Des oeuvres de réfugiées syriennes exposées sur la gare de Strasbourg

Des oeuvres de réfugiées syriennes exposées sur la gare de Strasbourg
Reproductions d'oeuvres de femmes syriennes réfugiées en Turquie présentées sur la verrière de la gare de Strasbourg le 19 juillet 2019

AFP, publié le vendredi 19 juillet 2019 à 14h08

Elles ont représenté des bombes mais aussi des fleurs et des oiseaux: des oeuvres de femmes syriennes réfugiées en Turquie sont actuellement présentées sur la gare de Strasbourg, une exposition organisée par le Programme alimentaire mondial pour faire mieux comprendre le ressenti des réfugiés.

Des reproductions de leurs oeuvres sont exposées sur la verrière extérieure du bâtiment jusqu'à la mi-septembre, afin de les mettre "à la hauteur de l'architecture de la gare", explique Sylvain Bailly, de Gares et Connexions, branche de la SNCF qui organise une centaine d'expositions par an. 

Ces douze femmes, âgées d'une vingtaine à une soixantaine d'années, ont suivi une courte formation à la linogravure, la sérigraphie et au patchwork en Turquie grâce au Programme alimentaire mondial de l'ONU, qui vient en aide aux plus vulnérables des 4 millions de réfugiés hébergés par la Turquie. 

Sur l'une des oeuvres, Hatice D, 38 ans, a représenté des pupitres d'écoliers pour illustrer le courage qu'il lui a fallu pour aller chercher son fils à l'école après le bombardement du bâtiment.

Emine N, elle, ne voulait pas quitter la Syrie lorsque le conflit a commencé et a d'abord déménagé d'Alep à la campagne environnante avec sa famille. Elle a représenté des bombes transformées en fleurs pour illustrer l'espoir du retour de la paix.

La plupart des patchworks aux couleurs vives figurent les maisons de ces femmes, souvent détruites mais restées gravées dans leurs mémoires. 

"En travaillant avec ces réfugiés les plus vulnérables, nous nous sommes demandé si certains d'entre eux aimeraient exprimer quelque chose de leur expérience à travers l'art. Nous avons fait cela aussi pour améliorer la compréhension entre la population turque et les réfugiés", explique Martin Penner, responsable de la communication pour le Programme alimentaire mondial en Turquie.

"C'est absolument incroyable ce qui est sorti de cette toute petite formation pour ces douze femmes qui n'avaient aucune expérience artistique", estime-t-il, parlant d'un "récit à la première personne de ce que c'est d'être un réfugié vulnérable". 

Il se dit heureux que ces oeuvres servent aujourd'hui à faire mieux comprendre à des Européens le "voyage émotionnel" effectué par ces femmes, entre peur, nostalgie et espoir. 

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