Des collages anti-Polanski devant la salle Pleyel et les César

Des collages anti-Polanski devant la salle Pleyel et les César
Un collage pour dénoncer les douze nominations aux César de "J'accuse", le film de Roman Polanski, à Paris, le 26 février 2020
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, publié le mercredi 26 février 2020 à 17h49

Des militantes féministes ont collé dans la nuit de mardi à mercredi des affiches devant la salle Pleyel et le siège de l'Académie des César à Paris pour dénoncer Roman Polanski et réclamer l'annulation de la cérémonie vendredi.

"Violanski: voulez-vous vraiment vivre dans un monde où un pédocriminel est nominé 12 fois aux César?", "Violanski les César de la honte", sont quelques-uns des messages du groupe Collages Féminicides, qui recouvre depuis plusieurs mois les murs de Paris et d'autres villes françaises pour dénoncer les violences contre les femmes.

Ils ont été collés deux jours avant la 45e cérémonie des César qui se tiendra vendredi soir à la salle Pleyel, dans le 8e arrondissement de Paris.

"Public complice - cinémas complices", accuse un autre de ces collages, dont des photos ont été publiées sur les réseaux sociaux. 

La grand-messe annuelle du cinéma français promet de se tenir sous tension. 

Des associations féministes ont notamment appelé à manifester contre les douze nominations du film de Roman Polanski "J'accuse", en tête des nominations avec "Les Misérables" de Lad Ly (12 aussi, en comptant celle pour le prix du public).

Tout comme une partie de l'opinion publique, elles n'acceptent plus que le cinéaste franco-polonais reçoive des honneurs, alors qu'il est visé depuis novembre par une nouvelle accusation de viol et toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre d'une procédure pour détournement de mineure lancée en 1977.

"En 2020, ce n'est pas acceptable de protéger des pédocriminels avec des excuses comme +l'art vaut plus que tout+", a expliqué à l'AFP Camille Lextray, du mouvement Collages Féminicides.

Leurs messages, qui s'affichent depuis des mois visent notamment Roman Polanski depuis la sortie de "J'accuse" en novembre et l'annonce fin janvier de ses 12 nominations aux César.

"Cette séparation de l'homme et de l'artiste, cette hypocrisie de l'Académie des César aussi, qui avait exclu Polanski (comme président de la cérémonie en 2017, ndlr) pour au final deux ans après le couvrir de nominations, c'est extrêmement dérangeant", a-t-elle poursuivi. "On nous donne des simulacres d'évolution et d'amélioration. Dans les faits, il n'y a rien qui change." 

"Nous exigeons que la cérémonie soit annulée, parce qu'il y a une remise en cause profonde de l'Académie des César qui doit avoir lieu", a-t-elle encore dit. 

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