Douze solistes pour un marathon du piano aux Bouffes du Nord

Douze solistes pour un marathon du piano aux Bouffes du Nord
Le pianiste Baptiste Trotignon pose le 10 novembre 2014 à Paris

, publié le mercredi 13 novembre 2019 à 14h54

Au-delà de l'affiche prestigieuse (Herbie Hancock, Kenny Barron...) jusqu'au 20 novembre, le festival Pianomania organisera dimanche un marathon du piano, qui verra débouler de 11h00 à 23h00 douze pianistes essentiellement jazz sur la scène des Bouffes du Nord à Paris.

"J'ai fait mes choix de façon assez empirique", confie à l'AFP le pianiste Baptiste Trotignon, qui s'est vu confier le rôle de directeur artistique d'un événement baptisé "Le Jour et la Nuit du piano". "Pas seulement selon mes goûts, mais en pensant au plaisir que pourra avoir le spectateur en découvrant différents horizons sonores." 

Rien à voir apparemment en effet entre Alain Jean-Marie, qui fait le lien dans son oeuvre entre ses racines antillaises et sa grande culture bebop et Sophia Domancich ou Franco d'Andrea, pianistes de free jazz.

"Tous les musiciens de ce marathon appartiennent à cette famille de musiciens proches de l'improvisation au sens large, souvent associée au jazz", décrypte Baptiste Trotignon. "Seuls la chanteuse Juliette et le soliste classique Philippe Cassard viennent clairement d'autres univers".

L'éclectisme, la réputation, l'ouverture d'esprit ont poussé le producteur Jean-Philippe Allard et le directeur artistique Reno di Matteo, concepteurs du festival Pianomania premier du nom qui débute jeudi, à choisir à la tête de ce marathon Baptiste Trotignon, lauréat en 2002 du prestigieux Concours Martial Solal, qui s'est fait une place de choix dans le monde du jazz dans lequel il a débarqué à la fin des années 1990.

Baptiste Trotignon partagera lui-même l'affiche en soirée avec Philippe Cassard. Celui-ci interprétera Debussy, dont il est un spécialiste, Satie et Ravel. 

Trotignon jouera essentiellement les compositions de son nouveau disque "You've Changed", paru début novembre, où ce pianiste brillant et romantique laisse courir son imagination, avec quelques invités surprise. En soirée donc, ce qui selon lui ne signifie pas que jouer à 11h00 aurait été un handicap.

"A la maison, en privé, dans un quotidien de travail, je dirais même qu'on joue mieux à 11h00", affirme-t-il. "Après, sur scène... Difficile de répondre, les concerts à 11h00 du matin sont rares ! Il y a moins de cérémonial le matin. On sort du café plus que du verre de vin, c'est une énergie très fraîche".

Armel Dupas, qui essuiera à cette heure du café les vieux plâtres des Bouffes du Nord, tâchera de ne pas le contredire.

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