter son siège historique de la rue François 1er, pour des locaux modernes le long de la Seine, dans le 15eme arrondissement, qu'il partageront avec RFM, Virgin Radio, leurs cousins du « JDD » et, plus tard, de « Paris Match ». « Il va falloir que tous ces médias apprennent à travailler ensemble », analyse un journaliste. Bref, Europe 1 n'a pas fini d'être secouée.

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