Dernière ligne droite dans la course à la présidence de Radio France

Dernière ligne droite dans la course à la présidence de Radio France

Le CSA auditionnait jeudi 12 avril 2018 les deux derniers candidats à la présidence de Radio France

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AFP, publié le jeudi 12 avril 2018 à 12h37

Le CSA a bouclé jeudi les dernières auditions des candidats à la succession de Mathieu Gallet et va devoir choisir parmi les six prétendants celui ou celle qui prendra les rênes de Radio France, en pleine réforme de l'audiovisuel public.

François Desnoyers (62 ans), Guillaume Klossa (45 ans), Sibyle Veil (40 ans), Bruno Delport (53 ans), Christophe Tardieu (53 ans) et Jérôme Batout (39 ans) ont présenté tour à tour leur projet aux Sages du CSA, une audition publique suivie d'une séance de questions-réponses à huis clos.

Les délibérations doivent débuter dans la foulée, le candidat favori devant remporter au moins 4 voix sur 5. Le CSA est ramené provisoirement à cinq membres sur les sept qui composent habituellement son collège, son président Olivier Shrameck et la conseillère Carole Bienaimé-Besse étant absents pour raisons de santé.

Ce processus fait suite à la révocation en janvier du mandat de Mathieu Gallet, qui dirigeait Radio France depuis 2014. Une première qui faisait suite à sa condamnation pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel (Ina) entre 2010 et 2014.

C'est le doyen des administrateurs du groupe, Jean-Luc Vergne, qui assure depuis l'intérim.

Si le président suppléant Nicolas Curien a assuré aux Echos que "rien n'était joué", la candidate interne, Sibyle Veil, actuellement directrice déléguée en charge des opérations et des finances de Radio France, fait figure de favorite.

- "Média global" -

Sibyle Veil, issue de la même promotion à l'ENA qu'Emmanuel Macron, bénéficie du soutien des cadres de Radio France, notamment celui du directeur des antennes Laurent Guimier, avec qui elle formerait un "ticket" en cas d'élection, selon des sources concordantes.

Ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy à l'Elysée puis directrice de la transformation à l'AP-HP, elle peut s'appuyer sur un bon bilan financier à Radio France (qui devrait renouer avec l'équilibre cette année) et a insisté devant les Sages sur sa bonne connaissance de la maison.

"Pour les syndicats, une candidature interne est la plus intéressante parce que si on prend quelqu'un qui ne connait rien à la maison, on ne sera pas en mesure de se préparer efficacement à la réforme", a indiqué à l'AFP Olivier Martocq, de FO Radio France.

"PDG de Radio France, c'est le don de savoir s'entourer plus que le CV et l'expérience", a souligné de son côté sa consoeur du SNJ, Valeria Emanuele, regrettant que Laurent Guimier s'attache davantage au "média global qu'à la radio".

Un angle d'attaque choisi par le benjamin des candidats Jérôme Batout, directeur général de l'agence de conseil Publicis Media : "L'erreur d'un ou d'une présidente serait de relativiser la portée du changement ou de l'embrouiller en parlant trop de média global, qui en englobant tous les médias en est souvent aucun", a-t-il averti lors de son audition à laquelle assistait ses soutiens l'académicien Pierre Nora et le chanteur Abd al Malik.

Les candidats ont tous insisté sur la priorité à donner au numérique, le respect de la diversité et les collaborations renforcées avec les autres médias publics, des synergies voulues par l'Etat dans le cadre de sa grande réforme de l'audiovisuel public, qui devrait être prête pour fin 2018.

François Desnoyers, aujourd'hui consultant indépendant, a fait valoir sa longue expérience dans l'audiovisuel, en particulier à Radio France. 

Guillaume Klossa, fondateur du groupe de réflexion pro-européen EuropaNova et l'un des directeurs de l'Union européenne de radio-télévision (UER, organisme qui pilote notamment l'Eurovision), a insisté sur sa volonté de donner aux générations futures "le désir d'écouter la radio".

Bruno Delport, dirigeant de radios privées (Oüi FM, Radio Nova, TSF Jazz...) a mis en avant son expérience de la radio et son engagement associatif. Christophe Tardieu, directeur général du Centre national du cinéma, a assuré qu'il serait "dans le dialogue permanent notamment avec les organisations syndicales".

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